Parfois, il est difficile de faire la part des choses pendant Yom HaShoah, Yom haZikaron ou Yom haAtzmaouth. Comment devrait -on commémorer la Shoah ?
Bien sûr, nous devons nous souvenir, la question n'est pas de savoir si nous devons nous souvenir, mais comment nous devons nous souvenir. A quelle conclusion cette commémoration doit-elle nous mener ? "Quel est votre message aux groupes que vous guidez ici ?" Ai-je demandé un jour à un jeune guide au mémorial Yad Vashem ? "Je leur explique qu'un petit nazi se cache en chacun d'entre nous, et que cela peut arriver à n'importe lequel d'entre nous" m'a-t-elle répondu sans hésiter. "Aucun nazi ne se cache en moi" lui ai-je répondu. Pendant la Shoah, il y avait des peuples bons et des peuples mauvais. Les juifs représentaient le Bien absolu; et le Mal absolu a tenté de nous exterminer." Si la conclusion teintée de post-modernisme – qu'il y ait ni bien ni mal durant la Shoah et que nous sommes tous, y compris les Nazis, des victimes - de cette guide reflète la position officielle de Yad Vashem, alors malgré son colossal travail d'archivage et de recherche (en fait précisément à cause de ce travail), Yad Vashem se fourvoie complètement et cautionne a un certain degré, une certaine forme de révisionnisme. Comment devrait-on commémorer Yom H aZikaron ? En réalité, nous avons crée la même confusion pour Yom haZikaron que celle que nous avons crée avec Yad Vashem. Des courageux soldats qui sont tombés au champ d'honneur, il ne reste rien d'autre que cette triste journée de larmes par delà la mort, sans l'éclat et la gloire procurées par le sacrifice ultime d'un individu pour que vive la communauté toute entière. Yom haZikaron a perdu de son sens et de sa substance. C'est devenu le jour du renoncement. Parce que si la mort au combat d'un soldat n'a plus de signification nationale, cela devient aussi un phénomène individuel rapidement oublie. Ce n'est pas juste une affaire de sémantique. La vie de nos soldats ne vaut plus grand chose. Nous envoyons nos fils mourir a Gaza pour en prendre le contrôle à de mauvais terroristes et le donner à de bons terroristes. Nos soldats se font tuer en essayant de capturer des terroristes que d'autres soldats ont capturé au péril de leur vie auparavant et que le gouvernement israélien a relâché. Rien ne peut être réduit à une simple histoire sans Bien ni Mal, sans héros ni diables. |