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« Loth qui l’accompagnait avait aussi du menu bétail, du gros bétail et des tentes. Et la terre ne pouvait pas les porter ensemble car leurs possessions étaient considérables et ils ne pouvaient habiter ensemble. ». Tout au long des évènements de la vie d’Avraham, nous voyons apparaître un personnage curieux, son neveu Loth. Il était le fils d’Haran frère d’Avraham, mort brûlé vif pour avoir pris le parti d’Avraham contre le roi Nemrod. Avraham le prit avec lui lorsqu’il sortit de Babylone et Loth l’accompagna dans ses voyages. Il apprit chez son oncle le sens de l’hospitalité comme nous le lirons dans le récit de Sodome. Il accumula au contact d’Avraham une richesse colossale comme la Tora en témoigne. L’oncle et le neveu se ressemblaient physiquement de façon troublante. Malgré ces apparentes similitudes, de profondes différences séparaient les deux parents. Avraham était attiré par tout se qui se rapportait à la Sainteté alors que Loth était à la recherche des plaisirs matériels. Une dispute eut lieu entre les bergers d’Avraham et ceux de Loth ; les bergers d’Avraham veillaient à ne faire paître leurs troupeaux que dans des endroits sauvages, n’appartenant à personne ; ils muselaient leurs bêtes lors du voyage afin qu’ils ne paissent pas dans les champs appartenant à d’autres. Par contre, les bergers de Loth faisaient paître leurs troupeaux dans les champs des autres sans aucun scrupule ! Ils justifiaient leur vol par le raisonnement suivant : D. a déjà promis toute la terre de Canaan aux descendants d’Avraham; puisque Loth est amené à être l’unique héritier d’Avraham (car Its’hak n’était pas encore né), il est logique que ses troupeaux puissent déjà profiter de toutes les terres qui seront donnée à Avraham !En réalité, Avraham n’avait pas encore pris possession de la terre de Canaan, et il était leur donc interdit de pénétrer dans les champs qui ne leur appartenaient pas encore ! Face à cette situation, Avraham décida de se séparer de Loth. Il lui dit : « Nous sommes frères; toute la terre est devant toi. De grâce sépare toi de moi… ». Le Méam Loez énumère 4 raisons du choix d’Avraham :
1) Avraham craignait que les Cananéens ne s’aperçoivent de leur immense troupeau et ne s’en emparent. 2) La dispute risquait de se prolonger sans fin 3) La ressemblance entre les deux parents risquait de causer du tort à Avraham, car il aurait pu être accusé d’être le vrai voleur. 4) Avraham vit par prophétie que les descendants de Loth seraient des impies : les peuples de Moab et Amon sont détestés par D. qui a interdit aux Juifs de se marier avec eux ! (les hommes mais pas les femmes) Loth qui n’était attiré que par la matérialité se dirigea alors vers Sodome qui était alors très riche, sans être effrayé par la méchanceté extrême de ses habitants. Le Zohar nous enseigne que Loth est comparé au Yétser Hara, le mauvais penchant. De même que Loth suivit Avraham à chaque endroit, de même le Yétser Hara accompagne l’homme durant toute sa vie ! C’est pour cela qu’Avraham demanda à Loth de se séparer de lui : c’est l’exemple de celui qui veut avancer vers la Tora et les Mitsvot et qui se sépare de tous les soucis du monde qui pourraient le troubler se contentant de peu. Un homme peut se séparer de son Yétser Hara et consacrer des moments pour l’étude de la Tora. Nos sages nous ont enseigné : « si le mauvais penchant vient te troubler, emmène le vers la Maison d’Etude, car l’étude de la Tora peut dominer le Yétser Hara. Si Loth est le Yétser Hara, Avraham est comparable à l’âme, la Néchama. La Néchama dit au corps : « qu’il n’y ait pas dispute entre toi et moi, car nous sommes comme deux frères, amenés à vivre ensemble. L’un sans l’autre ne peut rien faire ! Ne me dérange donc pas outre mesure ! Toute la terre est devant toi : c'est-à-dire que tu as des moments qui te sont réservés : manger, boire, se promener, bavarder, dormir, travailler etc. De grâce, sépare toi de moi, הפרד נא . Les lettres des mots « de grâce נא » sont en fait les initiales des mots נפילת אפים ou suppliques du Ta’hanoun. L’âme demande au Yétser Hara de la laisser tranquille pour prier. ( Ahavat ‘Haïm) Ainsi, elle pourra dominer et même transformer en mérites les actes négatifs accomplis par le Yétser Hara ! Le nom Loth, לוט , est en Araméen synonyme de malédiction dont il faut bien sûr totalement s’éloigner ! Le Ari Zal nous fait remarquer que Loth, לוט en hébreu a la valeur numérique de 45 celle du mot « homme », אדם . Mais il représente le mauvais côté de l’homme : de même que le singe imite l’être humain, Loth a imité Avraham ! Si Loth est si mauvais pourquoi Avraham a-t-il tant lutté pour le sauver quand il fut capturé par les 4 rois ou lors de la destruction de la ville de Sodome par les anges ? C’est à cause des 2 femmes vertueuses Ruth la Moabite et Naama l’Amonite, descendantes de Loth qui rejoindront le peuple Juif et donneront naissance à Moshia’h. C’est d’ailleurs pour cette raison que la naissance d’Amon et Moab est dans la même paracha que celle d’Its’hak, celui de nos Patriarches qui sera prépondérant à l’époque de Moshia’h ! Nous pouvons déduire de ce récit qu’il est important d’établir une séparation entre nous et le monde profane, afin que celui-ci ne vienne pas troubler notre Service de D. ; d’un autre côté, il faut garder l’œil sur nos frères qui sont encore éloignés du judaïsme afin de les ramener sur le bon chemin, eux et leurs descendants. Il est écrit dans le Téhilim 89.21 : « J’ai trouvé David, Mon Serviteur (allusion à Moshia’h) ». Le Midrash Rabba répond au nom de Rabbi Its’hak : « Je l’ai trouvé à Sodome » chez Loth le fils du frère d’Avraham (d’après le Ari Zal)! Un Juif peut être un citoyen de Sodome, nous aurons malgré tout le devoir de nous occuper de lui, il est possible que la Délivrance Messianique en dépende ! |