Par Caroline B. Glick http://www.jewishworldreview.com/0108/glick012508.php3 Adaptation française de Sentinelle 5768 © Mardi dernier, le président égyptien Hosni Moubarak eut sa première conversation téléphonique relatée avec son homologue iranien le président Mahmoud Ahmadinejad. Leur conversation était le signe d’une intimité croissante des relations égypto – iraniennes suite à «l’Estimation Nationale du Renseignement des USA » [NIE] publiée en novembre dernier, sur le programme d’armes nucléaires de l’Iran. Selon les rapports des media, les deux hommes ont discuté de la situation à Gaza.
Leur conversation a eu des résultats immédiats. Mercredi, Moubarak a autorisé le Hamas à prendre le contrôle de la frontière internationale entre l’Egypte et Gaza. Des centaines de milliers de Gazaouis ont afflué à travers la frontière. Moubarak a tenu parole envers Ahmadinejad, même après que les USA aient commencé d’exiger, mercredi après-midi, qu’il réaffirme le contrôle égyptien sur la frontière. Mercredi soir, Moubarak déclara que la frontière restera ouverte. La prise de la frontière par le Hamas mercredi n’a été que la dernière étape de la campagne palestinienne pour le contrôle de la frontière internationale. Cette campagne s’est poursuivie depuis le retrait d’Israël en 2005, et brutalement accélérée depuis la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en juin dernier. Beaucoup déclarent que l’objectif du Hamas, rattacher Gaza au reste du monde arabe en ouvrant sa frontière avec l’Egypte, est bon pour Israël parce qu’il permet à Israël de se désengager complètement de Gaza. Et il y a quelque vérité à cela. Dotés d’une frontière ouverte avec l’Egypte, les Gazaouis seront beaucoup moins dépendants d’Israël. A un certain degré, cela peut aider Israël à diminuer la pression internationale qui exige la poursuite de l’aide à Gaza ; en fournissant à sa population qui soutient le Hamas : électricité, carburant, nourriture, et des opportunités d’emplois. Mais ce n’est pas la principale signification de cette manoeuvre. Soutenu et dirigé par l’Iran et la Syrie, le Hamas n’est pas intéressé au maintien de liens avec Israël. Ses objectifs à court terme sont : mettre fin à l’isolement diplomatique avec l’Occident ; obliger le Fatah à accepter son contrôle sur Gaza ; et reprendre des négociations en vue du rétablissement d’un gouvernement d’union Fatah - Hamas. Ses objectifs à moyen terme comprennent l’extension de son contrôle sur Gaza vers la Judée et la Samarie, puis d’unifier de part et d’autre du Jourdain, les rives Ouest et Est, en débordant la frontière avec la Jordanie de façon très semblable à sa prise de contrôle sur la frontière avec Gaza. Pour sa part, dans la conduite de la prise de contrôle sur la frontière par le Hamas, mercredi et depuis, le Fatah s’est montré globalement incapable de peser sur les évènements à Gaza, ou en Judée et en Samarie. Il a été incapable, malgré ses ressources financières massives, de diminuer en aucune manière la popularité du Hamas à Gaza. Il a été incapacité d’empêcher ses propres forces à Gaza de s’intégrer au Hamas. Il a été incapable de contenir la popularité croissante en Judée et en Samarie. La prise de contrôle de la frontière par le Hamas a été synchronisée pour se tenir au moment même où les chefs du Hamas se réunissaient avec leurs homologues jihadistes palestiniens et libanais à Damas, lors d’une conférence contre la paix. Celle-ci, tenue sous les auspices syrien et iranien, était supposée se tenir au moment même de la conférence de la paix réunie à Annapolis par la secrétaire d’Etat des USA Condoleezza Rice. Mais comme le Département d’Etat avait décidé d’inviter la Syrie à assister à cette conférence, Damas opta pour retarder sa conférence contre la paix jusqu’à cette semaine. Le chef du Fatah Mahmoud Abbas est allé en Syrie dans les semaines précédentes pour supplier le président syrien Bashar Assad d’annuler le conclave, organisé pour démontrer la faiblesse et l’impopularité du Fatah, mais ses appels ont échoué. A cet égard, il importe aussi de noter que la réponse du Fatah à l’érosion de son pouvoir a été d’augmenter son soutien au jihad. Ses émissions de télévision et de radio ne sont pas différentes de celles du Hamas. Ses forces de sécurité en Judée et en Samarie sont activement engagées dans le terrorisme contre Israël. Ses forces résiduelles à Gaza sont totalement partenaires des attaques au mortier et à la roquette sur le Negev occidental. La signification stratégique de la guerre du Hamas à la