| | Chabbath Kora'h 5766 | 1er Juillet 2006 | Volume IV – Lettre 34 | | 5 Tamouz 5766 |
Pourquoi érige-t-on un érouv (clôture physique entourant un quartier ou une ville) ? Nous nous intéresserons pour commencer à un érouv entourant une surface limitée, avant d'étendre le concept à un domaine plus vaste. Dans un immeuble, l'escalier et le hall sont des propriétés privées, partagées par tous les habitants. D'après la Torah, il est permis de transporter un objet de son appartement vers le couloir de l'immeuble et de là, vers le logement d'un voisin, parce que l'on n'a pas traversé un domaine public. Cependant, Chlomo HaMéle'h (le Roi Salomon) décréta que si, cette pratique perdurait, les gens en viendraient à transporter un objet du domaine privé à un réchouth harabim (domaine public) et violer ainsi un interdit de la Torah. Pourquoi y aurait-il un risque d'erreur ? Il a craint que les gens ne confondent les parties communes d'un immeuble avec un domaine public, dans la mesure où elles sont utilisées par d'autres. Cette opinion a été approuvée par 'Hazal (nos Sages) et intégrée comme hala'ha (loi) dans le Choul'han Arou'h. 1 Existe t-il une façon de porter de et vers une partie commune ? En effet, c'est pourquoi le concept d'érouv 'hatzéroth (réunion de parties communes) a été établi. 'Hazal ont imaginé un moyen de réunir tous les domaines privés dans un domaine commun et de résoudre ainsi le problème. Cela s'effectue en recueillant du pain de tous les voisins d'un immeuble (ou de maisons entourant une cour) et en le déposant dans un des logements. On considère qu'une personne habite réellement à l'endroit où se trouve son repas et ainsi, chacun partage l'immeuble et en particulier les parties communes qui lui sont attachées. On a ainsi créé un domaine privé unique dans lequel vivent de nombreuses personnes, mais qui n'a rien à voir avec un domaine public. 2 Les différents habitants peuvent transporter un objet dans les parties communes de l'immeuble qui ne peuvent être comparées à un domaine public. Erouv signifie réunion ou mélange et 'Hazal ont imaginé une façon de réunir plusieurs domaines privés en un domaine unique. Peut-on transposer cela à l'échelle d'un quartier par exemple ? Oui, c'est possible, bien que ce soit beaucoup plus complexe. La raison principale en est qu'une cour commune ou un escalier d'immeuble est déjà entouré de murs et de barrières qui lui octroient le statut d'un réchouth haya'hid (domaine privé) , lui-même partagé entre des maisons privées et des appartements. Tout ce qui reste à faire est de réunir ces domaines privés en partageant du pain et le plaçant dans une des maisons. Des domaines plus vastes peuvent ne pas être entourés ou limités par des murs et ainsi, la première et principale chose à faire est de créer un domaine privé en érigeant des murs. C'est la partie la plus complexe. Cette zone peut être limitée par des murs, des barrières et par un tsourath hapéta'h (forme de porte) . Un tsourath hapéta'h est constitué de deux montants et d'un "linteau" perpendiculaire, placé au-dessus. Ce "linteau" peut être un fil, une corde, un morceau de bois ou quoi que ce soit qui puisse relier un montant à l'autre. Il n'est pas nécessaire que ce "linteau" touche les deux montants, mais il suffit qu'il soit perpendiculaire et au-dessus. Les hala'hoth concernant le tsourath hapéta'h sont très complexes et nous n'essayerons pas de les développer dans le cadre trop restreint de ces Lettres. L'idée est d'entourer un quartier ou une ville, à l'aide des barrières et des murs existants en les complétant par un tsourath hapéta'h. Il est évidemment difficile d'entourer un grand secteur avec un simple tsourath hapéta'h, mais il est possible de placer un certain nombre de poteaux à une certaine distance l'un de l'autre et de les relier 2 par 