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http://fr.manhigut.org/content/view/757/55/ |
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Ecrit par Editor
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Jewish Press 23 avril 2008 http://209.85.129.104/search?q=cache:Xrlnvp_Dmu8J:www.thejewishpress.com/displaycontent_new.cfm%
Adaptation française de Sentinelle 5768 © Je viens de publier une compilation de mes essais* en anglais. A chaque fois qu’on me demande si je publierai aussi le volume en hébreu, je ressens en moi une douleur profonde quand je réponds non, pas maintenant, mon éditeur n’est intéressé que par une édition anglophone. De fait, c’est dommage parce que j’ai écrit la majorité des essais également en hébreu. Ecrire en hébreu est une expérience qualitative différente de l’écriture en anglais. L’hébreu est une langue plus compacte que l’anglais. Il dispose de moins de mots, et les mots qu’il possède sont plus denses et plus flexibles que les mots anglais. Un essai de 1.200 mots en hébreu comptera 1.800 mots en anglais. Il s’agit là d’une différence mécanique. Mais il existe aussi des différences plus profondes. Au-delà de ce niveau mécanique, il y a les significations multiples des mots hébreux. La densité de la signification en hébreu est le rêve d’un écrivain. Presque chacun peut imprégner une phrase d’apparence simple de significations multiples, généralement complémentaires, simplement en choisissant un verbe spécifique, une forme verbale, un nom ou un adjectif. Ces significations doubles, triples voire quadruples d’un seul mot sont une source de joie sans bornes pour un écrivain. Pour ne prendre qu’un exemple, le mot hébreu « shevet » signifie ‘retourner’ et il signifie aussi ‘s’asseoir’. Et c’est aussi l’homonyme de ‘club’ – comme dans « billy club* » - et de ‘tribu ‘.
En 2005, Tsahal a baptisé l’opération d’expulsion des résidents israéliens de Gaza et du Nord de la Samarie « Shevet achim », ou retourner ou s’asseoir avec des frères. Mais elle sonnait aussi comme : « faire la distinction entre les membres d’une tribu et des frères ». Et elle sonnait aussi comme « frapper des frères ». Comme le démontre ce seul exemple, une heureuse conséquence de la densité unique de la langue hébraïque est que l’ironie satirique vient facilement aux écrivains les plus austères et les moins poètes. Pour un Juif, connaître, parler et écrire l’hébreu est une expérience intime. Cela est particulièrement vrai pour ceux d’entre nous dont la langue maternelle n’est pas l’hébreu – parce que, à mesure que les secrets de la langue se révèlent à nous lentement d’eux-mêmes,, nous percevons que nous nous découvrons. L’hébreu intègre la totalité de l’histoire juive. L’hébreu moderne en particulier est un amalgame éclectique d’hébreu classique, de yiddishismes, et d’expressions de l’histoire de la Diaspora sépharade. Des expressions grecques, romaines, araméennes, turques, arabes et anglaises se mêlent de façon inapparente dans le flot des mots. Ce n’est pas seulement que c’est la langue de la Bible. L’hébreu est aussi une expression de la culture unique d’un petit Peuple fier, souvent assiégé, souvent conquis et perméable. Son pouvoir pour expliquer cette expérience culturelle et ce bagage historique est quelque chose qui laisse souvent un membre récemment initié au monde parlant l’hébreu haletant, dans un mélange d’incrédulité et de soulagement. Il est incroyable qu’une langue puisse être si immédiatement et naturellement expressive de sentiments qui ont traversé des millénaires. Comprendre son pouvoir comme outil d’expression de la condition juive est l’une des découvertes les plus gratifiantes qu’un Juif puisse faire. Mais l’expérience de parler en hébreu et de vivre en hébreu est incomplète si elle n’est pas vécue en Israël. C’est une chose de prier dans une synagogue