Triste anniversaire : un an déjà ! Imprimer E-mail
Ecrit par ‘Haï et Louna Chemla   

Alors que de mon balcon de Nétivot, profitant de la fraîcheur du soir, j’observe le magnifique paysage autour du Kibbouts Kissoufim, je suis bercé par le martèlement des explosions répétées de notre artillerie, de nos missiles contre les Kassam qui pleuvent sur le “Néguev Occidental”. Ce spectacle “son et lumière” me permet de ne pas oublier ce qui s’est passé en un an.

En effet, il est temps pour tous les expulsés de Goush Katif et de Shomron de « fêter » le premier anniversaire de notre expulsion. Que s’est-il passé en un an ?

Sur le plan sécuritaire, il est évident même pour les plus aveugles d’entre nous, que cette expulsion n’a bien sûr pas apporté de soulagement aux populations du Néguev Occidental : Sdérot est devenue le symbole d’une ville martyr, on ne compte même plus le nombre de projectiles qui sont tombés sur les habitations (comme ce fut d’ailleurs le cas pour le Goush Katif, où les bombardements étaient devenus une routine). Comme nous l’avions prédit, Ashkelon est aussi devenue le siège de bombarde-

-ments. Là encore, c’est un effet de la Miséricorde Divine qu’un désastre n’ait pas eu lieu si l’un des ces projectiles avait atteint un site “sensible” (comme par exemple les réserves d’essence), provoquant une catastrophe régionale sans précédent.

Le plus incroyable est que certains habitants des Kibboutzim autour de Gaza souhaiteraient cette catastrophe qui obligerait notre armée à réellement agir contre les terroristes et à reprendre le contrôle de la “Bande de Gaza”!

Il faut signaler que ces habitants des Kibboutzim autour de Gaza, ont durant des années organisé des manifestations au point de passage de Kissoufim, brandissant des pancartes lors du passage des habitants de Goush, pour les “convaincre de rentrer au bercail”, ce qui amènerait la paix! Il est normal qu’aujourd’hui, ils aient le plaisir de constater les résultats de leur bêtise…

Notre fuite de Gaza a permis la victoire du ‘Hamas aux élections palestiniennes. Les Palestiniens ont ainsi tiré les leçons de l’abandon du Goush Katif: avec le gouvernement israélien : le crime paie !!

Ils se sont alors fait un devoir de mettre cet enseignement à l’épreuve: ils ont organisé un attentat en creusant, une fois de plus un tunnel, sous la “frontière” avec Israël, ils ont tué de jeunes soldats et enlevé Guilat Shalit. Le cas de ce dernier a dû bien ennuyer nos dirigeants face au spectre d’un nouvel “Ron Arad”! Ils avaient pourtant passé des consignes aux soldats: ne jamais tomber prisonnier et se liquider si besoin pour éviter à la communauté de porter le poids trop lourd d’un échange de terroristes!

Utilisant l’opportunité créée par ce désordre, le ‘Hesbollah s’est alors manifesté au Nord en enlevant des soldats et provoquant un embrasement de la région. Là encore, le bombardement de toute la région Nord du pays, est la preuve de la folie de nos dirigeants qui avaient demandé à l’armée de fuir le Sud Liban. Ils ont en fait mis tout le Nord du pays en danger de mort!

Que ce serait-il passé si le nouveau gouvernement avait mis à exécution son funeste projet d’évacuer de force d’autres Yichouvim du centre du pays? Ce serait toute la population du pays qui serait alors descendue dans les abris!

Et pourtant les mises en garde n’ont pas manqué toutes ces années. Il n’est pas bien sûr nécessaire de rappeler celles du Rabbi de Loubavitch qui avait prévenu à l’occasion de l’abandon du Sinaï, du danger que toute la population du pays allait courir face à des ennemis qui récupèreraient par la diplomatie ce qu’ils n’auraient jamais récupéré par la guerre. Mais cela n’a servi a rien, nous avons commis cette terrible erreur, nous avons rendu le Sinaï et évacué des Juifs de leur terre. Il est dommage que l’artisan de cette destruction soit à l’heure actuelle réduit au stade de “végétal”, en coma dépassé, sa Neshama errant sans trouver non plus le repos! Ceci est compréhensible car ses victimes, les expulsés n’ont pas non plus trouvé le repos après un an d’enfer (non pas uniquement à cause des raids de notre aviation dont les sites d’envol sont à proximité des points de peuplement des expulsés Mais surtout parce que malgré tout ce que l’on a pu raconter sur leur sort, leur situation n’est pas reluisante, loin s’en faut!

Il y a tout d’abord ceux qui étaient encore sur le bord de la route il y a quelques jours au carrefour de Yad Mordekhai. Il était toujours sympathique de voir les familles d’expulsés de Nissanim et d’Alei Sinaï camper dans des tentes au bord de la route menant à Ashkelon: quoi de plus formateur qu’un réel retour à la nature. Après un an de camping, il semble qu’ils aient préféré se reloger ailleurs. Il y a par ailleurs encore des familles dans les hôtels, ces petits “chanceux” qui deviennent littéralement fous de moisir avec leurs familles à Jérusalem et dont les “éventuelles indemnités” partent en fumée dans la pension qu’ils devront payer pour ce séjour quelque peu prolongé !

J’ai ainsi parlé, il y a quelques heures, avec ceux qui ont moisi dans les hôtels de Jérusalem durant un an ;

Ils m’ont expliqué comment les services gouvernementaux les ont mené en bateau semaine après semaine, leur promettant de leur donner une caravane préfabriquée. Il semble que la raison pour laquelle leur situation devrait s’améliorer est le besoin de place dans les hôtels pour ceux qui fuient les bombardements du Nord du pays !

Il y a ensuite les chanceux, ceux qui sont dans les préfabriqués de Nitsan, Ein Tsourim, Yad Binyamin, Shomria, Amatsia ou Shakef. La situation diffère pour ces populations : les trois premiers points ceux de Nitsan, Ein Tsourim et Amatsia incluent de grandes populations d’expulsés. Ils ont donc un poids important au niveau politique et peuvent espérer un vrai développement d’ici quelques années. Mais les trois autres, Shomria, Amatsia et Shakef sont situés juste en face de la ligne de démarcation avec les Palestiniens, (ils sont à portée de tir). Les services gouvernementaux ne semblent pas très pressés de les aider (tout ceci après les avoir laissé croupir durant 7 mois dans le « bidonville » de Ir Haémouna !

Il n’est pas besoin d’évoquer toutes les difficultés rencontrées par ceux qui se sont remis au travail. Ils ont recommencé à zéro dans des difficultés financières énormes et sans avoir touché toutes les indemnités qui leur sont dues par la loi. Il est probable que la catastrophe économique engendrée par la guerre dans le Nord, va encore ralentir le dédommagement des expulsés.

C’est donc un triste anniversaire que nous allons fêter ces jours-ci. Que D. nous envoie au plus vite la Délivrance véritable et complète qui nous permettra de revenir d’où nous sommes partis et transformera toutes ces périodes en jours de joie pour l’éternité.

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