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Ecrit par Harav Dovid Ostroff Chelita   

Hil'hoth Chabbath

Les participants ont-ils la mitsvah de goûter le Kiddouch du samedi matin (kiddoucha rabba)?

Le Rav de Brisk est connu pour avoir déclaré que tous les participants doivent goûter le vin du Kiddouch du samedi matin. Selon son raisonnement, boire le vin du Kiddouch démontre l'importance que l'on accorde au repas du samedi midi et donc, tous les participants se doivent d'agir ainsi. 1

Cependant, Rav Chlomo Zalman Auerbach note que la plupart des avis sont indulgents à ce sujet et il en conclut qu'il n'est pas nécessaire que tous les participants goûtent le vin. Rav Sternbuch ajoute toutefois que, bien que ce ne soit pas essentiel, c'est une mitsvah de le faire quand c'est possible.

Peut-on remplacer le pain par des fruits ou des gâteaux (la veille de Pessa'h) ?

C'est une mitsvah d'avoir deux pains (le'hem michné) à chacun des trois repas du Chabbath 2. De plus, celui qui participe à plus de trois repas le Chabbath a également la mitsvah d'avoir deux pains entiers à chaque repas. Autrement dit, la mitsvah du le'hem michné n'est pas limitée aux trois premiers repas. 3

S'il est difficile d'obtenir deux pains entiers pour le 3ème repas, il convient d'en avoir au moins un entier.

Les fruits ne peuvent pas remplacer le pain ou les mezonoth (voir définition ci-dessous) pour les deux premiers repas du Chabbath. 4 Toutefois, une personne, malade et faible, qui ne peut attendre le pain ou les mezonoth pourra prendre un fruit (cuit si possible)5 comme repas après le Kiddouch , mais uniquement le samedi midi. 6

La Séouda Chlichith (le 3ème repas) est-elle différente des autres repas ?

La Séouda Chlichith diffère des autres repas de Chabbath , dans la mesure, où après avoir pris deux repas copieux, une personne pourrait ne plus vouloir prendre un repas complet supplémentai re. Les Richonim (décisionnaires ayant vécu entre 900 et 1400 environ) 7 ont émis divers avis sur la composition minimale de ce repas :

1) Deux pains entiers.

2) Un pain entier.

3) Mezonoth (aliments élaborés à partir d'une des 5 céréales : blé, orge, seigle, avoine et épeautre dont la consommation est précédée de la bra'ha "mezonoth") 8

4) De la viande, du poisson et les accompagnements tels que riz, pommes de terre …, à l'exclusion des fruits.

5) Des fruits .

Il faut toutefois éviter de s'appuyer sur les avis indulgents à moins que l'on ne soit vraiment rassasié et chacun devrait toujours se laver les mains et manger du pain à la Séouda Chlichith.

Quand la veille de Pessa'h tombe un Chabbath , comme on ne doit plus manger de pain après min'ha, on peut s'appuyer sur les avis qui permettent de ne consommer à ce repas que de la viande, du poisson et d'autres plats comme des pommes de terre etc,… 9 Quant à la consommation de matsah achira (matsah pétrie avec du jus de fruit) ou de kneidelé'h (boulettes à base de farine de matsah) la veille de Pessa'h, chacun consultera son Rav.

Doit-on réciter la bra'ha chéhakol sur une autre boisson prise après le Kiddouch du matin ?

Cette question n'est pas propre à Chabbath et se pose à chaque fois que l'on consomme du vin ou du jus de raisin : la bra'ha récitée sur du vin dispense-t-elle de la bra'ha "chéhakol" que l'on devrait réciter sur les autres boissons que l'on prend par la suite ?

En fait, la bra'ha récitée sur le vin ou le jus de raisin ("boréh péri hagafen" qui a créé le fruit de la vigne ) couvre toutes les boissons qui sont sur la table au moment où elle est récitée. 10 Selon certains décisionnaires, elle inclut également les boissons que l'on a l'intention de boire et qui ne sont pas sur la table à cet instant. 11

La raison en est que l'on considère le vin comme une boisson supérieure à toutes les autres boissons. Cependant, si l'on n'a pas goûté au vin du Kiddouch (récité par quelqu'un d'autre), avant de boire une autre boisson, on est tenu de réciter la bra'ha correspondante, car c'est la consommation "effective" du vin qui couvre les autres boissons.

Quelle quantité de vin doit-on boire pour inclure les autres boissons dans la bra'ha ?