2. Peut-on utiliser cette méthode pour entourer une ville ? En principe, oui, mais il est très important de noter qu'un secteur défini comme réchouth harabim deoraitha (domaine public au sens de la Torah) ne peut pas être uniquement entouré d'un tsourath hapéta'h et il est nécessaire de fermer ses entrées par des portes. Plusieurs facteurs complexes, que nous ne détaillerons pas, entrent dans la définition d'un réchouth harabim. Une ville définie comme carmelith, un réchouth harabim derabanan peut par contre être entourée d'un tsourath hapéta'h sans qu'il ne soit nécessaire d'y placer des portes aux entrées. La présence de non-juifs dans le quartier pose-t-il un problème ? La présence de non-juifs empêche pour différentes raisons la mise en œuvre d'un érouv et 'Hazal ont expliqué qu'il fallait "louer" la propriété des non-juifs. Cela est possible au niveau d'un immeuble, mais pas d'un quartier important où habitent des centaines de non-juifs. Dans ces cas là, on remplace le bail classique par une location auprès d'autorités locales ayant le pouvoir de pénétrer dans les demeures privées. Quelle est l'étape suivante ? Entourer une zone la transforme en domaine privé, mais il n'est pas encore possible d'y transporter un objet parce qu'il est divisé en plusieurs domaines privés. L'étape suivante consiste donc à faire partager du pain par tous les résidents et remplir les mêmes conditions que pour le érouv 'hatzéroth mentionné plus haut. Ce partage est appelé chitouf mevooth (association des voies) parce qu'ici, nous réunissons des quartiers et pas seulement des maisons autour d'une cour. 3 On utilise généralement des matsoth qui se conservent longtemps sans s'abîmer et qui sont généralement déposées dans une schul (synagogue) . En résumé : · Une zone doit être entourée et fermée, ce qui est principalement réalisé avec un tsourath hapéta'h. · Les résidences des non-juifs doivent être louées individuellement ou globalement aux autorités locales. · Le pain (ou les matsoth) doit être apporté (ou attribué) par tous les habitants. Il est en général placé à la schul locale. [1] Siman 366:1 [2] Voir Siman 366:1 & le Michna Beroura | [3] Des maisons conduisent à une cour commune. Les cours s'ouvrent sur une voie publique ou sur la rue. Ainsi les voies sont incluses dans une entité unique |
Sujets de réflexion Quelles sont les raisons de toutes ces discussions autour de la mise en place d'un érouv ? Y a-t il une distance limite à ne pas dépasser quand on marche le Chabbath ? Est-il possible d'augmenter cette distance ? Comment se conduire quand on est dans le désert et que l'on ne sait pas quand débute le Chabbath ? Réponses la semaine prochaine Un mot sur la paracha Kora'h Moché Rabbénou (Moïse) se tourna vers Kora'h et lui dit :"Il ne te suffit pas que le D. d'Israël vous ait séparés de la communauté d'Israël ?". Moché utilisa le mot haméath טעמה qui peut aussi signifier humble et modeste. Le Radomsker Rebbe dans Tiféreth Chlomo explique que Moché Rabbénou montra à Kora'h comment l'intimité des Bené Lévi auprès de Hachem résultait de leur humilité. S'abaisser devant Hachem est la meilleure méthode pour se préparer à la téfila (la prière) et plus une personne est humble, plus sa téfila est efficace. La Torah et les Néviiim (les prophètes) nous enseignent de nombreux cas où Hachem réside avec le bon et le humble חור לפשו אכד תא ןכושה La raison pour laquelle Hachem a choisi Sa nation est dans la phrase "vous êtes la plus petite des nations", dans laquelle nous retrouvons le mot טעמ qui pourrait aussi signifier que "vous vous rendez humbles". Ainsi quand vous demandez à vous élever, vous ne vous rapprochez pas directement de Hachem, vous augmentez, au contraire, la distance qui vous sépare de Lui. A la mémoire de Naomi – Esther CHOUKROUN Bath Ra'hel ABISROR (7 Tamouz 5757) |