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LA VENTE DE HAMETZ PENDANT LES FETES DE PESSAH |
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Ecrit par bertrand.ramas-muhlbach
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Ce 3 avril 2008, le Tribunal des Affaires Locales de Jérusalem a estimé que la loi interdisant l’exposition de produits à base de levain n’avait vocation à s’appliquer que dans les lieux publics. Aussi, la juge Tamar Bar Asher Tsaban a-t-elle autorisé la vente du Hametz dans les épiceries, restaurants et pizzerias en posant que ces établissements, détenus par des capitaux privés, n’étaient pas concernés par le texte.
Cette décision a entraîné un concert de protestation dans la classe politique israélienne avec le Ministre des Cultes Itshak Cohen qui l’a vivement condamné, le député Moché Gafni (parti orthodoxe Yaadout Hatora) qui a estimé qu’elle était contraire à l’esprit de la loi, le leader du Parti national religieux, Zevouloun Orlev qui a demandé au conseiller juridique du gouvernement Menny Mazouz de la censurer ou encore le grand Rabbin d'Israël Yona Metzger qui a regretté que le Tribunal aille à l’encontre de Loi juive. Inversement, pour le député travailliste Ophir Pinès, la loi concernant l’interdiction de vendre du Hametz aurait du être annulée depuis longtemps.
Théoriquement, le principe de séparation des pouvoirs interdit un Tribunal de l’Etat juif de couper Israël de son histoire et du symbole de la libération du joug de l’esclavage en Egypte en modifiant la portée d’un texte d’origine légal fondé sur des évènements historiques. Il semblerait en réalité que certains décisionnaires israéliens soient en train de tomber dans le piège tendu par les ennemis d’Israël qui ambitionnent de faire disparaître l’Etat juif en modifiant son système social.
Depuis toujours, l’anéantissement du peuple d’Israël est envisagé soit par des individus dotés d’une personnalité suffisamment forte qui parviennent à convaincre une population docile, soit, de manière plus édulcorée, par le recours à l’assimilation pour fondre les juifs dans un agrégat humain et les isoler de leur identité spécifique.
Désormais, les juifs disposent de leur propre Etat. Aussi, il est recouru à une autre technique qui pourrait être qualifiée « de nécessité du fonctionnement démocratique ». En vertu de ce principe, le mode d’organisation de la société ne trouve plus son fondement dans des règles de nature « verticale » mais dans l’expression d’une frange majoritaire de la population. Autrement dit, la loi ne trouve plus sa source dans la morale ou dans les principes historiques mais dans la volonté du plus grand nombre.
Ainsi, autoriser la vente du Hametz dans les commerces israéliens permet de séparer Israël de sa la loi juive au risque à terme, de remettre en cause des principes comme l’interdiction du meurtre si une majorité y est favorable. Il n’est donc pas surprenant que certaines personnes en Israël comme le militant d’extrême droite Baruch Marzel du mouvement Hazit Yehoudit (le Front Juif), se lèvent pour souligner les dérives de la société contemporaine et l’implication grandissante d’arabes de nationalité israélienne dans des attentats visant des civils. En effet, qu’adviendrait-il en Israël si un groupe majoritaire légiférait sur la nécessité de recourir à l’attentat contre des intérêts juifs qui s’y trouvent ?
De la même manière, les ennemis d’Israël tentent d’isoler l’Etat juif sur la scène internationale en le culpabilisant, y compris pour des faits dont il n’est en rien responsable. Ainsi par exemple le 4 avril 2008, l’OMS a reproché à l’Etat juif de ne pas permettre l’accès au soin des ressortissants de la bande de Gaza (bien que des milliers d’entre eux se fassent soigner en Israël) sans suggérer aux palestiniens d’arrêter d’importer des armes pour éviter de se blesser, ni rappeler que l’indépendance des palestiniens suppose également le financement de leur propre système de santé.
Le 6 avril 2008, le Premier Ministre a mis en garde la société israélienne contre les dangers d’une guerre culturelle résultant de l’autorisation de vendre du Hametz pendant les fêtes de Pessah mais en réalité, le problème est beaucoup plus profond. Le gouvernement d’Israël semble parfaitement égaré, à la recherche de ses repères et d’une orientation philosophique comme l’a illustré le débat politique de ce mercredi 2 avril 2008 initié par 43 députés de la Knesset et ayant pour thème : «un gouvernement sans but et sans stratégie, dont l'objectif principal est d'assurer sa survie ».
A cette occasion, le Premier ministre Ehoud Olmert n’a consacré que « 60 secondes » pour s’expliquer, ce qui a provoqué l’énervement du député Guilad Erdan qui a déploré le manque de respect du Premier Ministre à l’égard de la Knesset et du public. Dans le même temps, le contrôleur de l'Etat, Micha Lindenstrauss rapportait sur les ondes de Gallai Tsahal (la radio de l’armée) qu’un 1/3 des plaintes déposées contre le gouvernement israélien étaient justifiées.
L’Etat d’Israël ne doit donc pas avoir honte de ses spécificités culturelles tout comme du respect scrupuleux de sa loi ancestrale. Il est en droit d’opposer au monde le cadre et la direction du Peuple juif et par exemple les dispositions qui proscrivent la corruption (« Tu ne détourneras pas le droit, tu ne feras pas acceptation de personne et tu n'accepteras pas de cadeau corrupteur car la corruption aveugle les yeux des sages et fausse la parole du juste » Deutéronome XVI, 19) même si cette interdiction est notamment fondée sur le fait que D.ieu lui-même refuse les gratifications (« le Seigneur votre D.ieu est grand puissant et redoutable. Il ne fait point acceptation de personne, il est incorruptible » Deutéronome X, 17).
L’Etat d’Israël se doit de donner l’impulsion à un nouvel ordre mondial et les ressortissants (juifs ou non) qui y vivent doivent en accepter la règle sauf à partir et rejoindre l’Etat de leur choix qui corresponde le mieux à leurs aspirations.
Pour ce qu’il en est du Hametz, rappelons que depuis bientôt 2000 ans, des hosties sont distribuées aux fidèles des églises chrétiennes. Il s’agit de morceaux de pain sans levain qui rappellent précisément qu’au moment d’entrer dans son sacrifice, Jésus célébrait la pâques juive.
Or, si les églises chrétiennes sont capables de respecter cette coutume quotidiennement à raison de plusieurs offices chaque jour et ce, depuis des siècles, il serait dommage qu’Israël ne soit plus capable de d’imposer sur son territoire, l’interdiction de vendre du Hametz juste huit jours par an |
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