Goûter quelques gouttes de vin ne suffit pas pour pouvoir "inclure" d'autres boissons, il faut en boire au moins une "pleine joue". Mais, si l'on n'a siroté que quelques gouttes de vin, on ne pourra pas davantage réciter la bra'ha "chéhakol" sur les autres boissons, dans la mesure où il existe un safek ( doute ) quant à savoir si la quantité de vin que l'on a bue était suffisante. Pour éviter ce problème, on récitera la bra'ha "chéhakol" sur un morceau de hareng, par exemple, ou on s'appuiera sur une bra'ha "chéhakol" récitée par quelqu'un d'autre, à condition d'avoir l'intention de se rendre yotsé ( quitte ) par son intermédiaire. 12

Résumé : celui qui boit une quantité suffisante de vin ou de jus de raisin ne doit pas réciter de bra'ha avant de prendre un café, un thé ou un Coke qui était sur la table ou qu'il avait l'intention de boire, au moment où il a récité la bra'ha (sur le vin). Il convient d'éviter de ne boire que quelques gouttes de vin si on a l'intention de prendre d'autres boissons, sauf si l'on consomme des aliments qui requièrent la bra'ha "chéhakol".

[1] Voir le Chemirath Chabbath Kehil'hata 50:9 & note de bas de page 17 tikounim oumilouim ibid

[2] Voir le Chemirath Chabbath Kehil'hata 55 & note de bas de page 1, si c'est une mitsvah mideoraitha ou midérabanan

[3] Rama dans Siman 291:4

[4] Siman 273:5

[5] Voir le Chemirath Chabbath Kehil'hata 54 & note de bas de page 86

[6] Michna Beroura 273:26 & Chemirath Chabbath Kehil'hata 54:24

[7] Voir le Beer Hagolah Siman 291:5

[8] Choul'han Arou'h HaRav Siman 291:7

[9] Choul'han Arou'h HaRav Siman 291:7 & Michna Beroura 291:25

[10] Siman 174:2

[11] Michna Beroura 174:3 cite le Choul'han Arou'h HaRav et le Rav M.Banet

[12] Biour Hala'ha Siman 174:2 "yayin"

Sujets de réflexion

Si on récite "al hagafen" après avoir bu du vin, doit-on dire "boréh nefachoth" pour les autres boissons ?

Comment tenir les 'halloth pour "le'hem michné" ?

Quel morceau de la 'halla doit-on manger après la bra'ha ?

Peut-on utiliser de la 'halla congelée pour "le'hem michné" ?

Réponses dans 2 semaines. PESSA'H CACHER & SAMEA'H

Un mot sur Erev Pessa'h (la veille de Pâque)

Il n'existe que deux Mitsvoth Asséh (commandements positifs) dont la non-exécution rend passible de la terrible peine de kareth (retranchement = mort venant du Ciel avant le terme prévu) : la Brith Mila et le Korban Pessa'h (sacrifice pascal).

Les Bené Israël ne méritaient pas d'être libérés d'Egypte et pour leur permettre d'acquérir ce mérite, Hachem leur a assigné ces deux mitsvoth (commandements) dont l'accomplissement nécessite un messirouth nefech (don de soi pouvant aller jusqu'à la mort). Ces deux mitsvoth étaient liées au sang et pouvaient entraîner la mort. Il y a en effet, toujours un petit risque d'accident fatal au moment de la circoncision, puisque le passouk (verset) םויה לכ ונגרוה ךילע ( nous mourons pour Toi, chaque jour) s'applique, d'après 'Hazal (nos Sages) à la Brith. De même, celui qui attachait un agneau aux barreaux de son lit prenait un risque mortel, puisque les égyptiens considéraient cet animal comme leur divinité.

Selon le Bené Issa'har, puisque ces deux mitsvoth ont constitué les bases de notre nation en formalisant la rédemption des individus, ceux qui ne les accomplissent pas nient le fondement même de leur vie. C'est pourquoi ils sont punis de kareth.

Puissions nous avoir le mérite d'apporter le Korban Pessa'h (dans le Temple reconstruit) dès cette année !

A la mémoire de Lydia 'Hanna NETTER Bath Edmond Hacohen (23 Nissan) & Jacques Yaacov Tsvi ben Méïr NETTER (26 Nissan)

Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant :
Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07
e-mail: site: www.deborah-guitel.com

Vous pouvez dédier une de nos lettres à la mémoire ou à l'attention d’un de vos proches

Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.

Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter mais déposer dans une Gueniza

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