frontière a clairement échappé à l’attention de la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni. Dans son discours à la conférence d’ erzlyiaHerzliya Herzliya, Livni a parlé comme si on pouvait simplement souhaiter que le Hamas n’existe pas. Le jour précédent la cession du contrôle par l’Egypte de sa frontière au Hamas, Livni déclara que dans le monde arabe : « personne ne veut voir le succès du Hamas ». Livni a poursuivi en justifiant les négociations qu’elle mène avec Ahmed Quorei du Fatah, aux fins de la cession par Israël de la Judée, de la Samarie et de Jérusalem, proclamant qu’en négociant des cadeaux territoriaux israéliens massifs, elle empêche le conflit palestinien avec Israël de se transformer en un conflit religieux. Elle a aussi déclaré en aparté que le conflit d’Israël avec l’Iran n’est pas lié à celui avec les Palestiniens. On peut démontrer que toutes ces déclarations de Livni sont fausses. Discuter la cession de la Judée, de la Samarie et de Jérusalem avec le Fatah n’affaiblit pas le Hamas. Il le renforce. Soit la discussion réussira, auquel cas le Hamas prendra le contrôle de la Judée, de la Samarie et de Jérusalem des mains du Fatah, à la minute où Israël se retirera ; soit les pourparlers échoueront, auquel cas le Hamas dira que cela ne fait que démontrer qu’il n’y a rien à discuter avec Israël. Il unira alors de nouveau ses forces avec le Fatah, et augmentera la subversion parmi les citoyens arabes d’Israël. Dans tous les cas, avec sa vision claire d’Israël remplacé par un califat islamique, le Hamas en sortira vainqueur. L’affirmation de Livni sur l’absence de connexion entre l’Iran et la Palestiniens est pareillement ridicule. Livni était membre du gouvernement d’Ariel Sharon en janvier 2002, quand des commandos navals israéliens se sont emparés du cargo iranien le *Karine A* en Mer Rouge. C’était un bateau acheté par le Fatah, rempli d’armes iraniennes en route vers les forces du Fatah. Il était commandé par des officiers du Fatah, et manœuvré par un équipage du Fatah. Livni était là quand la décision fut prise d’utiliser les connexions démontrées avec l’Iran comme motif de ne pas conduire de négociations avec le Fatah. Et bien entendu, l’Iran est aujourd’hui le premier parrain du Hamas. Et son parrainage du Hamas facilite l’enchère iranienne pour s’assurer le soutien arabe dans sa guerre contre Israël et les USA. Aussi l’affirmation de Livni sur l’absence de relation entre l’Iran et les Palestiniens est ridicule et dangereuse. Se faisant la championne du Fatah et de cessions territoriales continues d’Israël aux Palestiniens, Livni est semblable à son patron Ehud Olmert. De même, sa négligence de la menace montante du contrôle continu de Gaza par le Hamas, comme sa négligence du renforcement du Hezbollah au Liban, et l’importance du retrait des USA hors de la rationalité stratégique envers l’Iran à la suite de la « NIE », ne diffère pas de celle d’Olmert. Il est important de noter cela parce que, une semaine avant la publication du rapport final de la commission Winograd sur la Deuxième Guerre du Liban, la tête d’Olmert est sur le billot. La publication la semaine dernière d’une lettre ouverte de cinquante commandants de compagnies de réservistes, exigeant surtout la démission d’Olmert après la publication du rapport, est un avant-goût des appels publics pour qu’il quitte son poste qui déferleront sur le pays à partir du 31 janvier. Alors que les chefs de la Gauche radicale de “la Paix Maintenant”, “Meretz” et le journal *Haaretz* soutiennent la tentative d’Olmert de rester en place, et de lancer des campagnes de diffamation contre toutes les forces qui s’élèvent contre lui, le fait est que même ses partisans les plus ardents savent qu’il sera difficile de protéger Olmert du public après la publication du rapport Winograd. Par conséquent, les personnalités dirigeantes de Gauche, chez les travaillistes et au parti « Kadima » cherchent des moyens pour obliger Olmert à partir, et le remplacer par Livni. Livni a échappé à la colère publique sur les conséquences l’échec de la guerre en 2006 contre le Hezbollah. Pendant la guerre, elle s’est effacée derrière Olmert puis le ministre de la défense d’alors, Amir Peretz, parlant rarement en public. Pourtant, dès le début de la guerre, Livni a mené la campagne diplomatique pour un cessez-le-feu. Et sa campagne ne fut pas moins que défaillante et inaboutie, et certes plus que la campagne militaire. Livni commença sa campagne de machinations diplomatiques avec deux hypothèses