Traduction Bernard Brajzblat sous le contrôle du Rav Alain Sénior de Créteil
Bo
5765
15 Janvier 2005
Volume III – Lettre 15
5 Chevath 5765
Hil'hoth Chabbath
Si quelqu’un a oublié de neutraliser la lampe à l'intérieur du réfrigérateur, peut-il demander à un enfant d'en ouvrir la porte ?
L'ouverture de la porte d'un réfrigérateur déclenche automatiquement l'allumage de l'ampoule qui est à l'intérieur. Comme cela se produit systématiquement, Rav Chlomo Zalman Auerbach zatsal 1 préfère considérer l’allumage de cette lumière comme un acte volontaire et non pas comme un psik reicha ( conséquence inéluctable et non souhaitée d'une action permise ). En conséquence, on ne peut pas demander à un enfant d'ouvrir le réfrigérateur si cela entraîne l'allumage de la lumière, dans la mesure où on ne peut demander à un enfant de transgresser un issour ( interdit ).
Cela s’applique à l'enfant de son voisin et à plus forte raison à son propre enfant.
Quelle est alors la solution ?
La meilleure façon de procéder dans ce cas est de faire appel à un non juif.2 Si nous considérons l'allumage de la lampe comme un psik reicha , un non juif pourra ouvrir la porte de réfrigérateur le Chabbath . Pour le comprendre, nous pouvons nous appuyer sur l'exemple suivant. Comme il n'est pas permis de demander à un non juif de chauffer un aliment le Chabbath , le Rama 3 suggère de lui demander de placer cet aliment sur un appareil de chauffage éteint et quand il l'allumera pour chauffer la maison (il est permis de demander à un non juif d'allumer un chauffage par grand froid), l'aliment sera chauffé également.
Cependant, même pour ceux qui considèrent que l'allumage de la lampe du réfrigérateur est un acte volontaire ( Rav Chlomo Zalman ci-dessus), il est malgré tout possible de demander à un non juif d'ouvrir la porte du réfrigérateur.4
Que faire si on ne peut contacter un non juif ?
La solution consiste alors à demander à un enfant de débrancher le réfrigérateur lorsque le moteur est à l'arrêt 5. Dans ce cas en effet, l'enfant se contente de tenir un objet mouqtsé , ce qui n'est qu'un issour de rabanan . Ceci peut être autorisé pour sortir un élément essentiel du repas de Chabbath tel que la viande ou le poisson sans lequel on n'aurait pas un véritable oneg Chabbath ( délice du Chabbath ).
La source en est le Choul'han Arou'h HaRav 343:8 qui permet de demander à un enfant de violer un issour derabanan dans le but d'accomplir une mitsvah , à condition que ce ne soit pas quelque chose de fréquent. Inutile de dire qu'il est interdit de rebrancher le réfrigérateur 6.
Si je vois mon enfant sur le point de transgresser Chabbath, dois-je l'en empêcher ?
Nous avons appris dans la Lettre précédente qu'il est interdit d'après la Torah d’inciter un enfant à transgresser un issour ( interdit ). Par contre, la Torah ne nous oblige pas explicitement à intervenir pour empêcher cet enfant de commettre une action interdite, si c'est à son profit.
Cependant, 'Hazal ( nos Sages ) obligent les parents 7 à éduquer leurs enfants dans les voies de la Torah . Si l'enfant est à un âge où il peut comprendre qu'il ne doit pas faire ce que ses parents lui interdisent, il faudra l'éduquer dans ce sens.
L'âge de l'enfant a-t-il une importance ?
Absolument. Si un enfant d'un an allume ou éteint une lumière le Chabbath, nous n'avons aucune obligation de l'en empêcher parce que l'enfant ne comprendra pas ce que l'on veut de lui. Cependant, si d'autres enfants plus âgés ne comprennent pas qu'on le laisse faire et veulent faire la même chose, il faudra alors lui trouver une autre occupation.
Un enfant qui commence à comprendre le mot " Chabbath " et qui l'associe avec l'impossibilité de faire certaines choses devra être formé à l'observance du Chabbath .
La hala'ha nous demande-t-elle d'intervenir s'il ne s'agit pas de notre enfant ?
Pour le Me'haber 8, seul le père (et peut-être la mère) a le devoir d'éduquer son enfant, mais il n'existe aucune obligation envers l'enfant d'un autre. Cependant, le Rama cite un avis selon lequel tout un chacun a un devoir d'éducation envers tous les enfants. Le Michna Beroura 9 se situe entre ces deux opinions en rapportant le 'Hayé Adam selon lequel il convient d'empêcher les enfants d'autrui de transgresser un issour deoraitha , mais que l’on n'est pas tenu de le faire pour un issour derabanan . Il est bon toutefois de leur rappeler que "aujourd'hui c'est Chabbath ".
En conséquence, si on voit des enfants dans la rue arracher les feuilles d'un arbre 10 il convient de leur dire que c'est assour le Chabbath . Par contre, celui qui voit des enfants transporter des bâtons et des pierres pour jouer avec le Chabbath n'est pas tenu de les 'éduquer' dans la mesure où en portant des objets mouqtsé , ils ne transgressent qu'un issour derabanan .
[1] Voir Chemirath Chabbath Kehil'hata 31 note de bas de page 1
[4] Chemirath Chabbath Kehil'hata ibid. Ceci est permis parce qu'il y a des moyens d'ouvrir la porte sans allumer la lumière comme par exemple, en appuyant la lame d'un couteau sur l'interrupteur de la lampe pendant que l'on ouvre le réfrigérateur
[5] Rav Chlomo Zalman Auerbach dans le Chemirath Chabbath Kehil'hata 10:14 et note de bas de page 38
[6] Chemirath Chabbath Kehil'hata 10:14
[7] D'après le Michna Beroura 343:2, certains A'haronim pensent que la mère a aussi la responsabilité de l'éducation
[8] Le début de siman 343
[9] Siman 343:7
[10] Qui est probablement deoraitha les enfants prennent du plaisir à arracher les feuilles des arbres et le font avec cette intention .
Sujets de réflexion
Y a-t-il une différence si un enfant est sur le point de transgresser un issour à mon profit ou au sien ?
L'obligation d'éduquer ne s'applique-t-elle qu'aux règles du Chabbath ?
Réponses la semaine prochaine
Un mot sur la paracha Bo
Rachi (11:2) explique que Moché dût supplier les Bené Israël 'd'emprunter' l'argent et l'or des égyptiens. La question évidente qui se pose est de savoir pourquoi ne les auraient-ils pas pris d’eux mêmes ?
Rav Yehochoua de Horodna répond que les Bené Israël savaient que les Egyptiens leur devaient une véritable fortune comme salaire pour leurs années d'esclavage et qu'en conséquence, toutes les sommes d'argent qu'ils auraient pu prendre leur revenaient légitimement.. Cependant, il ne convenait pas aux Bené Israël de prendre de l'argent d'une façon trompeuse (emprunter sans avoir l'intention de rendre). Par conséquent, Moché dût les supplier de prendre leur dû pour accomplir la promesse qu'Hachem avait faite à Avraham de les faire sortir d'Egypte avec une abondance de biens.
A la mémoire de Galith 'Haya bath 'Hanna Elharrar (6 Chevath 5761)
& pour la guérison complète de Aurélie Esther bath Jacqueline Mazal Teboul
Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant:
Association Déborah-Guitel, 4,rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07 e-mail:
Vous pouvez dédicacer une de nos lettres à la mémoire ou à l'attention ou en l'honneur d’un de vos proches
Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.
Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter, mais déposer dans une Gueniza