en hébreu ou même de parler régulièrement l’hébreu en dehors d’Israël. La première est un devoir spirituel et une expérience collective. La dernière est une expérience sociale ou éducative. Mais parler l’hébreu en Israël est une expérience complète. L’hébreu rassemble la judéïté, le judaïsme et les Juifs. Il nous ancre à la terre d’Israël. Rassemblés, la langue hébraïque et la terre d’Israël stabilisent une tradition et font un tout du Peuple juif. J’écris tout cela pour expliquer pourquoi un Juif de Diaspora, en particulier aux USA, pourrait vouloir vivre en Israël. Vivre en Israël est difficile à différents niveaux. Selon ma propre expérience, cela a impliqué une séparation physique de ma famille entière. Cela a aussi impliqué de me couper de ma langue – l’anglais – et m’immerger complètement dans une langue que je devais encore maîtriser. Au-delà, cela signifiait quitter un pays qui ne m’avait fait que du bien ainsi que pour les générations de ma famille qui avait fui les pogromes de l’Europe de l’Est au début du vingtième siècle. Comme me l’a dit quelqu’un qui m’aime il y a 17 ans alors que je préparais mes bagages pour un futur inconnu : « Les gens n’émigrent pas hors d’Amérique. Ils supplient pour venir sur ses rives ». Mais serait-il exact de qualifier le fait de quitter l’Amérique d’acte d’ingratitude ? Les Juifs doivent-ils rejeter l’Amérique pour aller en Israël ? Non, ce n’est pas le cas. Venir en Israël, ce n’est pas rejeter l’Amérique. C’est faire le choix de devenir entier d’une façon que la vie en dehors d’Israël ne peut pas apporter. Cela ne signifie pas que la vie ne peut pas être épanouissante pour des Juifs en dehors d’Israël. Des millions de Juifs peuvent attester de ce fait. Cela ne signifie certainement pas que la vie en Israël soit plus facile ou plus sûre ou plus lucrative que la vie ne l’est ailleurs. Israël est un lieu pénible, dur, souvent irritant. C’est un pays jeune qui appartient à un Peuple antique, éternel, qui sont tous deux imparfaits. Certains Israéliens, en particulier ceux qui occupent aujourd’hui les sièges du pouvoir, sont faibles et irresponsables, souvent corrompus et se servent d’abord. Les Israéliens ont le sang chaud. Entre autres choses, cette montée colérique spécifiquement israélienne fait d’une heure d’embouteillage une espèce de valse au milieu d’une zone de tir. Et le service n’est pas un concept avec lequel la plupart des Israéliens, en particulier les professions de service, sont vaguement familiarisés. Au-delà de la faillibilité générale des Israéliens, il y a les guerres et la haine et le terrorisme, qui alimentent une part si grande de la vie en Israël. Etre entourés d’ennemis et vivre au milieu d’Etat arabes ivres de jihad, c’est comme s’asseoir au bord d’un volcan. Et plutôt que de reconnaître le danger et d’y faire face, les Israéliens – de manière frustrante et dangereuse – se reprochent le plus souvent les uns aux autres la chaleur en ignorant sa source. Pourtant, quand un Juif a attrapé le virus sioniste, rien de tout cela n’est important. Quand un Juif s’autorise à ressentir l’attraction de notre héritage, de notre langue et de notre terre, la frustration, le danger, et la dureté de vivre en Israël apparaissent comme une seconde nature – aussi évidente que de respirer. J’ai récemment déménagé dans une maison au bord d’une vallée emplie de forêts et tapissée de fleurs sauvages. Chaque jour, je fais une randonnée d’une ou deux heures le long des chemins en contrebas. Il y a quelques jours, alors que je marchais tard la nuit, j’observais les collines sombres et silencieuses autour de moi et me sentais en sécurité. Elles ont été libérées en 1948. Alors que je restais là un moment, je pensais en moi-même : « ces collines ont déjà été conquises pour toi, par des gens meilleurs que toi. Maintenant c’est ton affaire de les