Kadima a obtenu 28 mandats. Chaque mandat est l‘équivalent de 24 000 voix. Ce qui revient à dire que Kadima a été élu avec 670 000 voix sur 5 millions d’électeurs potentiels (donc, à peine 14% d’entre eux ont voté Kadima) Parmi eux, 4% d’Arabes israéliens et 1% de non-juifs. On peut envelopper les 9% qui restent avec de belles paroles, mais en fait, le parti qui a gagné ces élections est bien celui des non-votants, qui représente 37% des voix, contre les 14% de Kadima.
Parmi ceux qui ont le droit de vote, les Juifs sont 83% et les Arabes 13% et les immigrants et leurs familles qui ne sont pas inscrits en tant que Juifs au ministère de l’Intérieur, représentent 4% des électeurs potentiels qui résident en Israël. En d’autres termes, si la démocratie est une méthode de pouvoir selon laquelle c’est la majorité qui décide, la majorité de l’Etat d’Israël a fixé qu’il ne décide pas. Et ceux qui vont diriger l’Etat, sont ces 9% de Juifs, qui avec leurs 4% de collègues arabes israéliens et le 1% de non-juifs, vont décider de l’avenir de l’Etat d’Israël, s’il lui reste une chance d’en avoir un. Bref, le plus grand parti de ces élections est celui des non-votants, avec le pourcentage extraordinaire de 37% !!! (3 fois plus que celui de Kadima) Ces faits ne défavorisent pas seulement Kadima, il n’est pas non plus très flatteur pour les autres partis, dont les programmes n’étaient pas meilleurs. Mais nous ferions bien de nous rappeler ces éléments, dans le cas où l’on nous dirait un de ces jours que «c’est la majorité qui décide» ou que «l’Etat d’Israël est une démocratie» Quoi qu’il en soit, la majorité de l’Etat d’Israël a montré qu’elle ne s’intéresse pas du tout à son avenir. En psychiatrie, cela porte un nom… Les commentateurs pensent que ce phénomène est un drapeau noir. Je pense que c’est au contraire un drapeau blanc. Reste à savoir si les vainqueurs respecteront la Charte de Genève et si ceux qui ont abdiqué seront considérés comme il se doit... |