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La Guemara Chevouot ( 13 a ) nous enseigne : « Rabbi déclare que toutes les fautes de la Tora qu’un homme a commises, qu’il ait fait Techouva ou non, trouvent leur expiation à Yom Kippour sauf pour celui qui est hérétique, pour celui qui interprète la Tora de façon à la porter en dérision ou qui n’accomplit pas la Mitsva de Brit Mila ; dans ces cas, s’il fait Techouva, Yom Kippour lui assure le pardon, mais s’ils ne fait pas Techouva, il ne sera pas pardonné… ». Le Rabbi va démontrer que la puissance de Yom Kippour est telle qu’elle suffit à elle seule à assurer le pardon. « L’essence de Yom Kippour assure le pardon » ; le jour de Yom Kippour, le pardon est obtenu grâce à « l’essence même du jour », sans qu’il soit demandé de faire un quelconque travail ! Néanmoins le Rambam tranche ainsi la loi : « l’essence de Yom Kippour n’assure le pardon qu’à ceux qui se repentent ». Ce qui signifie que le pardon du Yom Kippour nécessite la Techouva !
La réponse est la suivante : des termes mêmes utilisés par le Rambam nous pouvons déduire que le pardon est obtenu seulement grâce « à l’essence de Yom Kippour pour ceux qui se repentent » et non pas qu’il faut deux facteurs distincts : l’essence de Yom Kippour plus la Techouva. Nous comprenons facilement la signification de l’expression « l’essence de Yom Kippour assure le pardon » : la puissance de ce jour est telle qu’elle assure à elle seule le pardon. L’idée préconçue que la Techouva est une condition supplémentaire va à l’encontre de l’explication du Rambam : le Rambam explique que le seul fait de vivre Yom Kippour assure la pardon de façon automatique. Le fait de demander en plus la Techouva va à l’encontre de cette idée. Sans Techouva, Yom Kippour n’assurerait-il pas le pardon ? Il n’en est rien : le fait qu’arrive Yom Kippour assure réellement le pardon ! Mais les termes employés par le Rambam démontrent que la Techouva est une condition accessoire. Son absence bloque l’obtention du pardon qui nous est donné par « l’essence de Yom Kippour »! Ce n’est qu’en appliquant cette condition que l’on peut bénéficier du pardon assuré par « l’essence de Yom Kippour ». Selon l’avis de Rabbi « l’essence de Yom Kippour » assure le pardon « que l’on ait fait Techouva ou non » ! Pour les autres Sages : « l’essence de Yom Kippour n’assure le pardon que pour ceux qui se repentent », ce qui signifie que « l’essence de Yom Kippour assure le pardon » selon les termes du Rambam. Conformément aux autres Sages, le Rambam demande donc que la Techouva accompagne l’essence de Yom Kippour (qui est l’essentiel dans l’obtention du pardon). La discussion n’est qu’avec Rabbi qui déclare que l’obtention du pardon n’est liée à aucune condition alors que les autres Sages posent la condition d’une Techouva. Le Rambam déclare dans les Lois précédant et suivant celle qui nous intéresse que : « le bouc expiatoire assure l’expiation de toutes les fautes de la Tora, légères ou graves…si l’on fait Techouva ». Ce qui signifie que le pardon est obtenu au moyen du « bouc expiatoire » mais que la condition de l’obtention de ce pardon (et non pas le moyen) est la Techouva. De plus si l’on n’a pas fait Techouva, le bouc assure le pardon pour les fautes légères, pour la transgression de Mitsvot positives ou négatives qui n’entraînant pas la peine de retranchement (Karet). Dans la Loi qui suit celle qui nous intéresse le Rambam déclare: « Bien que la Techouva pardonne toutes les fautes et que l’essence de Yom Kippour amène le pardon… ». Dans cette Loi, le Rambam fait bien la différence entre les différents moyens d’obtenir la réparation des fautes : par la Techouva ou par Yom Kippour. Nous constatons qu’il y a bien une différence entre le pardon obtenu par Yom Kippour (par « l’essence du Jour ») et celle obtenue par la Techouva. Nous avons la preuve que la Techouva n’est qu’une condition accessoire pour Yom Kippour ! Pour illustrer ceci nous avons l’exemple dans la Tora d’une véritable condition : lorsque les fils de Réouven et de Gad ont demandé à hériter de l’autre côté du Jourdain (actuelle Jordanie), Moshé n’a consenti à leur donner ce droit qu’à la condition qu’ils viennent armés avec le reste du peuple afin de conquérir Erets Israël. Dans le cas contraire, ils devraient hériter avec tout le monde du côté Ouest du Jourdain. Dans ce cas, nous voyons que la condition n’est qu’accessoire pour confirmer leurs droits à leurs terres du côté Est du Jourdain. Leur contribution armée ne leur a pas donné directement ces terres : elles leur ont déjà été données par Moshé avant même la traversée du Jourdain. Autre exemple : celui qui donne des Kidoushin à une femme à condition qu’il accomplisse telle action (par exemple : « tu m’es consacrée à condition que je te montre un champ où l’on peut planter un Kour », il doit lui montrer et elle lui est consacrée). Cet acte n’a pas de rapport direct avec le mariage, il vient juste être une condition accessoire à la validité des Kidoushin. Il en est de même pour Yom Kippour : le pardon ne vient que par la puissance de « l’essence de ce jour ». La Techouva n’est qu’une condition accessoire ; tant qu’il n’a pas fait Techouva, le pardon apporté par « l’essence du jour »est bloqué. En faisant Techouva, il ôte ce blocage ; le pardon apporté par « l’essence du jour » est alors parfait ! Autre exemple : si 10 hommes Juifs sont réunis, même s’ils ne s’occupent pas de Tora, la Chekhina est présente. S’ils font des actes défendus ils empêchent la présence de la Chekhina (c’est même une honte pour la Chekhina). La présence de la Chekhina est liée à l’accomplissement d’occupations permises par le Choulkhan Aroukh. C’est pourquoi il faut étudier de la Tora. En étudiant la Tora, on annule le blocage empêchant la présence de la Chekhina. Il en est de même pour Kippour : le pardon vient de « l’essence du jour » et la Techouva vient enlever le blocage du pardon apporté par « l’essence du jour ». Pour illustrer ceci : si un enfant devient Bar Mitsva à Yom Kippour, il n’a aucune faute à se reprocher pour faire Techouva (car il était jusque là mineur) peut-on dire qu’il ne bénéficiera pas de la puissance de « l’essence de ce jour » car il lui manque la Techouva (sur des fautes qui lui manquent) ? Bien sûr que non ! Car la Techouva ne vient que pour débloquer le pardon lié à « l’essence du Jour » ; et comme pour ce jeune homme il n’y a aucun blocage car il n’a pas de péché, il bénéficiera de toute la grandeur spirituelle liée à « l’essence de ce jour » ! |