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Ecrit par Harav Dovid Ostroff Chelita   

Chabbath Emor

Pessa'h Cheni 5766

13 Mai 2006

Volume IV – Lettre 27

15 Iyar 5766

Hil'hoth Chabbath

Une femme peut-elle réciter la bra'ha sur la bougie de havdalah ?

Nous avons appris dans la Lettre précédente que les femmes sont tenues d'écouter la havdalah. 1 Le'hat'hila (a priori) , elles devraient l'écouter, récitée par un homme et non par elles-mêmes, sauf en cas d'impossibilité. 2

Lorsque ce cas se présente, elles peuvent, selon le Maguen Avraham, réciter la bra'ha (bénédiction) sur le vin et sur les épices, dans la mesure où ce sont des bir’hoth hanehenin (bénédictions récitées avant de profiter d’un objet) . 3 La bra'ha récitée sur le feu ( "boréh meoréh haéch" ), n’est pas mentionnée parce qu’il ne s’agit pas d’une birkath hanehenin , mais plutôt d’une louange adressée à Hachem pour avoir créé Adam Harichon ( Adam le 1er homme ) avec la sagesse nécessaire à la découverte du feu à partir du silex. 4

En conséquence, puisqu'il existe un doute, il est préférable qu'elles n'incluent pas la bra'ha sur le feu dans la havdalah.5 Selon certains poskim (décisionnaires) , elles pourraient pourtant la réciter mais après avoir goûté le vin. 6

Que peut-on boire ou manger avant havdalah?

Il est interdit de manger ou de boire, sauf de l'eau, avant la havdalah . 7 Les femmes sont également tenues de respecter cet interdit. 8

A partir de quel moment est-ce interdit ?

Il est préférable de ne pas consommer d'aliments ou de boissons, depuis le coucher du soleil (chkiah) jusqu'après la havdalah récitée sur du jus de raisin ou du vin. Bien que la havdalah ait déjà été dite dans le chemoné esré, l'interdiction de manger ou de boire quoi que ce soit, sauf de l'eau, demeure.

Cela signifie que si on a commencé à boire ou à manger avant la chkiah , il faut s'arrêter au moment de la chkiah , sauf si l'on consomme du pain. 9 Les gâteaux et les autres aliments à base de grain ne devraient pas non plus être consommés après la chkiah. 10

Doit-on répéter le chemoné esré si l'on a omis le paragraphe concernant havdalah ?

Si l'on a omis le paragraphe de la havdalah dans le chemoné esré (18 bénédictions ou Amida , partie principale de chaque office) , il n'est pas nécessaire de le recommencer puisque la havdalah sur le vin doit être récitée par la suite. 11 Cependant, celui qui, ayant omis la havdalah dans le chemoné esré a mangé ou bu des boissons autres que l'eau, avant la havdalah sur le vin, devra répéter le chemoné esré. C'est une sorte de pénalité hala'hique pour cet oubli.

Il faut noter que celui qui a oublié de mentionner la havdalah dans le chemoné esré ne peut accomplir aucune mela'ha (travail interdit le chabbath) avant d'avoir récité la havdalah sur le vin ou la formule "barou'h hamavdil bein kodech le'hol" ("béni soit celui qui sépare le sacré du profane") . 12

La havdalah est-elle valable pour celui qui n'aurait pas entendu la bra'ha "boréh péri haguéfen"?

Celui qui rentre chez lui après que la bra'ha sur le vin, sur les épices ou sur le feu ait été récitée peut continuer à écouter la bra'ha de la havdalah ( "hamavdil bein kodech le'hol …") et il n'est pas nécessaire qu’il récite sa propre havdalah. Cependant, celui qui souhaite prendre du vin devra réciter "boréh péri haguéfen" . Il devra malgré tout réciter les bera'hoth sur les épices et sur le feu. En conséquence, les psoukim (versets) récités au début de la havdalah ne sont pas nécessaires pour s'acquitter de la mitsvah de la havdalah .

Peut-on parler après la bra'ha ?