conserver en sécurité pour la prochaine génération. Et ce sera la responsabilité de la prochaine génération de les garder en sécurité pour la suivante ». Cette pensée m’emplit d’un sentiment de privilège et de paix. Des gens me demandent tout le temps pourquoi j’insiste pour vivre en Israël. D’habitude je hausse les épaules et sourit. Moi, une femme qui gagne sa vie avec des mots, je me retrouve sans expression quand on m’interroge sur cette simple question. Je passe plusieurs mois par an en dehors d’Israël pour le travail. Mais chaque fois que je pars à l’étranger pour un long voyage, inévitablement après environ trois semaines, je commence à me sentir incomplète. Je commence à avoir très envie des odeurs d’Israël. Mes oreilles aspirent à entendre l’hébreu autour de moi. Je veux revenir pour pouvoir marcher dans les rues le vendredi après-midi et sourire à de parfaits inconnus en nous souhaitant mutuellement « Shabbat Chalom ». Pourquoi est-ce que je vis en Israël ? Parce qu’Israël vit en moi, comme il vit dans tous les Juifs. C’est ce que nous sommes. Et ceux d’entre nous assez chanceux pour reconnaître cette vérité et y adhérer dans sa plénitude et sa profondeur sont les Juifs les plus veinards du monde. Article publié dans « The Jewish Press ». Note du traducteur : * billy club : Plateforme de téléchargement légale sur Internet.
* Shackled Warrior : le Guerrier enchaîné Israel and the Global Jihad : Israël et le jihad mondial Caroline Glick Editeur : Gefen Publishing House Quelques appréciations : Le suprématisme islamique, la désagrégation culturelle de l’Europe, l’indécision américaine, et la timidité et la confusion israéliennes. Voilà les principaux contextes sociaux qui expliquent les développements politique et stratégique des affaires mondiales et nationales de notre temps. Dans ses commentaires bihebdomadaires, Caroline B. Glick, l’impressionnante éditorialiste du ‘Jerusalem Post’,éclaire ces courants sous-jacents en analysant les évènements survenant tant dans le monde qu’en Israël. Cette extraordinaire compilation de son travail pénétrant et éloquent doit être lu par tous ceux qui se soucient de gagner la guerre contre les forces diverses du jihad mondial. « Dans une prose passionnante et éloquente, Caroline Glick examine certaines des questions les plus importantes et troublantes auxquelles sont confrontés Israël et le monde. Son message est clair et cohérent : le fondamentalisme islamique est le plus grand défi auquel l’Occident doit faire face aujourd’hui ». Benjamin Netanyahu Ancien ministre des finances et ancien Premier Ministre d’Israël. « Dans un monde qui veut se tromper lui-même, et désire trouver un confort illusoire en échappant aux défis auxquels sont confrontés le monde libre et Israël, il est important d’entendre la voix sobre de Caroline Glick qui nous rappelle que les véritables réponses pour construire un monde sûr sont fondées sur des valeurs, et pas sur une gratification politique immédiate ». Natan Sharansky Membre de qualité au plus haut rang, Centre Shalem de Jérusalem « Caroline est la plus pointue des commentateurs sur Israël et la région – cinglante dans sa critique et bien souvent de façon justifiée ». David Horovitz, Rédacteur en chef, Jerusalem Post Si votre goût vous porte à apprécier la confrontation habile et directe entre les paroles creuses, la duplicité, la compromission, et la pensée magique – et les écrits des années 1930 de George Orwell et de Winston Churchill, avec les manifestations actuelles des questions auxquelles ces hommes ont fait face si brillamment – alors vous avez le bon livre entre les mains. R. James Woolsey , ancien directeur du Renseignement Central Extrait de l’introduction de R. James Woolsey Quelques éléments que vous trouverez dans cette compilation : *Un essai sur les parallèles et les différences entre Woodrow