Israel Broadcasting Authority Après 24 années pendant lesquelles l'Etat d'Israël a trahi et abandonné l'homme qui a risqué sa vie pour la sécurité de l'Etat, le dossier Jonathan Pollard a récemment refait surface dans les gros titres. Je fus ainsi heureux d'entendre qu'une émission spéciale allait être diffusée sur la chaîne de télévision nationale Aroutz 2 jeudi dernier a 22:00. Le présentateur Pe'erli Shachar annonçait l'heure et le sujet : "Jonathan Pollard : le refus des Etats-Unis de le libérer et les efforts des gouvernements d'Israël pour obtenir sa libération." Pe'erli Shachar interrogea 7 personnes pendant l'émission. Mais seuls 2 des 7 personnes interrogées soutenaient Pollard. Tous les autres ont parlé contre celui qui avait risqué sa vie pour protéger la notre.
Quiconque que cela intéresse de savoir pourquoi notre frère Jonathan est toujours en prison devrait lire le résumé de la deuxième chaine : Première personne interrogée : Dr Ronen Bergman, Journaliste Bergman accuse Pollard d'être responsable de son sort. Selon Bergman, Pollard a fait trop de bruit et défend des positions politiques de droite, ce qui compromettrait sa libération. Deuxième personne interrogée : Larry Dubb, Avocat de Pollard Larry Dubb fut la seule personne pendant l'émission qui présenta des faits et non des spéculations. Mais Dubb parle hébreu lentement et avec un fort accent, ce qui le rend moins éloquent que certains intervenants hostiles à Pollard. Si des téléspectateurs furent convaincus par Dubb, les autres intervenants ont contrebalancé l'impression positive que Dubb a pu temporairement donner de Pollard.
Troisième personne interrogée : Amnon Dror, directeur du dossier Pollard au gouvernement.
Dror a affirmé que tous les gouvernements d'Israël ont réclamé la libération de Pollard. Il a aussi affirmé que Pollard et son entourage ont reçu massivement des fonds du gouvernement. Dror n'a bien sûr apporté aucune preuve pour étayer ses affirmations. Il a également accablé Pollard et l'a rendu responsable de son sort, arguant que Pollard avait renvoyé les représentants légaux que le gouvernement avait nommés pour lui. Dror bien sûr oublia de mentionner le fait que ces juristes ont donné aux américains tout ce dont ils avaient besoin pour garder Pollard en prison, par exemple en ne faisant pas appel en temps et en heure. Quatrième personne interrogée : Natan Ra'anan, de la foundation Berl Katznelson Cet homme a simplement affirmé que Pollard avait espionné pour de l'argent, porté atteinte aux intérêts américains, avait travaillé pour une organisation indépendante et qu'Israël ne lui doit rien du tout. Ra'anan, comme la plupart des intervenants, a déroulé les arguments américains sans jamais mentionner le fait que Pollard avait agi pour la sécurité d'Israël et de son peuple. Cinquième personne interrogée : Professeur Michael Bar Zohar, agent de liaison des organisations Juives américaines Bar Zohar offrit un contraste rafraîchissant dans cette atmosphère hostile qu'avait concocté l'Autorité de Diffusion Israélienne pour l'espion israélien qui pourrit en prison. A l'opposé des autres intervenants, il ne porta pas d'accusations contre Pollard. Mais il ne l'a certes pas non plus défendu. Il expliqua à son tour les arguments américains, et s'embarqua dans une sombre histoire de complot (que les américains penseraient que Pollard sait des choses qu'il n'a toujours pas révélées)
Sixième personne interrogée : Dr Guy Bechor, journaliste Bechor a expliqué qu'il ne connaît pas les détails de l'histoire, mais il affirma pourtant que Pollard avait trahi la confiance américaine et a donc reçu ce qu'il mérite. Bechor a passé sous silence le fait que des espions de pays hostiles aux Etats-Unis, qui ont porté atteinte aux Etats-Unis et à leurs intérêts, et même tue des agents américains ont été libérés des prisons américaines après seulement quelques années. La raison de leur libération est très simple : leurs pays sont restés loyaux envers eux. Bechor a lui aussi donc défendu la position américaine sans aucun égard pour l'homme qui a sacrifié sa vie pour lui. Septième personne interrogée : Un professeur de l'Université de Ariel. Outre l'avocat de Pollard, cet homme fût la seule personne interrogée qui présenta Pollard sous un jour favorable. Mais l'homme n'ajouta pas grand chose de plus qu'une sympathie générale pour Pollard à la discussion. L'impression donnée par le système de diffusion public israélien aux téléspectateurs est donc claire : L'impression créée par l'envoyé spécial d'Aroutz 2 est que Pollard est seul responsable de son sort, les américains ont raison, Israël fait tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir sa libération alors que Pollard est du mauvais côté dans l'histoire. L'autorité de diffusion israélienne n'a pas interviewé les véritables experts du dossier Pollard – les gens qui connaissent les faits et qui veulent soutenir ouvertement le patriote Juif qui moisit en prison.
Après avoir écouté l'émission spéciale consacrée à Pollard, ces gens qui ne peuvent toujours pas comprendre pourquoi Pollard est toujours en prison après 24 ans "d'efforts" israéliens pour obtenir sa libération, peuvent donc comprendre. |