Traduction Bernard Brajzblat sous le contrôle du Rav A.Sénior de Créteil
A'haré Moth - Kedochim
5766
6 Mai 2006
Volume IV – Lettre 26
8 Iyar 5766
Hil'hoth Chabbath
Peut-on accomplir une mela'ha avant d'avoir récité la havdalah ?
Selon le Me'haber , 1 il n'est pas permis d'accomplir de mela'ha (travail interdit le Chabbath ) avant d'avoir récité la havdalah et selon certains poskim (décisionnaires) ,2 cela concerne également les interdits d'ordre rabbinique. En conséquence, après la fin de Chabbath et bien qu'il fasse nuit, toute mela'ha est prohibée avant havdalah .
Pourtant, nombreux sont ceux qui conduisent ou allument la lumière avant havdalah ?
C'est une bonne remarque. Havdalah ne signifie pas nécessairement la havdalah que l'on récite sur le vin après l'office de maariv . 3 La havdalah peut prendre trois formes :
1) La havdalah récitée pendant le chemoné esré (18 bénédictions ou Amida , partie principale de chaque office) de maariv par l'insertion d'un paragraphe spécial dans " atah 'honen ".
2) La récitation de la phrase " barou'h hamavdil bein kodech le'hol ".
3) La havdalah récitée sur le vin.
Selon le Rama , 4 il convient d'enseigner aux femmes (ou même à certains hommes) qui ne récitent pas l'office de maariv , de dire la phrase " barou'h hamavdil bein kodech le'hol " (Béni soit celui qui différencie le saint du profane) avant d'accomplir une mela'ha quelconque après Chabbath .
Toutefois, la procédure correcte consiste à ajouter le paragraphe de havdalah dans le chemoné esré et de réciter ensuite la havdalah sur le vin.
Peut-on accomplir une mela'ha après avoir récité la phrase "barou'h hamavdil…" ?
La tradition le permet. Cependant, selon le Chaar Hatsioun , 5 il ne convient pas d'accomplir de mela'ha pénible, même après avoir ajouté havdalah dans le chemoné esré , tant que l'on n'a pas récité la havdalah sur le vin. Cela signifie que l'on peut allumer une lumière, accomplir une mela'ha simple après avoir prononcé la phrase " barou'h hamavdil … " mais qu'il ne convient pas de s'engager dans des mela'hoth telles que cuisiner, allumer un feu de cheminée, etc….
Comment la phrase "barou'h hamavdil …" peut-elle s'appliquer à certaines mela'hoth mais pas à d'autres ?
La havdalah est récitée après Chabbath pour différencier ( lehavdil ) le Chabbath des activités des jours ouvrables et 'Hazal ( nos Sages ) nous ont indiqué par quelle bra'ha marquer ce changement. Ils nous ont appris que, bien que l'on puisse accomplir certaines mela'hoth de base, après avoir récité la havdalah minimale ( barou'h hamavdil … ), on ne peut pas se comporter comme un jour ouvrable tant que la véritable havdalah n'a pas été récitée. En fait, 'Hazal nous indiquent comment nous comporter à chaque étape.
La mitsvah de havdalah vient-elle de la Torah ou est-elle d'ordre rabbinique ?
Selon le Rambam (29:1) et plusieurs autres Richonim , les mitsvoth du kiddouch et de la havdalah viennent de la Torah , alors que d'autres pensent qu'elles sont d'origine rabbinique. 6 Toutefois, tout le monde s'accorde à penser que, si l'on a déjà rajouté le paragraphe de la havdalah dans le chemoné esré , l'obligation de réciter la havdalah sur le vin n'est que derabanan ( d'origine rabbinique ). 7
Les femmes sont-elles tenues d'écouter la havdalah ?
Le Choul'han Arou'h 8 cite deux avi s à ce sujet, mais l'opinion qui prédomine est que les femmes doivent écouter la havdalah 9. Toutefois, dans la mesure où, selon certains avi s, les femmes ne sont pas tenues de la réciter, il est souhaitable qu'elles l'entendent récitée par un homme (un voisin etc). Cependant, si une femme n'a pas cette possibilité, elle doit alors réciter elle-même la havdalah et goûter la quantité minimale de vin ou de jus de raisin. 10 Si les hommes ont déjà récité la havdalah , ils n'ont pas à la répéter spécialement pour les femmes (à moins que des garçons qui n'ont pas entendu la havdalah ne soient présents) car elles sont en mesure de le faire elles-mêmes. 11 Cependant, si elles sont dans l'impossibilité de la réciter, un homme pourra le faire pour elles, même s'il a déjà récité la havdalah .
