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Monsieur Raymond Devos a donc tiré sa révérence et nous laisse orphelins de « bons mots » . Je me suis même demandé à un certain moment s’il ne nous faisait pas une de ses farces et ne nous jouait pas la comédie, ce dont il avait le secret. Les dramatiques événements (deux militaires de Tsahal tués, un autre enlevé et plusieurs autres blessés) de dimanche matin à Kerem Chalom, tout près de la frontière avec partie sud de la bande de Gaza, me font penser à ce qu’il disait: «Il parait que quand on prête l’oreille, on entend mieux. C’est faux! Il m’est arrivé de prêter l’oreille à un sourd. Il n’entendait pas mieux». et « On a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort ». Toutes les mises en garde contre l’expulsion des Israéliens des villages de la bande de Gaza, expulsion pudiquement appelée désengagement, n’ont pas été entendues. Ceux qui avait pris cette décision et ceux qui l’ont approuvée, moyennant de substentiels avantages, ont fait la sourde oreille et ont évoqu é toutes les bonnes raisons de croire, et nous faire croire, qu’ils n’avaient pas tort.
Certes le monde entier accueillit favorablement cette décision et Monsieur Sharon, à qui je souhaite sincèrement une refoua chelema, fut ovationn é à la tribune des Nation Unies. Mais plaire aux Gentils ne fut jamais bon pour les Juifs. Le moment d’euphorie passé, où pass é s sont le monde entier et les Nations Unis lorsque plusieurs centaines de missiles tombent sur le territoire israélien? Lorsque des terroristes franchissent ou tentent de franchir la frontière pour entrer en Israël afin de commettre leur forfait? Lorsque des armes arrivent en grande quantité et illégalement dans la bande de Gaza via la frontière égyptienne ou par mer? Sans être prophète, tout cela était à prévoir et les mots de Monsieur Devos prennent tout leur relief. Pour en revenir à la disparition de ce grand humoriste, je me suis toujours plu à dire et à écrire que c’était un grand Monsieur et un grand comique sans vulgarité ni grossièreté à l’inverse de la majorité des comiques, et même de pratiquement tous, la palme revenant à Coluche et à un autre prétendu « humoriste » que la décence m’interdit de nommer ici. Sans vulgarité ni grossièreté comme le furent d’ailleurs Fernand Raynaud et Bourvil. Il est vrai que je suis vieux jeu, très vieux jeu même et ne tolère pas les deux «qualités» susmentionnées qui font rire tellement de gens!! « Rions de nous et pas des autres » se plaisait à dire Monsieur Devos. Dans certains cas, à travers des situations qui portaient à rire, il en décrivait des dramatiques.
Je crois me souvenir par exemple que pour son monologue «Les sens interdits», il déclara qu’il en eut l’idée en pensant au sort des persécutés en France pendant la seconde guerre mondiale: toutes les portes se fermaient devant ces pauvres gens qui ne savaient que faire et où aller. Pensaient-il aux Juifs? Ce n’est pas impossible et c’est même fort probable. Je crois me souvenir également qu’il l’écrivit en pensant aux Déportés dans les camps de concentration allemands, ces malheureuses gens devant lesquels toutes les portes s’étaient fermées, jusqu’aux portes des chambres à gaz qui elles aussi se fermaient……….mais dans l’autre sens! Je pense et espère surtout que la télévision française aura présenté des émissions spéciales à l’occasion de cet événement et aura laissé un peu de côté la désinformation ambiante sur Israël et les accusations contre ce pays. |