Info Hebdo 8-120513 Imprimer E-mail
Ecrit par Editor   
 

Cette semaine :

Réflexions sur Yom haHatzmaouth

Pendant 2000 ans, les Juifs auraient troqué avec plaisir les horreurs de l'exil Imagecontre l'actuel Etat d'Israël. Ils auraient donné n'importe quoi pour un gouvernement Juif dirigé par Ehud Olmert et pour une armée Juive – malgré le déshonneur de la hitnatkouth (Dé porta tion des Juifs du Gush Katif ) . Apres la Shoah, qui peut encore remettre en question le cadeau fabuleux du Saint béni soit-Il – le cadeau de l'Etat d'Israël ?

Cette affirmation émanant du mouvement ''Sioniste Religieux'' est certes tout à fait réelle. En apparence, c'est une réponse décisive aux ingrats qui nient la légitimité de notre état.

Il y a quelque chose de démagogique, cependant, dans cette affirmation. La réalité ne se mesure pas seulement à sa position dans le temps, mais également à sa direction. Les premiers pas hésitants d'un bébé sont généralement célébrés avec délice, mais pas si il fait face à un précipice.

L'incapacité du mouvement Sioniste Religieux à se battre pour ses principes les plus fondamentaux ne montre pas un amour particulier pour l'Etat ; cela montre juste du sectarisme et un sentiment d'un manque de légitimité au sein de la société israélienne. Une prière pour Olmert est-elle semblable à une prière pour le bien de l'Etat ou est-elle au contraire son opposé ? Le refus de démanteler les implantations Juives détruit-il l'armée ou au contraire la sauve-t-il et définit-il les limites au-delà desquelles le gouvernement n'a plus de légitimité pour agir ?

L'expérience de l'expulsion des habitants du Goush Katif et ses conséquences montrent que les arguments des partisans de la primauté de l'Etat contre ceux qui ont refusé d'obéir aux ordres d'évacuation ont privé l'état d'une opposition et d'un contre-pouvoir vitaux que les gardiens de la foi aurait du lui procurer. L'affirmation que l'Etat est un objet sacré – peu importe ce qu'il fait - mène à la notion extrême que le régime le serait également! Un gouvernement sacré ne peut pas, par définition, produire un ordre illégal.

Quand l'Etat a commencé à se séparer des valeurs Juives les plus basiques, quand, pendant l'expulsion des habitants de Goush Katif, il a sombré dans le nihilisme d'une main, et dans ce qui ressemble à du fascisme dans l'autre (l'état est au-dessus de tout, refuser d'obéir à un ordre criminel est plus dangereux que de lui obéir, la volonté de la majorité n'a pas d'importance, etc…), il était temps pour le Sionisme Religieux d'avancer. La lutte contre l'expulsion n'était pas seulement pour les habitants de Goush Katif. C'était la lutte pour les fondations morales de l'Etat d'Israël. C'était la lutte pour permettre à Tsahal de combattre ses ennemis réels. Et vouv le crorez ou non, c'était une lutte pour la démocratie

La théorie de la primauté de l'Etat qui a mené à notre défaite dans la lutte pour Goush Katif a pavé la voie de la déliquescence de l'Etat. Ces théories ont mené directement à la défaite un an plus tard au Liban. La défaite à Goush Katif a mené à l'abattement généralisé auquel nous assistons maintenant. Le public a vu en quoi consiste la "démocratie" israélienne et a compris qu'il n'a aucun contrôle réel de son destin. Le public a l'impression que l'Etat est en train d'imploser et se sent impuissant à l'en empêcher. Le public croyant qui était le fer de lance de la lutte contre ce processus – et qui a fui le combat – porte une lourde responsabilité dans la triste situation actuelle.

L'Etat d'Israël est-il vraiment le véhicule de notre Rédemption ? Je suis convaincu qu'il l'est. Les évènements dramatiques de ces 60 dernières années ne peuvent être rejetés ou ignorés. Ce serait un défi à la logique et une insulte à la conviction de notre Rédemption qui siège en nos coeurs. Mais d'un autre côté, nous devons comprendre que ce que nous vivons est le chemin vers la Rédemption, et non pas la Rédemption elle-même.

On peut comparer cela à un prisonnier qui découvre un passage secret qui mène hors de la prison. Dès qu'il entre dans le tunnel, il est sur la voie qui mène à la délivrance. Les gardes de la prison ne peuvent le battre et il est désormais responsable de lui-même et de son destin. Et plus il avance dans le tunnel, et plus il prend ses distances avec son ancient statut de prisonnier et se rapproche de celui d'homme libre. Mais soudain, il découvre que la sortie du tunnel est scellée et que la cave est sur le point de s'effondrer. Est-ce que le tunnel est toujours le chemin vers la delivrance ? Oui, mais seulement si il parvient à surmonter ses obstacles et à sortir du tunnel.

Nous avons besoin de faire preuve de maturité pour comprendre que surmonter ces obstacles ne dépend que de nous. Nous ne pouvons pas éternellement rester à la sortie du tunnel et pleurer comme nous l'avons fait à Goush Katif. Nous devons prendre nos responsabilités et ouvrir la sortie du tunnel pour toute la nation. Brandir exagérément les drapeaux à la sortie du tunnel témoigne d'un manque de connexion avec la réalité, pas d'une foi exacerbée.

Je réciterai le Hallel pour Yom haAtzmaouth, mais doucement. Peut-être même vais-je brandir un drapeau, un petit. Oui, ils ont souillé le drapeau de Goush Katif, mais nous allons le purifier.

