Les conclusions de l'opération Jéricho Imprimer E-mail
Ecrit par Rav Dr Eliyahou Rahamim Zini   
Par le biais d'une opération militaire brillante, l'Etat d'Israël a mis la main le jour de Pourim sur les terroristes responsables de l'assassinat du ministre Rehavam Zeevi הי"ד. Un! e stupeur incommensurable a saisi journalistes et commentateurs qui n'ont pas réussi à comprendre comment dans une opération aussi délicate, aucun soldat ou policier n'ait été touché malgré le risque énorme qu'ils avaient endossé.
Comment un journaliste qu'un fossé infranchissable sépare de la moindre notion de croyance pourait-il comprendre qu'il s'agit d'un Mishloah' Manot que D. nous a envoyé pour Pourim. Nos Sages nous ont déjà précisé qu'il n'y a pas de mois plus adéquat pour résoudre avec réussite nos conflits avec nos ennemis, que le mois d'Adar. Le soutien divin, comme du temps d'Aman, n'a pas fait défaut.
Cette opération représente un double Kidoush Hashem (sanctification du nom divin): le premier, provenant de D., qui nous a signifié une fois de plus qu'il est là, toujours aux côtés de ses enfants, leur réalisant miracles et prodiges, lorsqu'Il le décide; et le second Kidoush Hashem, de la part des forces de sécurité qui, en ce jour même, rappel! ant la vengeance du Peuple Juif sur ses ennemis par le passé, ont réussi à nouveau à venger les crimes comme nous l'avions fait à Suse, le jour même de Pourim.
L'Etat d'Israël n'aurait pu avoir droit à un meilleur cadeau. Rappelons-nous que depuis près de quatorze ans déjà, les attentats suicide avaient fait du mois d'Adar consacré à la joie un cauchemar.
Mais cette joie à laquelle nous avons eu droit, a aussi une autre facette dont moralement nous ne pouvons faire abstraction : la réussite remarquable des forces de sécurité, la détermination de la décision, soulèvent deux questions sérieuses. La première, pourquoi une telle détermination sur le compte des forces de sécurité ne se fait jour qu'à la veille des élections? Et la seconde, bien plus grave, pourquoi durant les 14 dernières années, jamais une telle décision n'a été prise et pourquoi tous les gouvernements d'Israël ont laissé couler le sang de nos frères sans réaction adéquate?
L'opéra! tion Jéricho a prouvé qu'il existe un seul langage que nos ennemis comprennent parfaitement : le langage de la force résolue. Il est donc possible de briser ce terrorisme dont souffre l'Etat d'Israël, si seulement on voulait bien donner l'ordre de casser nos ennemis sans hésitation, sans crainte. Pourquoi ne s'est-on pas servi de cette force dont nous disposons aujourd'hui, grâce à D.? Pourquoi, alors que depuis des années, les terroristes bombardent Israël et les maisons de nos frères, Tsahal continue à donner l'ordre de riposter par des bombardements qui sont tenus de toucher des champs complètement vides afin de ne pas porter atteinte aux résidences des terroristes? D'où provient cet esprit retors et cette immoralité? Où prend sa source cette conception qui inonde ce pays depuis ce qu'on appelle les accords d'Oslo, esprit qui a amené pour la première fois dans l'histoire humaine un Etat à marquer une telle cruauté vis-à-vis de ses citoyens, a! fin de ne pas porter atteinte à des ennemis taxés d''innocents''? Quelle joie pour Voltaire!
La réponse relève des racines de la problématique culturelle dont souffre l'Etat d'Israël depuis sa création, et très vraisemblablement depuis même les préparations à cet Etat. Le 6ème Congrès sioniste, dans une attitude soulevant à peine la pitié, n'a-t-il pas hésité à déclarer: "Il n'existe aucun rapport entre sionisme et religion'', déclaration que le Rav Kook avait taxé "de déclaration idolâtre". Aux yeux de la direction politique laïque, des cercles universitaires, du système judiciaire laïc, de la plupart des hommes d'affaires de l'Etat d'Israël, un seul point importe: comment devenir partie intégrale du monde occidental, s'y insérer, et même se faire absorber par lui jusqu'à méconnaissance.
Nous assistons ici à un processus assimilationniste dans le plein sens du terme, mais cette fois à une échelle nationale. La direction politique aspire à une démo! cratie laïque dans la meilleure tradition du philosophe excommunié Spinoza, tout en faisant abstraction totale d'une contradiction interne insoluble, entre l'aspiration à l'indifférenciation entre citoyens et celle d'être un Etat Juif.  Seul un esprit retors est capable de prétendre à un Etat à majorité Juive et d'oser arguer qu'il peut continuer à être démocratique. Permettez-moi de laisser à une autre occasion un débat sur le problème de la démocratie dans le judaïsme, il est trop complexe pour cet article. J'affirmerai ici seulement que nous n'aspirons en aucune façon à une dictature théocratique ni vis-à-vis de nos frères, ni même vis-à-vis des minorités.
