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Yefim Kortzki ne comprenait pas comment il était encore en vie. Une unité de commandos Golani composée de 24 half-tracks et de 3 tanks commençait l’ascension de Tel Faher lors de la bataille pour la libération du Golan. Ceux qui par chance étaient parvenus à s’approcher de l’objectif ont procédé à un bombardement et se sont battus comme des lions car ils étaient au grand jour et devaient affronter des forces bien supérieures aux leurs qui en plus étaient bien installées dans des tranchées. A la suite de cette bataille 14 citations et deux médailles ont été remises, mais il n’y eut que peu de survivants.
La chance de Yefim avait tourné à la fin de la guerre des six jours lorsqu’il avait sauté sur une mine avec sa jeep mitrailleuse. Il avait été grièvement blessé. Mais Yefim n’était pas du genre à se laisser aller ou à profiter. Malgré ses graves blessures il avait refusé toute aide de l’Etat disant ‘’ Le Pays ne me doit absolument rien ‘’. Il du rester hospitalisé pendant une année entière. Après sa libération, il s’est mis immédiatement au travail, fondant une merveilleuse famille et menant le combat quotidien de l’existence par ses propres moyens. Au fil des années les conséquences de ses blessures se firent sentir de plus en plus. Il est maintenant confiné à la maison et chaque mouvement lui déclenche des douleurs insupportables qui lui rappellent sans cesse ce terrible combat. Je vais rendre visite à Yefim chaque Shabbat. Une lueur d’espoir apparu, malgré la terrible douleur et le souvenir du cauchemar. Il y a 9 ans Zviki s’est engagé dans Tsahal. Yefim a transmit à son fils tout son ardent Sionisme, sa foie en l’Etat d’Israël et son armée. Zviki est réellement exceptionnel ! Il travail très dur et est doué, il a étonné les officiers supérieurs qui l’ont rencontré. A la fin du cours d’officier, il a gravi rapidement les échelons, laissant derrière lui des rapports des plus élogieux. En tant que jeune officier il s’est vu confié des postes généralement remplis par des officiers plus gradés que lui. Il apportait des améliorations à tout ce qu’il touchait et était apprécié tant par ses supérieurs que par ses subalternes. Zviki voyait son avenir dans l’armée. Il s’est engagé et devait commencer des études il y a deux ans environ. Les jours où Yefim voyait Zviki étaient pour lui des jours de joie. Seulement Zviki était trop bien pour l’Etat d’Israël. Un Shabbat, le commandant de la compagnie était en permission. Il passa le commandement à Zviki. Zviki était en patrouille en jeep lorsqu’il reçu le message. Dans le village Arabe de Nazlat Zid, des terroristes préparaient une voiture piégée pour la faire exploser à Hadera. Cela se passait à l’apogée de la période des attentats. Comme le village se trouvait très prés de Hadera, il n’y avait pas de temps pour faire venir des renforts. Zviki, son chauffeur et un autre soldat devaient donc bloquer la route de la voiture piégée vers Hadera. Zviki n’hésitât pas et entra dans le village. C’était Shabbat. Il n’y avait personne dans les parages à part les habitants du village. Pourquoi donc y avait-il une manifestation qui bloquait le passage ? Evidement cette prétendue manifestation spontanée avait pour but de le retarder et de permettre à la voiture piégée de partir pour sa destination. Zviki descendit de la Jeep et demanda aux manifestants de dégager. Bien entendu personne n’obtempéra. Il tira alors en l’air, mais même cela n’apporta pas le résultat escompté. Le temps pressait et Zviki fit quelque chose de courrant à cette époque. Il épaula et visa un mur de briques à proximité. Il vit très précisément le point d’impact de sa balle. Maintenant la manifestation se dispersait et Zviki se précipita pour patrouiller dans le village. La voiture piégée n’y était plus, mais D.ieu merci elle avait été arrêtée dans un proche village. Lorsque Zviki quitta le village, il vit un attroupement. Les villageois pointaient à une personne blessée dans une voiture. Ils prétendaient qu’il avait été touché par une balle. Zviki fit de son mieux pour conduire le