La personne récitant la havdalah ne doit pas parler avant d'avoir bu une "pleine joue" de vin. Les hala'hoth qui s'appliquent dans ce cas sont très complexes et il faut vraiment être attentif à ne pas parler. Les membres de la famille ou les invités qui écoutent la havdalah ne doivent pas davantage parler avant qu'une pleine joue de vin ait été consommée et doivent donc attendre avant de se souhaiter mutuellement "guit vo'h" ou "chavouah tov" (bonne semaine) S'ils ont parlé, ils sont tenus de répéter la havdalah . 13

Pour quelle raison, certains éteignent-ils la bougie avec le vin de la havdalah ?

La raison de cette tradition est de montrer que la bougie a été allumée pour la mitsvah de havdalah , pour réciter la bra'ha 14 et elle doit donc être éteinte juste après. Si on a récité la bra'ha sur une bougie en cours d'utilisation, il ne sera pas nécessaire de l'éteindre.

On renverse du vin pour appliquer le dicton : "le vin renversé est un signe de bra'ha". Certains ont la tradition de faire déborder la coupe de vin et utilisent ce vin pour éteindre la bougie, alors que d'autres versent du vin à partir de la coupe après en avoir bu. 15 Il ne convient pas de verser du vin de la coupe après la bra'ha avant d'en avoir bu parce que cela pourrait laisser penser que l'on a récité une bra'ha 16 sur quelque chose de mauvais.

[1] Siman 296:8

[2] Voir la Lettre précédente

[3] Cité dans le Biour Hala'ha siman 296:8 אל ה"ד

[4] Selon le Biour Hala'ha, s'il s'était agi d'une birkath hanehenin, on aurait été tenu de la réciter en voyant le feu

[5] Basé sur le Biour Hala'ha ibid

[6] Chemirath Chabbath Kehil'hata 61:24 et note de bas de page 69

[7] Siman 299:1

[8] Chemirath Chabbath Kehil'hata 59 et note de bas de page 33

[9] Chemirath Chabbath Kehil'hata 59:14

[10] Chemirath Chabbath Kehil'hata 59 et note de bas de page 47

[11] Siman 294:1

[12] Michna Beroura 294:3 Voir Lettre précédente au sujet d'une mela'ha avant "barou'h hamavdil"

[13] Chemirath Chabbath Kehil'hata 60:39. Voir aussi 48:1-7

[14] Choul'han Arou'h Harav siman 296:5

[15] Voir Chemirath Chabbath Kehil'hata 60 et note de bas de page 150

[16] Choul'han Arou'h Harav ibid

Sujets de réflexion

Que se passe-t-il pour celui qui n'a pas entendu "boréh péri haguéfen" dans le Kiddouch?

Pourquoi se regarder les doigts et les paumes après "boréh meoréi haéch" ?

Pour quelle raison, plie-t-on son talith juste après Chabbath ?

Quelle est la justification du mélavé malka ?

A quel moment doit-on prendre le mélavé malka ?

Réponses la semaine prochaine

Un mot sur la paracha Emor

Le passouk (verset) (Vayikra Lévitique 23:2) précise : "que vous les appellerez des jours saints car ce sont Mes solennités". Selon Sforno, Hachem veut nous indiquer par là que si nous sanctifions nos festivités et réunissons le peuple pour des raisons saintes où ils se réjouiront avec Hachem, alors ces festivités deviendront celles de Hachem. Par contre si on ne les consacre qu'à des plaisirs physiques et des activités futiles, ce ne seront pas alors les festivités de Hachem, mais uniquement les nôtres, qu'Il méprise. Rav Sternbuch chlita remarque que 'Hol HaMoed (jour de demi-fête) est appelé "mikra kodech" (sainte convocation) comme le Yom Tov (jour de fête) lui-même et comme tel, il doit aussi mériter un degré de sainteté pour être digne d'être appelé "festivité de Hachem".

A la mémoire de Chalma ATTAL (13 Iyar 5761)

Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant:

Association Deborah-Guitel: 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07.
E-mail: Site: www.deborah-guitel.com

Vous pouvez dédier une de nos lettres à la mémoire ou à l'attention ou en l'honneur d’un de vos proches

Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.

Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter, mais déposer dans une Gueniza

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