Libérer Gilad Shalit, qui est vraiment prêt à faire le nécessaire ? Imprimer E-mail
Ecrit par Méïr Ben-Hayoun   
  D'après le site Ynet, deux avocats français, Emmanuel Altit et Stéphane Zerbib, comptent se rendre à Gaza la semaine prochaine pour tenter de rencontrer les ravisseurs du caporal Gilad Shalit, qui a la double nationalité, israélienne et française. Les avocats auraient indiqué qu'ils avaient été invités à faire le déplacement par des chefs du Hamas de la région.
  Au départ, cette information m'a fait l'effet d'un gag du premier Avril. Aussi  brillante que si un émissaire Loubavitch avait publié un communiqué de presse faisant état de son désir de rencontrer les ravisseurs de Gilad Shalit pour rencontrer ce dernier afin de lui poser les tephillin. Comme plus de trente jours nous séparent du premier Avril, j'ai dû me départir de l'état d'hilarité suscité par cette dépêche.
  Ces hurluberlus du barreau français ont donc été « invités à faire le déplacement par des chefs du Hamas de la région ». On se demande comment les chefs du Hamas sont arrivés à ces deux-là, d'où ils ont obtenu leurs adresses et numéros de téléphone. En consultant l'annuaire, en téléphonant au cabinet de l'Elysée ou à la permanence du CRIF ? Ceci semble être plus l'initiative de ces deux avocats que du Hamas et constitue une exploitation grotesque de la tragédie de Gilad Shalit pour faire parler d'eux-mêmes. Sans cela, il est probable qu'ils seraient restés dans l'anonymat le plus complet, qu'ils réintègreront au plus vite, je l'espère.
 Cette démarche inefficace risque de rendre encore plus compliquée la libération de Gilad. Le Hamas, détenant là une carte maîtresse, ne s'en séparera pas pour rien au monde. Cette initiative fait le jeu du Hamas qui cherche à desserrer  la pression israélienne sur Gaza sans avoir à libérer Gilad. D'autre part, cela permet à ces deux énergumènes de se faire mousser. Voilà la motivation profonde en dessous de cette histoire : les intérêts en relations publiques de ces deux juristes et du Hamas convergent harmonieusement, point à la ligne.
  Il ne faut pas non plus oublier les faux espoirs que cela peut engendrer auprès de la famille du soldat captif, encore ballottée entre espérance et désespoir depuis plus de 600 longues journées éprouvantes, émotionnellement très dures à gérer.
 
  Là où des appareils d'Etats entiers ont échoué, deux petits malins avocats agités auraient trouvé la solution magique? Si j'étais méchant, j'exprimerai le désir, que, lors de leurs tractations avec le Hamas à Gaza, Emmanuel Altit et Stéphane Zerbib, à leur tour aussi se fassent kidnappés et qu'après 600 jours de captivité, se réveillent en France deux diplômés de la fac de droit à la gueule enfarinée, qui, afin de brûler les étapes de l'ascension socio professionnelle, surferont sur le malheur de nos deux guignols en les imiter pour faire parler d'eux-mêmes. Et ainsi de suite jusqu'à que tous les Rastignac juifs voulant se frayer un chemin dans les hautes sphères de la politique ou auprès de la table des grosses huiles du CRIF soient neutralisés. Bon, il est vrai qu'il ne faut tout de même pas leur souhaiter un tel malheur !
 
  La solution totale ou même partielle à la libération de Gilad Shalit, n'est certainement pas entre les mains de n'importe quel duo d'avocats ambitieux, ni même entre les mains de l'ONU, des chancelleries européennes, de Sarkozy, de Bush de Gordon Brown ou d'une campagne pour la libération des prisonniers israéliens par les communautés juives de France ou des Etats-Unis. Les campagnes médiatiques de sensibilisation à l'eau de rose comme dans le site guysen ne contribueront en rien à desserrer l'étau islamo nazi sur Gilad. Ces campagnes sont tellement mielleuses qu'on en oublie qu'il s'agit de militaires et non de gosses de douze ans qui en traversant la rue se seraient faits enlevés par des ravisseurs. Il y a là une dignité d'hommes de guerre à honorer même si on est bourré de bonnes intentions dans la campagne pour leur délivrance.
  Jamais la libération de prisonniers israéliens n'a été reprise en relais par les communautés juives. Les prisonniers, c'est quelque chose de trop grave pour mettre en œuvre les notables juifs. Ces dossiers étaient en général l'affaire des militaires, des services de renseignement, à ne pas mélanger pour rien au monde avec les affaires civiles des juifs d'exil exprimant leur solidarité avec Israël.
 
 Pour Gilad Shalit, Ehoud Goldvasser et Eldad Reguev, pourvu qu'ils soient encore en vie, bien que ces trois jeunes hommes sont des soldats et qu'ils ont été faits prisonniers lors d'opérations à caractère militaire, leur détention ressemble plus à une prise d'otage qu'à la captivité de prisonniers de guerre entre armées ennemies.
 
  En de telles circonstances, la solution à leur libération, nous en connaissons tous le principe. Pour ceux qui l'auraient oublié, nous avons eu droit à un rappel hier, indirectement avec l'annonce du décès du regretté treizième Chef D'Etat Major de l'Armée d'Israël, le Général Dan Shomron, zikhrono livrakha. En Juillet 1976, Dan Shomron était à la tête du Commandement des Forces d'infanterie et de parachutistes. Il a conçu, planifié, coordonné et commandé l'opération de libération d'une centaine d'otages israéliens d'un airbus d'Air France détourné à plus de 1000 kilomètres des frontières d'Israël en Ouganda, Afrique Orientale. Ce fut un coup très douloureux pour le « Roi d'Ecosse » dont l'intégrité territoriale fut violée. Oui, le président ougandais Idi Amin Dada, dictateur autant cruel et terrible que grotesque, s'était autoproclamé « Roi d'Ecosse » après un différent qui l'avait opposé au Foreign Office britannique,. Se proclamer Roi d'Ecosse était d'un ridicule achevé, me diriez vous ? Certes, mais pas plus ridicule que de glauser sur la « nécessité de l'établissement d'un Etat palestinien » par un président de la République à l'esprit encore tout embrumé par l'effet Carla, ou par un égaré président du CRIF, il y a deux semaines au Pavillon d'Armenonville. Eux-mêmes reprenant les déclarations du déliquescent leadership israélien.
 
  Comme la libération des otages d'Entebbé en 1976 fut le début de la fin du grotesque dictateur africain Amin Dada, il est à espérer que la libération de Shalit sera le début de la fin de cette cancérigène entité palestinienne fantoche à Gaza et en Judée Samarie et le coup de départ de la reconstruction des localité israéliennes de Goush Katif sans oublier la libération du Mont du Temple à Jérusalem des envahisseurs arabes. Si on n'éprouve pas le désir et la détermination de réaliser cette étape ultérieure de réintégrer Goush Katif, dont la destruction portait en elle et annonçait déjà la série de revers militaires dont la captivité de Gilad et la mort de ses coéquipiers le 12 Juillet 2006 (il ne faut pas oublier les camarades de Gilad qui furent tués lors de l'embuscade tendue à leur tank), il est à craindre que la libération de Gilad Shalit ne soit qu'une chimère, une bigoterie de mondanité dont personne n'a le courage et la détermination pour faire le nécessaire. La détention prolongée de Gilad Shalit est le symptôme, le point de convergence de toutes les absurdités juives de notre époque.

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