blessé à un centre médical proche. Suite aux pressions exercées par le mouvement Betselem, Zviki fut accusé. L’accusation n’avait aucune preuve tangible. Le corps du blessé avait été pris et enterré par les Arabes depuis longtemps et il était impossible de prouver que la mort était due à une blessure par balle. Il est fort probable que comme dans d’autres cas les Arabes avaient tué et utilisé le corps pour leur propagande. Mais pourquoi le tribunal militaire devrait-il s’intéresser à de telles explications alors qu’il y a déjà des précédents à la cour suprême ? De plus les media gauchisants en la personne de Ilana Dayan n’attendent que cela. Un cadre de fenêtre sans verre a été présenté comme preuve que la balle de Zviki l’avait fait exploser. ( il faut noter ici qu’une balle de M16 comme celle que Zviki avait tiré traverse le verre en laissant un simple trou, le reste du verre restant intact). La requête de Zviki de se rendre sur les lieux pour rechercher l’impact de sa balle fut rejetée. Les deux années qui suivirent furent très difficiles pour Zviki et ses parents. Ils avaient dépensé toutes leurs économies en avocats et en procédures. Rien n’aida. Même sa dernière demande d’obtenir le pardon fut rejetée. Il fut dégradé, ses études annulées et ce matin Zviki est entré dans la prison militaire pour y purger les six mois auxquels il a été condamné. C’est là, la récompense donnée par l’Etat d’Israël à un officier doué et dévoué qui à consacré les neuf années, que tout un chacun consacre à établir les fondements de sa vie future, à servir dans Tsahal. Pour son courage à affronter seul une foule ‘’échauffée’’ ainsi que des terroristes préparant une attaque sur Hadera, l’Etat d’Israël aurait du remettre à Zviki une médaille. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé dans l’Israël aux valeurs inversées. Zviki, un excellent officier portant une Kippa habitant à Karnei-Shomron constitue la proie idéale pour une institution qui n’attendait que cela. Je rends visite à Yefim depuis de nombreuses années. Au cours de ces deux dernières années j’ai été témoin de l’effondrement de son monde. Il ne parvient pas à comprendre comment l’Etat en qui il croyait et pour lequel il a tout donné peut faire une telle chose. J’ai tenté d’expliquer à Yefim que ce n’est pas l’Etat. Quelqu’un nous l’a volé, mais le jour viendra où ils sera libéré. Mais Yefim ne veut pas entendre cela et il plonge dans la dépression. Je n’avais pas voulu publier cette affaire jusqu’à maintenant. Zviki est captif de gens qui se couvrent les yeux avec un foulard rouge. Je ne voulais pas qu’il connaissent mon lien personnel avec cette famille, mais maintenant tout est fini, Zviki est en prison et l’âme de Yefim est brisée encore plus que son corps. L’Homme, dont le corps est brisé et qui ne vit que grâce aux médicaments contre la douleur à des doses qui auraient pu tuer, commence demain une manifestation solitaire en face de l’entrée de l’état-major à Tel-Aviv. Il veut rester là sous la pluie et malgré le froid. Moi j’ai peur pour sa vie. Et Zviki ? D.ieu merci Zviki commence à comprendre ce que son père ne parvient pas à accepter. ‘’ Tu dois faire appel à la court suprême’’, essaie de le persuader un de ses avocats. Mais Zviki a déjà compris qu’il a été pris entre les griffes d’un monstre. Maintenant il a compris : ‘’ Pourquoi tout ceci ? Dans deux ans j’en serai au même point avec simplement plus de dettes ! ’’. Zviki sera libéré dans six mois. Il représentera un capital Humain extraordinaire pour celui qui l’emploiera. Il étudiera et travaillera honnêtement, sans relâche et sera meilleur que les autres. J’ai dit à Yefim ‘’ Dans deux ans ta femme et toi remercierez le tribunal de l’avoir condamné. Vous remercierez les officiers-couards qui lui ont tourné le dos. Vous les remercierez tous car sans tout cela Zviki serait resté à l’armée et n’aurait utilisé qu’une petite partie de son potentiel. Nous allons libérer l’Etat de son aliénation. Il aura alors besoin de gens compétents comme Zviki et les remerciera de l’avoir sorti de la gangue où il se trouve encore aujourd’hui. |