incorrectes. D’abord, elle considéra qu’Israël ne pouvait pas vaincre le Hezbollah militairement. Par conséquent, depuis le début, elle s’opposa à toute escalade de la campagne d’Israël au Liban. Ensuite, elle crut que la communauté internationale serait d’accord pour combattre le Hezbollah au nom d’Israël. Par conséquent, elle fit son maximum pour obtenir une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU sous le « chapitre VII » - légalement contraignant – qui mette en place une telle force. Le refus du gouvernement d’autoriser une attaque terrestre en temps voulu au Liban confirma qu’Israël ne vaincrait pas le Hezbollah. La foi de Livni dans l’intérêt de la communauté internationale à combattre le Hezbollah conduisit Israël à devenir le principal champion de la FINUL, qui aussi bien avant et depuis la guerre a agi comme un bouclier du Hezbollah contre Israël. Et pourtant les compétences diplomatiques de Livni n’ont même pas assuré son objectif limité et incorrect d’assurer une force internationale puissante et contraignante au Liban Sud. Dans son livre « Capituler n’est pas une option », l’ancien ambassadeur des USA à l’ONU, John Bolton a écrit que le soir du vote du conseil de Sécurité sur la résolution 1701, qui posait les termes du cessez-le-feu, Livni se plaignit à Rice : « Vous avez accordé le cessez-le-feu, vous avez accordé le chapitre VII, vous avez accordé les fermes de Sheba, maintenant dites-nous pourquoi nous devrions signer la résolution ? » Mais bien sûr, quand le jour suivant, la résolution passa à l’unanimité au Conseil de Sécurité, Livni en vanta vite les mérites comme un succès stratégique. Et depuis lors, bien qu’avec la 1701, le Hezbollah se soit réarmé et ait réaffirmé son contrôle sur le Sud Liban ; paralysé le gouvernement libanais ; étendu son influence sur l’armée libanaise et intimidé la FINUL ; Livni continue de soutenir la résolution comme preuve de sa compétence. Et elle doit encore être interrogée là-dessus. Dans son discours mercredi dernier à Herzliya, Olmert a essayé de réduire au silence les critiques sur la réponse incompétente de son gouvernement à la prise de contrôle de Gaza par le Hamas. Olmert soutenait : « Si le calme prévalant au Nord prévalait aujourd’hui au Sud du pays, serions-nous occupés au décompte quotidien des roquettes et missiles qui seraient stockés là-bas dans des réserves ? C’est à dire, selon Olmert, que la nature du Hamas et du Hezbollah, leurs liens avec l’Iran et la Syrie, et leurs arsenaux croissants, sont sans importance. La seule chose qui compte est qu’ils tirent au présent sur Israël. Et l’avis de Livni est aussi scandaleux. Dans son discours jeudi dernier à Davos, Livni a déclaré que la menace posée par l’Iran à la sécurité mondiale ne provient pas de son programme d’armes nucléaires et de son soutien au terrorisme, mais de son opposition aux négociations qu’elle mène avec Quorei. On a cité une remarque de Livni : « L’Iran est une menace mondiale contre le processus de paix ». L’incompétence du gouvernement Olmert-Livni a conduit à une situation où Israël est menacé par les vassaux de l’Iran sur trois frontières. Son ratage diplomatique sur le programme nucléaire de l’Iran a conduit à une situation où Israël se retrouve seul contre le « Manhattan Project »* iranien. Son ratage diplomatique dans la prise de contrôle de Gaza par le Hamas a conduit a une volonté toujours plus large, de cercles de diplomates et de décideurs politiques occidentaux, de reconnaître le mouvement jihadiste comme acteur légitime dans la région. Ses échecs diplomatiques pendant la guerre avec le Hezbollah a fait émerger celui-ci renforcé diplomatiquement par la guerre, et en position de rallumer la guerre quand l’Iran lui en donnera l’ordre. La publication du rapport de la Commission Winograd la semaine prochaine a le potentiel d’en terminer enfin avec Olmert au poste de Premier Ministre. Mais si le remaniement d’après Winograd est limité à remplacer Olmert par Livni, Israël ne s’en portera pas mieux.
Note du traducteur : * le “Manhattan Project”est le plan qui permit d’aboutir à la mise au point de la bombe A aux USA, à la fin de la seconde Guerre Mondiale. C’est le physicien Robert Oppenheimer qui coordonna ce plan. Ironiquement, Yariv Oppenheimer est le porte-parole du mouvement « la Paix Maintenant » en Israël. Par ailleurs, c’est la dynastie des Oppenheimer qui règne sur le diamant Sud-Africain et mondial. Bien entendu, ces Oppenheimer n’ont en commun que leur patronyme, allemand & ashkénaze. |