Wilson et George W. Bush ; *Une évaluation impertinente et subtile de la politique de déni de l’Holocauste ; *Un entretien direct avec Jonathan Pollard et une évaluation éclairante des implications de son dossier – “Je suis tombé amoureux de deux femmes – Israël et les USA. Cela ne marche pas dans la vie privée ni dans la politique ». *Une évaluation des motifs derrière la lâcheté universitaire, manifestée dans des lieux tels le ‘Clare College de l’Université de Cambridge », à Boston, USA. *Une analyse de la propagande ennemie rampante dans les émissions de la chaîne al Hurra, financée par le gouvernement des USA (plus « extrémiste sur certaines questions que al Jazeera ») *Une analyse attentive de la démographie au Proche-Orient qui contredit la sagesse conventionnelle ; *Une discussion sur la bataille du vocabulaire dans le discours public et son importance, (ex : qu’est-ce que ça signifie quand des terroristes sont appelés “militants ?) *Courage et parler franc du Pape Benoît XVI et d’Ayaan Hirsi Ali ; *Un officier américain lisant à ses hommes le Livre de Joël la veille de l’invasion de l’Irak : « Le Seigneur tonne à la tête se son armée » *Une bonne définition de la paix : quand une femme journaliste israélienne pourra se sentir « aussi en sécurité dans un hôtel 5 étoiles koweïtien que dans l’armée des USA [au combat] » ...Glick conclut cette remarquable compilation d’articles par un appel aux juifs – et de fait à tous ceux d’entre nous qui vivons dans une civilisation guidée par les concepts de liberté et de primauté de la loi… que le judaïsme a donnés au monde – pour imiter le Pape Benoît dans sa « volonté de juger ». Elle le fait. Nous devrions aussi.
Quelques éléments biographiques sur l’auteur : Née à Chicago, Caroline B. Glick est partie en Israël en 1991 après avoir obtenu une maîtrise de Sciences Politiques de l’Université Columbia ; elle a rejoint l’armée israélienne où elle a servi comme officier pendant cinq ans et demi. Pendant ses trois dernières années de service militaire, Glick a été un membre central de l’équipe de négociation avec l’OLP. Elle a ensuite été nommée conseiller en politique étrangère du Premier Ministre d’alors, Benyamin Netanyahou. Après avoir quitté le gouvernement en 1998, Glick a obtenu une maîtrise de politique publique de l’Ecole de Gouvernement Kennedy de l’Université de Harvard. Elle retourna alors en Israël où elle fut engagée comme journaliste senior et rédactrice en chef adjointe du journal ‘Makor Rishon’ (en hébreu). En 2002, Glick rejoignit le ‘Jerusalem Post’ comme éditorialiste senior et rédactrice en chef adjointe. Pendant l’opération « Liberté en Irak » en 2003, elle fut l’une des seules femmes journalistes au front avec les forces de l’infanterie des USA, faisant des reportages pour le ‘Jerusalem Post’, le ‘Maariv’, la deuxième chaîne de TV d’Israël, et le ‘Chicago Sun Times’. Mme Glick écrit deux éditoriaux hebdomadaires réguliers pour le ‘Jerusalem Post’, repris dans des journaux, et un éditorial mensuel pour ‘Jewish Press’. Ses écrits, également publiés dans le ‘Wall Street Journal’, la ‘National Review’, le ‘Boston Globe’, le ‘Chicago Sun Times’, le Washington Times’, et d’autres magazines et journaux importants, sont centrés sur les questions politiques et stratégiques concernant Israël et les Etats Unis. Mme Glick est le membre senior pour les Affaires du Moyen-Orient au Centre pour la Politique de Sécurité à Washington, DC. En 2003, le journal ‘Ma’ariv’ l’a qualifiée de femme la plus importante de l’année en Israël. En Décembre 2005, elle a reçu le « Prix Ben Hecht » pour le reportage au Moyen-Orient, de l’Organisation sioniste d’Amérique (ZOA). En Janvier 2006, elle reçu le Prix Abramowitz pour la Critique des Media par Israel Media Watch. Mme Glick vit à Jérusalem. |
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