Que se passe-t-il pour celui qui n'a pas entendu "boréh péri haguéfen" dans le Kiddouch?
Dans la Lettre précédente, nous avons mentionné que celui qui n'avait pas entendu la bra'ha"boréh péri haguéfen" ("qui a créé le fruit de la vigne") de la havdalah n'était pas tenu de répéter la havdalah. Le même principe s'applique au kiddouch. Celui qui a manqué "vaye'houlou" ou "boréh péri haguéfen" le vendredi soir, mais a entendu le reste du kiddouch est yotsé (quitte) de la mitsvah du kiddouch et seul celui qui veut goûter du vin devra réciter la bra'ha"boréh péri haguéfen".
Cependant, dans la mesure où nous avons la mitsvah de réciter "vaye'houlou" à trois reprises le vendredi soir, 3 celui qui n'a ni récité ni entendu "vaye'houlou" au début du kiddouch devra l e réciter en tenant une coupe de vin, même pendant le repas. 4
Quand doit-on renverser le vin de la havdalah ?
Nous avons mentionné que nous renversons du vin pendant la havdalah, d'après le dicton "le vin renversé est un signe de bra'ha (bénédiction) ". Ceci ne se fait que pendant la havdalah, mais ni au cours du kiddouch ni au cours du bentch (Birkathhamazone, actions de grâces après le repas) . La havdalah marque, en effet le début de la semaine pendant laquelle nous travaillerons dur pour gagner notre vie et nous voulons par conséquent "un bon signe" pour la commencer.
Il n'est pas convenable de renverser le vin entre la bra'ha et sa consommation, pour ne pas donner l'impression que l'on a récité une bra'ha sur quelque chose d'avarié. Certains ont l'habitude de renverser le vin pendant la bra'ha et d'autres après en avoir bu. Selon le Michna Beroura, 5 le mieux est de renverser du vin en remplissant la coupe. On s'efforcera toutefois de n'en renverser qu'une petite quantité pour éviter tout gaspillage inutile.
Pourquoi se regarder les doigts et les paumes après "boréh meoréi haéch" ?
On ne peut réciter la bra'ha "boréh meoréi haéch" ( qui a créé la flamme ) que si l'on est dans une situation où l'on pourra apprécier le feu ou la lumière. Selon la Guemara, dans le traité Bera'hoth 53b, il convient d'être assez proche de la flamme pour pouvoir différencier des pièces de monnaie de pays différents. 6
Pour vérifier que nous sommes assez proches du feu ou de la flamme, nous nous inspectons les ongles et les paumes pour vérifier que nous pouvons faire la différence entre les ongles et la chair (la paume), ce qui nous indique que nous sommes assez proches pour différencier l'origine des pièces de monnaie. 7
Une autre raison est que nous recherchons les signes de prospérité et de croissance pendant havdalah (pour la raison mentionnée plus haut) et les ongles qui poussent constamment en sont un parfait symbole. Nous nous scrutons aussi les paumes, marquées de signes de prospérité et de bonne fortune. 8
Comment se regarder les doigts et les paumes pendant la havdalah ?
La façon correcte consiste à plier quatre doigts dans la paume en recouvrant le pouce et de regarder simultanément les ongles et la paume. On allonge alors les doigts et on regarde les ongles par derrière. Nous évitons de regarder l'intérieur des doigts pendant cette opération. 9
Pour quelle raison plie-t-on son talith juste après la fin de Chabbath ?
Le Maharil pliait son tallith immédiatement après Chabbath pour commencer ses activités profanes par une mitsvah. 10 Il semble que, dans ce cas, la "mitsvah" consiste à se préoccuper d'objets de culte et que plier les tallitoth de la schul produirait le même effet.
Pour quelle raison consomme-t-on le mélavé malka ?
