Critique littéraire : Tableaux d’une exposition Print E-mail
Written by Nouvelles juives Contemporaines   

Après un fabuleux ouvrage qui, au travers d’une histoire romanesque, propose une vision unique et singulière de l’après-guerre, portant contre tous les pays la lourde accusation d’avoir été d’une façon ou d’une autre complices de la Shoah, Gilles Revel nous surprend à nouveau avec une seconde parution : « tableaux d’une exposition, nouvelles juives contemporaines ». Cet auteur, connu pour ses articles dans la presse francophone, nous montre ici plus que jamais à quel point le peuple juif se veut celui du livre certes mais surtout celui du souvenir et de la tradition.

Dès le préambule, le lecteur comprend que le recueil qu’il s’apprête à découvrir le saisira au plus profond de son âme. Il annonce le chemin que l’auteur suivra tout au long de son récit. Une série de nouvelles, liées les unes aux autres et chacune porteuse d’une histoire, d’une vie, avec ses joies, ses souffrances, ses expériences face au judaïsme, à l’antisémitisme :

« Sans doute vous savez que j’ai été déporté à Auschwitz avec mes parents, mon frère et mes jeunes sœur.

Affecté par les Nazis à la tâche de coiffeur (sans doute ce qui m’a sauvé la vie) j’étais assujetti à la tonte de ceux qui devaient quelques instants après mourir gazés.

Je ne sais combien de têtes j’avais déjà rasées ce jour-là quand un frisson d’horreur me parcourut tout entier. La prochaine victime assise devant moi, c’était mon père. Son regard me fit comprendre qu’il savait que sa fin était proche.

Nous n’avions pas la possibilité d’échanger une seule parole. Bien que mes gestes se  ralentissaient, agissant dans un état second, la tête et le visage de mon père furent finalement lisses de tout poil.

Un autre détenu dont c’était l’affreuse fonction le poussa dans la file de ceux qui étaient voués à la mort.

Sur le point de pénétrer dans la salle de déshabillage, dans un dernier sursaut il se retourna vers moi et me cria ces derniers mots : « Mon fils souviens –toi de Pessah ! »

Ainsi nous transmet notre  auteur : nous n’avons pas le droit d’oublier.

Mais il ne s’arrête pas là. Si le passé est certes très présent dans les motivations qui ont guidé Gilles Revel sur le chemin de ce nouvel ouvrage, l’avenir compte tout autant. Il nous révèle le nombre impressionnant de « Marranes » qui vivraient à l’heure actuelle au Mexique ou au Portugal et qui, sans connaître leur véritable identité, perpétuent certaines coutumes du judaïsme en pensant qu’il s’agit de règles d’hygiène par exemple. Comme il le dit si bien, « cette idée fait partie de celles que j’aimerais bien que l’on me vole ». Des investigations devraient être lancées pour ramener toutes ces âmes à notre peuple.

« L'art de peindre n'est que l'art d'exprimer l'invisible par le visible. »,  Eugène Fromentin.

Dans l’ouvrage que nous avons choisi de découvrir ici, tout part de l’art et tout y revient. Le narrateur dévoile tour à tour des tableaux de vie, leçons d’histoire, nous faisant tantôt découvrir le combat d’un rescapé de la Shoah, la découverte de son identité authentique par un « Marrane », les difficiles conditions d’immigrations des juives d’Europe vers Israël après la guerre et bien d’autres existences mises en peinture et basées sur des témoignages réels. L’art nous permet ici de lire entre les lignes, de se réjouir, de trembler ou de s’émouvoir du discours du narrateur. Brièvement, comme lancé là pour qui saurait l’attraper, nous découvrons un autre  light motif  de l’auteur à l’origine de son projet. La transmission pourrait être renforcée par la création d’un musée du génie juif, en réunissant dans un même lieu tout ce que le judaïsme a apporté au monde en termes d’art ou de progrès.

Leçon de judaïsme et d’histoire, transmission de patrimoine, découverte de vie ou de passions, ce livre est tout à la fois. Les événements prennent forme au sein de l’expérience personnelle de chacun des personnages qui nous chuchotent leur passé. Lorsque le livre est fermé notre esprit continue de vagabonder pour s’imaginer de plus près un Emile, un Eyran, une Liliane et bien d’autres. Quelque part, ils nous rappellent un peu de nous ou de nos ancêtres.

 

Accès aux Livres cités Envoyer chèque de 80 shekels ou 18 euros  au bénéfice de Schlemovitch par volume.

P.O.B.718 Mevasseret-zion 90805 Israel. Envoi des ouvraqes  le jour de réception de la commande par colis reccommandé.

Ajouter au prix initial pour frais de port: Israel 20 shekels. Europe 3 Euros.

 
 
Info Hebdo



Watch the Manhigut video here

Listen to the show
Back to top
© 2004 Manhigut Yehudit. All rights reserved. Terms of Use. Site Credits.