Traduction Bernard Brajzblat sous le contrôle du Rav A.Sénior de Créteil
Chabbath Behahalote'ha
5766
17 Juin 2006
Volume IV – Lettre 32
21 Sivan 5766
Hil'hoth Chabbath
Peut-on porter des gants et des cache oreilles ?
D'après ce que nous avons appris précédemment, cela ne devrait pas poser de problème parce qu'ils sont portés sur le corps et que ce sont des vêtements.
En réalité, le Choul'han Arou'h1 cite un premier avis qui permet de porter des gants le Chabbath. Il poursuit avec un avis contraire qui l'interdit parce que, si l'on a besoin de ses mains pour une raison quelconque (avez-vous essayé de vous gratter l'oreille avec des gants ?), on enlèvera les gants et on les transportera. 2 Selon cet avis, il serait toutefois permis de porter des gants attachés ou cousus au manteau. 3 Le Michna Beroura4 en conclut qu'il ne faut pas empêcher quelqu'un de mettre des gants, mais qu'un baalnefech (une personne consciencieuse) devra être rigoureux.
Peut-on porter des lentilles de contact s'il n'y a pas de érouv ?
Celui qui est habitué au port de lentilles de contact peut également les porter dans un réchouthharabim (domaine public) le Chabbath. Le problème se pose pour une personne non habituée à les porter pendant de longues périodes et qui aura tendance à les enlever en cas de gêne. On peut craindre qu'une telle personne en arrive à les porter dans la rue. 5
Peut-on porter des bandages ou des plâtres ?
Les bandages et les plâtres sont considérés comme des vêtements parce qu'ils servent le corps. Les sparadraps et la gaze peuvent être portés pour la même raison.6 Par contre, on ne peut pas se servir d'une serviette ou d'un mouchoir en tissus pour maintenir la gaze parce que, du fait de leur valeur, ces objets ne peuvent pas être considérés comme négligeables par rapport au corps. On peut cependant les envelopper ou les attacher directement sur la blessure car ils font alors office de vêtements. La différence est que dans le premier cas, ils maintiennent la gaze et pas le corps, tandis que dans le dernier cas ils protègent directement la blessure, donc le corps, et sont alors assimilés à des vêtements.
On peut utiliser une écharpe (pour maintenir le bras) le Chabbath. 7
Peut-on pousser une personne handicapée dans un fauteuil roulant ?
C'est une question importante pour les gens qui veulent aller à la schul ou prendre leurs repas le Chabbath chez des parents et ne peuvent s'y rendre seuls.
Nous ne pouvons pas considérer un fauteuil roulant comme un vêtement et il n'est pas directement lié à la personne. Par conséquent, pousser un invalide dans un fauteuil roulant dans un réchouthharabim s'apparente au transport et est donc interdit. 8 Un juif ne peut pas le faire davantage dans un endroit qui n'est pas un réchouthharabimmideoraitha comme un carmelith (un réchouthharabimderabanan, domaine public d'ordre rabbinique ) même pour une mitsvah comme aller à la schul.
Par contre, un non juif peut conduire un invalide dans un fauteuil roulant à la schul ou pour l'accomplissement d'une mitsvah, à condition de ne traverser qu'un réchouthharabimmidérabanan (un domaine public d'ordre rabbinique) , mais pas un réchouthharabimmideoraitha (un domaine public d'après la Torah) . Le raisonnement est basé sur le concept appelé "chvouth dichvouth bimkom mitsvah", c'est à dire que l'on peut demander à un non juif, ce qui est déjà en soi un issourderabanan (interdit d'ordre rabbinique) , de "transgresser" un autre issourderabanan qui, dans ce cas, est le transport dans un carmelith, pour l'accomplissement d'une mitsvah.
Il faudra demander à son Rav local si un non juif peut pousser un fauteuil roulant le Chabbath dans un réchouthharabim, car certaines communautés l'ont interdit pour éviter des risques d'erreur.
Peut-on utiliser une canne le Chabbath ?
Il semblerait étrange de voir quelqu'un marcher avec une canne le Chabbath car porter un bâton semble être l'exemple même de ce qui est interdit !
En fait, tout dépend de la personne. Celui qui est capable de marcher sans canne, même lentement et en boitant, ne pourra pas la prendre pour se faciliter le chemin et sera considéré comme portant dans un réchouthharabim.
Selon le Michna Beroura, 9 une personne âgée qui se déplace chez elle sans canne ne pourra pas en prendre une pour sortir, même si elle reste bloquée chez elle, à cause de cela.
Par contre, on peut considérer que la canne de celui qui ne peut se déplacer sans elle fait partie de son vêtement et qu'ainsi il ne transporte rien. 10
Nous pouvons appliquer le même principe aux béquilles qui ne pourront être utilisées dans un endroit non limité par un érouv que par des personnes qui ne peuvent pas se déplacer sans elles.
Peut-on utiliser une canne, en cas de verglas ?
En d'autres termes, peut-on comparer celui qui doit marcher sur de la glace ou sur une surface glissante avec celui qui ne peut pas marcher sans canne ? Selon le Taz, ces deux situations sont comparables puisque l'on appréhende de marcher sans canne dans les deux cas, mais le ElyaRabah, comme d'autres poskim (décisionnaires) sont d'un avis contraire et ne permettent d'utiliser une canne, en cas de verglas que dans un endroit entouré d'un érouv. 11Rav Chlomo Zalman Auerbach considère que celui qui est capable de marcher sans canne la porte quand il la prend pour sortir. Le Michna Beroura se prononce en faveur de l'avis du Elya Rabah et des autres poskim.
[1] Siman 301:37
[2] Voir le Michna Beroura Siman 301:138
[3] C'est également problématique, voir le BiourHala'ha ה"ד םרפתיש
Un allergique peut-il avoir sur lui la fiche décrivant ses allergies ?
Un homme important peut-il tenir une canne à pommeau d'argent ?
Un médecin peut-il porter un badge avec son nom s'il n'y a pas de érouv ?
Qu'en est-il des boutons de rechange cousus sur une chemise ?
Réponses la semaine prochaine
Un mot sur la paracha Behahalote'ha
"Et les Bené Israël (les enfants d'Israël) devaient imposer leurs mains sur les Léviim (descendants de la Tribu de Lévi qui avaient, dans le Temple et dans le Michkan, un statut particulier d'Assistants des Prêtres)". Cela semble étonnant dans la mesure où il est plutôt d'usage que le plus important place ses mains sur le moins distingué et dans ce cas, ce serait aux Léviim de placer leurs mains sur les Bené Israël.
Le ChemMiChmouel (Sochatchov) répond que les BenéIsraël se sont conduits avec les Léviim en usant de la middah de Ayin Tov (un œil bienveillant), en restant à l'écart pour permettre aux Léviim de se tenir autour du Michkan. D'après Rachi, c'est grâce à cela que les Bené Israël ont mérité d'être mentionné à cinq reprises dans le même passouk (verset). Le devoir des Léviim est d'élever les BenéIsraël, ce qui ne peut être fait que par AyinTova. Le AyinTova démontré par les Bené Israël , à ce moment là, les a élevés, d’une certaine manière, à un plus haut niveau que celui des Léviim et il revenait alors aux Bené Israël) d'imposer leurs mains sur les Léviim.
Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant : Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07 e-mail: site: www.deborah-guitel.com
Vous pouvez dédier une de nos lettres à la mémoire ou à l'attention d’un de vos proches
Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.
Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter mais déposer dans une Gueniza