Le mélavé malka est un repas qui se prend après le Chabbath afin de raccompagner ce même Chabbath au moment de son départ. Même si l'on est rassasié par tous les repas du Chabbath, il est bon de se laver les mains et de consommer un kazayith (une petite quantité, environ 28 g) de pain. On rapporte que de nombreux rabbanim importants faisaient le maximum pour ne pas sauter le mélavé malka.
De nombreux concepts kabbalistiques sont associés au mélavé malka. On y apprend que le fameux os indestructible de chaque corps humain qui permettra à Hachem de le "reconstruire" au moment de t'hiyath hameitim (la résurrection des morts) 11 ne se nourrit que de ce repas.
Quand doit-on prendre le mélavé malka ?
Comme son nom l'indique, le mélavé malka escorte la reine Chabbath et par conséquent, il est bon de le prendre le plus tôt possible. Cependant, si l'on se sent incapable de prendre un repas supplémentaire aussitôt après Chabbath , on peut le retarder quelque peu en évitant de préférence de dépasser minuit en heures proportionnelles ou saisonnières (une heure proportionnelle est le 12ème du temps qui s'écoule entre le lever et le coucher du soleil, elle dure environ 1h légale en automne et au printemps, beaucoup moins en hiver et beaucoup plus en été) . Selon d'autres avi s, il convient le'hat'hila (a priori) de le prendre dans les 4 heures saisonnières qui suivent le coucher du soleil. 12
[1] Ces questions font suite à des demandes de précisions de certains lecteurs
[2] Chemirath Chabbath Kehil'hata 47:40
[3] Michna BerouraSiman 271:45 au nom du Rokéa'h qui cite le Midrach
[4] Michna Beroura ibid. Selon Rav Chlomo Zalman Auerbach, cité dans Chemirath Chabbath Kehil'hata 47, note de bas de page 148, il est aussi possible de le réciter sur des 'halloth.
[5] Michna BerouraSiman 196:5
[6] Siman 298:4
[7] Michna Beroura Siman 298:9
[8] Michna Beroura Siman 298:9
[9] Rama Siman 298:3 & Michna Beroura 10:11
[10] Michna BerouraSiman 298:40. Voir le Chemirath Chabbath Kehil'hata 63 note de bas de page 30, qu'il ne faut pas laisser aux autres le soin de plier son talith
[11] Voir le Kaf Ha'haïmSiman 300:1-2
[12] Voir le Kaf Ha'haïmSiman 300:14
Sujets de réflexion
Que doit-on consommer au mélavé malka ?
Doit-on dresser une table comparable à celle du Chabbath ?
Y a-t-il des règles particulières quant au moment où l'on doit retirer ses vêtements du Chabbath ?
Peut-on courir le Chabbath ?
Réponses la semaine prochaine
Un mot sur la paracha Behar Be'houkotaï
Hachem interdit aux Bené Israël de vendre définitivement la terre parce que (Vayikra Lévitique 25:23): "vous êtes 'des voyageurs et des résidents' pour Moi". Le Torath Cohanim explique que : "Si vous voyagez avec Hachem dans ce monde, vous serez des résidents avec Hachem dans le monde futur, mais si au contraire, vous êtes des résidents dans ce monde, vous ne serez que des voyageurs dans l'autre monde".
Selon le 'Hafets 'Haïm, certains pensent qu'ils sont ici-bas éternellement et c'est pourquoi ils s'attachent aux plaisirs et aux séductions de ce monde. Ces gens ont beaucoup de mal à se détacher du monde matériel et ne peuvent pas imaginer qu'ils n'y sont que de passage. Par contre, ceux qui comprennent qu'ils ne sont que dans l'antichambre qui mène au monde futur sont destinés à devenir les résidents de ce monde à venir.
Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant: Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07 e-mail: Site: www.deborah-guitel.com
Vous pouvez dédier une de nos lettres à la mémoire d’un de vos proches ou pour célébrer un évènement.
Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.
Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter mais déposer dans une Gueniza