Doit-on répéter le birkath hamazone, si on a oublié le paragraphe "retsé" ?
Nous différencions dans ce cas, les deux premiers repas de la séouda chlichith (3ème repas) . Si " retsé ", le paragraphe supplémentaire du Chabbath dans le birkath hamazone (ou bentch , actions de grâces après le repas ) a été omis à la suite d'un des deux premiers repas du Chabbath , il convient alors de répéter le bentch , ce qui ne sera pas nécessaire après la séouda chlichith .
Toutefois, cela dépend également de l'endroit du bentch où l'on s'est rendu compte de son erreur. Si l'on a commencé le paragraphe " Ouvnéi Yerouchalaïm " (ou Vetivné pour les sefardim ), il faut retourner à "retsé" et recommencer ensuite le paragraphe "Ouvnéi" ou "Vetivné" . Si on a juste commencé la bra'ha suivante (jusqu'au Nom de Hachem inclus), il faut la compléter par "lamedeini 'houke'ha" , retourner à "retsé" puis recommencer "Ouvnéi Yerouchalaïm" . Si on a déjà dit le 4ème mot "Barou'h atah Hachem Bonéh…" , on conclut la bra'ha et on insère une bra'ha spéciale qui se trouve dans certains siddourim (livre de prières) ou bentchs . Si on a déjà commencé la bra'ha suivante (la 4ème"hakhel avi nou" ), jusqu'au Nom de Hachem , il faut ajouter "lamedeini 'houke'ha" , insérer la bra'ha spéciale et reprendre la 4èmebra'ha . Enfin celui qui a déjà dit "hakhel avi nou" , lors des deux premiers repas devra répéter le bentch . 12
[1] Siman 299:10
[2] Voir le Michna Beroura Siman 299:32
[3] Voir le Me'haber correspondant
[4] Siman 299:10
[5] Siman 299:51
[6] Voir le Chaar Hatsioun Siman 296:1
[7] Michna Beroura Siman 296:1
[8] Siman 266:8
[9] Voir le Chemirath Chabbath Kehil'hata 58 note de bas de page 62 citant le Choul'han Arou'h HaRav . Selon le Me'haber aussi, cette opinion est considérée comme stam
[10] D'après le Michna Beroura Siman 296:35
[11] Michna Beroura Siman 296:36
[12] Basé sur le Chemirath Chabbath Kehil'hata 57:1-7 qui cite le 'Hayé Adam . Certains ne sont pas d'accord et pensent que celui qui a commencé" barou'h "de la 4èmebra'ha doit recommencer le " bentch ", il semble que la hala'ha soit conforme à l'opinion ci-dessus"
Sujets de réflexion
Les femmes peuvent-elles réciter la bra'ha sur la lumière ?
Que peut-on manger ou boire avant la havdalah ?
Doit-on répéter le Chemoné Esré si l'on a omis le paragraphe de la havdalah ?
Pour quelle raison, certains éteignent-ils la bougie avec le vin de la havdalah ?
Réponses la semaine prochaine
Un mot sur la paracha Kedochim
Selon le Meche'h 'Ho'hma , la Yetsiath Mitsraïm (Sortie d'Egypte) est associée à trois mitsvoth : le respect des "poids et mesures", le port des tsitsith et l'interdiction de l'usure. Dans la paracha des tsitsith et de l'usure il dit: "Je suis Hachem Eloquim (D.) qui vous a sortis d'Egypte … pour être votre Eloquim " mais dans la paracha concernant les "poids et mesures" les mots "pour être votre Eloquim " sont omis.
L'explication en est que certaines mitsvoth comme l'usure et les tsitsith n'auraient pas été perçues, si Hachem ne nous les avaient pas ordonnées et ces mitsvoth sont d'essence Divine. Respecter ces mitsvoth marque l'acceptation de la volonté de Hachem . Par contre, ne pas tromper son prochain avec les "poids et mesures" peut être suivi par l'homme même sans commandement de Hachem et on ne peut pas dire alors que cette mitsvah est respectée uniquement "pour être votre Eloquim " (parce que Hachem nous l'a ordonné).
A la mémoire de Grégory Gabriel HALFON (9 Iyar 5754)
Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant : Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07 e-mail: site: www.deborah-guitel.com
Vous pouvez dédier une de nos lettres à la mémoire ou à l'attention d’un de vos proches
Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.
Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter mais déposer dans une Gueniza