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Ecrit par ‘Haï et Louna Chemla   

: Aucun forfait ne restera jamais impuni !

La Paracha Ki Tétsé revêt cette année un caractère particulièrement éducatif pour nous permettre de savoir comment réagir face aux nombreux scandales qui éclaboussent la classe politique israelienne ces dernières semaines. En effet, nous étions habitués aux scandales liés à la conduite de la guerre avec nos ennemis les Arabes, ce qui semble avoir décidé une majorité de Juifs israeliens à manifester leur volonté de mettre à l’écart l’équipe de dirigeants actuels. Mais ces derniers jours se rajoutent de sordides histoires de harcelement sexuel (ou pire) de la part des hommes perchés aux plus hauts niveaux de la hierarchie politique du pays. Ainsi des hommes célèbres voient surgir de leur passé des accusations lancées à leur encontre par des femmes qui leur reprochent des actes honteux remontant à plusieurs années.Notre Paracha nous présente plusieurs cas et nous indique comment la Halakha (c’est à dire comment D. Lui-même) nous ordonne de trancher les litiges.

« Si un homme prend une femme pour épouse... Il déclare alors que cette femme ne présente pas de signes de virginite. Le père et la mère de la jeune présenteront alors les preuves de la virginité de la jeune fille aux Sages de la ville…Et l’on déroulera le linge devant les Sages de la ville… La punition du mari sera de 100 pièces d’argent qu’il donnera au père de la jeune fille comme dédommagement pour sa médisance et elle sera son épouse pour toujours, il ne pourra pas la répudier ! Si la chose est vraie…les habitants de la ville la lapideront ».

« Et l’on déroulera le linge », Rachi explique : « C’est une métaphore : on blanchira l’affaire comme un vêtement ». Ce qui veut dire que l’on enquêtera en amenant des témoins qui ont surpris cette jeune fille en flagrant délit et qui l’auront mise en garde. Dans le cas contraire elle sera déclarée innocente.

« Si l’on trouve un homme cohabitant avec une femme mariée, ils seront mis à mort tous les deux ». Rachi explique : « Il s’agit d’une cohabitation. Ce qui exclut d’autres gestes ! ».

« Si une jeune fille est mariée à une homme et qu’un homme la surprend dans la ville et cohabite avec elle…Ils seront lapidés tous les deux et mourront : la jeune fille parce qu’elle n’aura pas crié pour qu’on la sauve…Mais si l’homme l’a attaquée dans un champ désert…l’homme sera mis a mort mais à la jeune fille on ne fera rien…car elle a crié dans le champ mais il n’y avait personne pour la secourir. ».

« Si un homme trouve une jeune fille vierge non mariée la saisit et cohabite avec elle… Il devra payer au père de la jeune fille 50 pieces d’argent et elle sera son épouse pour toujours, car il a abusé d’elle ; il ne pourra jamais la répudier ».

De ces versets et de leur commentaire par Rachi nous pouvons deduire plusieurs règles générales :

- tous les litiges reposent sur le témoignage de témoins qui auront pris les intéressés sur le fait. A aucun moment il n’est fait mention de témoignages unilatéraux d’une des victimes, mais sans témoins.

- La Tora sanctionne de la peine capitale tous les adultères pris en flagrant délit après mise en garde. Par contre, elle oblige l’homme qui aurait déshonoré une jeune fille à se marier avec elle après avoir dédommagé la famille (ou la victime si elle est adulte).

- La Tora applique systématiquement la peine de mort à une jeune fille fiancée si le forfait s’est déroulé dans une ville car alertée par les cris toute la population aurait du venir à son secours. La Tora considère donc que la jeune fille a forcement dû être consentante dans ce forfait ! Par contre, s’il s’agit d’un endroit désert, la Tora lui accorde le bénéfice du doute et l’absous de toute sanction.

Nous pouvons conclure que la Tora ne s’intéresse qu’à des preuves formelles irréfutables basées sur des témoignages clairs de témoins dignes de ce nom : hommes Juifs obervant la Tora et les Mitsvot (il y a certains cas rares ou la Tora accorde une certaine valeur au témoignage de femmes (cas de la Sota qui s’isole), mais cela n’a pas de rapport direct avec les cas que nous avons cité). Sans cela, il est impossible d’établir une culpabilité quelconque ! Que faire pour empêcher de tels drames?

La Tora nous interdit formellement tout contact qui pourrait placer un homme et une femme dans une situation embarassante. Toute mixité est totalement réprouvée depuis le jeune âge sur les bancs de l’école, en passant par l’adolescence à la Yeshiva ou au lycée, puis à l’armée. Mais cela concerne aussi et bien sûr les adultes : il est defendu à un homme de s’isoler avec une femme autre que son épouse, sa mère, sa sœur, ou sa fille! Et encore pour ces dernières, s’il y a un danger quelconque, il faudra même éviter de telles situations (Amnon et Tamar)! Il est par ailleurs recommandé d’éviter une relation « trop amicale » que ce soit au travail ou entre voisins qui pourrait amener à un évènement facheux. Et enfin, pour conclure il est évident qu’il convient de respecter les règles de Tsiniout (pudeur élémentaire) qui ont pour but de sauvegarder les distances entre sexes opposés !

Il est en effet inconcevable de circuler en tenue provocante et de s’offusquer après cela des conséquences du manque de pudeur.

Si (à D. ne plaise) malgré tout cela survient un accident, il faudra briser le tabou du silence généré par cet acte : il faudra aller trouver un Rav (ou son épouse) pour savoir comment réagir. Il est ainsi donné aux Rabbanim le droit de corriger ceux qui s’éloignent des chemins de la pudeur (par exemple : Makat Mardout) même lorsque la Halakha n’exige pas un châtiment.

Et même si les coupables ne peuvent pas être punis par la justice humaine (conformément à la Halakha ), D. a de nombreux chemins qui lui sont propres afin de punir ceux qui se seront permis des actes honteux. Rien ne sera jamais laissé impuni !

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