Le monde universitaire de son côté n'arrive pas à réfléchir en d'autres termes que ceux du monde hellénistique occidental et aborde tous les problèmes les plus délicats de la vie par le biais des instruments analytiques sans âme du monde scientifique occidental, moyens qui ont tous été extraits du monde matér! iel, et, avec ce scalpel cruel, il se permet d'analyser tous les problèmes de l'homme, de la famille de la société, de la nation, de l'âme, de la religion, de la foi, des sentiments et bien d'autres, comme sil sagissait d'un élément dénué de vie.
Quant au système judiciaire actuel, il ne reconnaît d'autre justice que celle reconnue comme telle dans le monde occidental et de par ce fait, porte atteinte à la défense de ce pays plus que tout autre facteur dans le monde et dans la région. Par ailleurs, aucune valeur Juive ou nationale n'a échappé à ces coups de hache, au point quelques fois, de mettre en danger nos soldats dans leurs opérations les plus délicates, toujours au nom d'une pseudo morale relevant du plus pur christianisme. Rappelons à nos lecteurs que pendant l'opération "Rempart" à Djénine, nos soldats avaient besoin de dix heures pour traverser à peine six mètres afin de ne pas porter atteinte à ces fameux ''innocents'', des ennemis qui d'un coup de b! aguette magique ont étés extirpés de ce ''peuple palestinien'' – au passage, que nous avons créé de toutes pièces – , décrétant qu'il n'y avait aucun rapport entre les assassins et leurs familles, leurs amis, leurs voisins, leurs supporters, en bref, tous les membres de leur ''peuple''!
Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous les reconnaissons comme peuple chaque fois qu'il s'agit de leur reconnaître un droit à une définition nationale, mais nous cessons de les reconnaître en tant que tel, dès qu'il s'agit de leur combat militaire terroriste! Hormis l'injustice flagrante d'un tel comportement, nous osons espérer que tout être doué de bon sens comprend qu'un soldat de Tsahal ne lutte pas tout seul, mais que derrière lui se dresse l'Etat et ses citoyens, tous ses frères Juifs. Pourquoi donc cette logique élémentaire disparaît-elle dès que nous parlons de nos ennemis? Il y a de surcroît dans cette attitude une volonté de brouiller des distinctions entre individus d! 'un même peuple et individus appartenant à un peuple hostile, brouillage dérivé de l'éducation occidentale chrétienne qui depuis ses plus profondes origines s'est refusée à laisser place à la moindre notion de nationalité, et en conséquence, à la moindre distinction entre individu et nation.
Mais pourquoi notre peuple qui aspire tellement à la vie tombe-il dans ce panneau et se refuse-t-il à utiliser le langage de la force, le seul que comprennent nos ennemis? Nous nous devons de déclarer que tout gouvernement refusant d'employer ces moyens pour défendre ses citoyens sera toujours à nos yeux immoral et cruel.
Où tant de personnes parmi nous puisent-elles cet aveuglement et cet esprit retors? Schopenhauer avait une réponde toute prête: "La haine de soi est la nationalité des Juifs''! De façon très posée, mais sans hésitation nous répondrons de notre part: dans le processus assimilationniste qui réside à la base des accords d'Oslo et qui tend à sécularise! r l'Etat d'Israël à tout prix. Un des principaux architectes de ces accords déclarait déjà en 93 que les paroles ‹‹"Voici un peuple qui résidera tout seul'' sont idiotes et déconnectées de la réalité››. Un autre, son maître à penser, ministre de nombreux gouvernements, osait ajouter avec une insolence infinie, dans une conférence à l'UNESCO: "Les temps ont changé. Nous ne vivons plus la continuation de ce que nous avons connu. Notre histoire était écrite à l'encre rouge, une histoire de guerres, de violences, et de haines. Peut être était-ce dû au fait que nous tirions notre subsistance de la terre et que nous nous querellions pour des religions". Oser affirmer que l'Etat d'Israël s'est battu pour des raisons de religion est non seulement une entorse impardonnable à toute droiture intellectuelle, mais elle est de surcroît une grave accusation, dangereuse au Moyen Orient, d'autant plus impardonnable que cette même personnalité, ne ce! sse voici 14 ans de crier que le conflit judéo-arabe n'est pas religieux!  Il est temps de prendre conscience que les architectes d'Oslo et leurs successeurs ne se battent pas contre le Grand Israël mais contre l'identité Juive de tout le peuple résidant à Sion.
Est-ce qu'après un tel diagnostic, un Juif doté d'un tant soit peu de crainte de D. peut-il se permettre de rester à la maison le jour des élections? Si, D. préserve, de par les dernières décisions insupportables du gouvernement d'Israël, il décide de rester chez lui, il se devra d'endosser la responsabilité des conséquences, surtout que le préposé au ministère de l'Education, maître à penser ces derniers temps d'un parti dont le seul objectif était une lutte contre la Torah, est un ennemi juré de l'identité Juive et plus encore de la religion. Toute personne aspirant à un Etat Juif, se doit d'élever sa voix non seulement en tant qu'obligation civique, mais avant tout en tant qu'obli! gation religieuse de première importance.
Rav Dr Eliyahou Rahamim Zini,
Rosh Yeshivat ‘Or Vishoua’, Haifa[1]
[1] . Les propos de cet article n’engagent que l’auteur.
En partenariat avec l'Enjeu.
jeudi 23 mars 2006
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