ImageNous devons sans relâche progresser et prendre la barre de notre bateau national. Nous ne sommes pas des invités à bord. C'est notre bateau et nous ne pouvons pas l'abandonner. Peut-être ne savons nous pas encore comment gagner la terre, mais nous le saurons à mesure que nous nous en rapprocherons, avec l'aide de D.ieu.

L a mascarade "gardons Jonathan Pollard en prison"


ImageIsrael Broadcasting Authority

Après 24 années pendant lesquelles l'Etat d'Israël a trahi et abandonné l'homme qui a risqué sa vie pour la sécurité de l'Etat, le dossier Jonathan Pollard a récemment refait surface dans les gros titres. Je fus ainsi heureux d'entendre qu'une émission spéciale allait être diffusée sur la chaîne de télévision nationale Aroutz 2 jeudi dernier a 22:00. Le présentateur Pe'erli Shachar annonçait l'heure et le sujet : "Jonathan Pollard : le refus des Etats-Unis de le libérer et les efforts des gouvernements d'Israël pour obtenir sa libération."

ImagePe'erli Shachar interrogea 7 personnes pendant l'émission. Mais seuls 2 des 7 personnes interrogées soutenaient Pollard. Tous les autres ont parlé contre celui qui avait risqué sa vie pour protéger la notre.

Quiconque que cela intéresse de savoir pourquoi notre frère Jonathan est toujours en prison devrait lire le résumé de la deuxième chaine :

Première personne interrogée : Dr Ronen Bergman, Journaliste

Bergman accuse Pollard d'être responsable de son sort. Selon Bergman, Pollard a fait trop de bruit et défend des positions politiques de droite, ce qui compromettrait sa libération.

Deuxième personne interrogée : Larry Dubb, Avocat de Pollard

ImageLarry Dubb fut la seule personne pendant l'émission qui présenta des faits et non des spéculations. Mais Dubb parle hébreu lentement et avec un fort accent, ce qui le rend moins éloquent que certains intervenants hostiles à Pollard. Si des téléspectateurs furent convaincus par Dubb, les autres intervenants ont contrebalancé l'impression positive que Dubb a pu temporairement donner de Pollard.

Image Troisième personne interrogée : Amnon Dror, directeur du dossier Pollard au gouvernement.

Dror a affirmé que tous les gouvernements d'Israël ont réclamé la libération de Pollard. Il a aussi affirmé que Pollard et son entourage ont reçu massivement des fonds du gouvernement. Dror n'a bien sûr apporté aucune preuve pour étayer ses affirmations. Il a également accablé Pollard et l'a rendu responsable de son sort, arguant que Pollard avait renvoyé les représentants légaux que le gouvernement avait nommés pour lui. Dror bien sûr oublia de mentionner le fait que ces juristes ont donné aux américains tout ce dont ils avaient besoin pour garder Pollard en prison, par exemple en ne faisant pas appel en temps et en heure.

Quatrième personne interrogée : Natan Ra'anan, de la foundation Berl Katznelson

Cet homme a simplement affirmé que Pollard avait espionné pour de l'argent, porté atteinte aux intérêts américains, avait travaillé pour une organisation indépendante et qu'Israël ne lui doit rien du tout. Ra'anan, comme la plupart des intervenants, a déroulé les arguments américains sans jamais mentionner le fait que Pollard avait agi pour la sécurité d'Israël et de son peuple.

Cinquième personne interrogée : Professeur Michael Bar Zohar, agent de liaison des organisations Juives américaines

ImageBar Zohar offrit un contraste rafraîchissant dans cette atmosphère hostile qu'avait concocté l'Autorité de Diffusion Israélienne pour l'espion israélien qui pourrit en prison. A l'opposé des autres intervenants, il ne porta pas d'accusations contre Pollard. Mais il ne l'a certes pas non plus défendu. Il expliqua à son tour les arguments américains, et s'embarqua dans une sombre histoire de complot (que les américains penseraient que Pollard sait des choses qu'il n'a toujours pas révélées)

Sixième personne interrogée : Dr Guy Bechor, journaliste

Bechor a expliqué qu'il ne connaît pas les détails de l'histoire, mais il affirma pourtant que Pollard avait trahi la confiance américaine et a donc reçu ce qu'il mérite. Bechor a passé sous silence le fait que des espions de pays hostiles aux Etats-Unis, qui ont porté atteinte aux Etats-Unis et à leurs intérêts, et même tue des agents américains ont été libérés des prisons américaines après seulement quelques années. La raison de leur libération est très simple : leurs pays sont restés loyaux envers eux. Bechor a lui aussi donc défendu la position américaine sans aucun égard pour l'homme qui a sacrifié sa vie pour lui.

Septième personne interrogée : Un professeur de l'Université de Ariel.

Outre l'avocat de Pollard, cet homme fût la seule personne interrogée qui présenta Pollard sous un jour favorable. Mais l'homme n'ajouta pas grand chose de plus qu'une sympathie générale pour Pollard à la discussion.

L'impression donnée par le système de diffusion public israélien aux téléspectateurs est donc claire :

L'impression créée par l'envoyé spécial d'Aroutz 2 est que Pollard est seul responsable de son sort, les américains ont raison, Israël fait tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir sa libération alors que Pollard est du mauvais côté dans l'histoire.

ImageL'autorité de diffusion israélienne n'a pas interviewé les véritables experts du dossier Pollard – les gens qui connaissent les faits et qui veulent soutenir ouvertement le patriote Juif qui moisit en prison.

Après avoir écouté l'émission spéciale consacrée à Pollard, ces gens qui ne peuvent toujours pas comprendre pourquoi Pollard est toujours en prison après 24 ans "d'efforts" israéliens pour obtenir sa libération, peuvent donc comprendre.

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