Quel rapport y a t-il entre le vin, le Kiddouch et la Havdalah ?
On pourrait se demander de la même manière quel est le lien entre le vin et une brith-mila, une cérémonie de mariage ou le BirkatHamazone. En réalité, tous ces événements auraient parfaitement pu se dérouler sans vin. Cependant, 'Hazal (nos Sages) ont voulu ajouter une touche de majesté à ces cérémonies et y ont incorporé une bra'ha (bénédiction) sur le vin. Le vin est une boisson noble, au point que la bra'ha qui accompagne sa consommation a été modifiée de "boréh péri haéts" (qui crée le fruit de l'arbre) en "boréh péri hagafen" (qui crée le fruit de la vigne) . Lors de ces occasions particulières, en louant Hachem d'avoir créé le vin, nous conférons une certaine dignité à la cérémonie. Selon de nombreux Richonim (décisionnaires ayant vécu de 900 à 1400 environ) , la dégustation du vin a une importance secondaire par rapport à la récitation de la bra'ha. 1 Ce sont ces raisons qui conduisent à réciter le Kiddouch et la Havdalah sur une coupe de vin.
Que peut-on utiliser à la place du vin ou du jus de raisin ?
Il y a, de ce point de vue, une différence entre le Kiddouch du vendredi soir et celui du samedi matin.
Le vendredi soir , il est souhaitable de réciter le Kiddouch sur du jus de raisin ou du vin. 2 Il est permis à la personne récitant le Kiddouch de n'en prendre qu'une petite gorgée et de laisser quelqu'un d'autre boire la quantité manquante pour arriver au volume requis. Il est toutefois préférable que celui qui récite le Kiddouch boive lui-même la quantité nécessaire. 3 Si l'on ne se sent pas capable de prendre, ne serait-ce qu'une petite gorgée du vin ou de jus de raisin, il vaut mieux s'abstenir et laisser quelqu'un d'autre réciter le Kiddouch et consommer la quantité requise. 4 Une personne ne devrait pas réciter le Kiddouch si elle n'a aucune intention de goûter au vin.
Si personne ne peut boire de vin ou de jus de raisin ou s'il n'a pas été possible de s'en procurer, il est alors préférable de réciter le Kiddouch sur les 'halloth (nous verrons plus tard BeézrathHachem comment procéder) plutôt que sur tout autre boisson. 5 Si l'on ne dispose ni de vin ni de 'halloth, il est alors possible de réciter le Kiddouch sur "la boisson locale" ('heimar medinah) . Selon Rav Moché Feinstein zatsal6, une "boisson locale" est caractérisée par l'importance qu'on lui accorde, en l'offrant à ses invités ou en la consommant au cours des repas et pas seulement pour s'étancher la soif. La bière ou des jus de fruits purs pourraient faire l'affaire. En résumé, le vendredi soir, il est préférable de réciter le Kiddouch sur du vin ou du jus de raisin, à défaut sur des 'halloth et en dernier recours, sur une boisson locale.
Le samedi matin , l'ordre est quelque peu différent car, si le vin ou le jus de raisin est toujours prioritaire, à défaut, on privilégiera une boisson locale avant les 'halloth.7
Pourquoi cette différence entre le vendredi soir et le samedi matin ?
Remarquons d'abord que le vendredi soir, outre le paragraphe "Vaye'houlou", nous récitons également la bra'ha du Kiddouch (après celle de "boréh péri hagafen"). Par contre, le matin du Chabbath nous ne récitons pas la bra'ha du Kiddouch , mais uniquement celle de "boréh péri hagafen" (Selon différents usages, certains ont l'habitude de réciter divers psoukim avant "boréh péri hagafen", cela ne fait toutefois pas partie du Kiddouch et même si on devait les omettre entièrement, le Kiddouch serait toujours valable). C'est la raison pour laquelle, si le samedi matin, en l'absence de vin ou de jus de raisin, on commençait le repas en récitant la bra'ha "hamotsi" sur les 'halloth, le repas ressemblerait alors à celui d'un jour ouvrable que l'on commence aussi par cette bénédiction. C'est donc la bra'ha récitée sur le vin ou le jus de raisin, ou au moins sur une "boisson locale" qui prête au repas son caractère festif. Par contre, le vendredi soir, c'est la bra'ha du Kiddouch qui permet de différencier ce repas de celui d'un jour ouvrable, même si elle est récitée sur les 'halloth.
Comment réciter le Kiddouch sur des 'halloth (pains du Chabbath ) ?
C'est moins compliqué qu'il n'y paraît. 8 L'hôte, sa famille ainsi que les invités se lavent les mains avant le Kiddouch. Deux 'halloth sont couvertes et l'hôte pose les deux mains sur le couvre-pain en récitant "Vaye'houlou". Il découvre ensuite les 2 'halloth, y pose les mains et récite le birkathhamotsi (bénédiction sur le pain) . Il les recouvre et récite la bra'ha du Kiddouch tout en gardant les mains sur les 'halloth. Après le Kiddouch, il rompt le pain et en mange une quantité minimale équivalente à un kazayith. 9
Le samedi matin, s'il n'y a ni vin ni boisson locale, on fera précéder la récitation du birkathhamotsi par la phrase " ושדקל תבשה םוי תא רוכז ” ("Souviens-toi du jour du Chabbath pour le sanctifier"). 10
Est-il permis de manger ou de boire avant le Kiddouch ?
Selon le Choul'han Arou'h, 11 il n'est pas permis de boire ni de manger avant le Kiddouch, que ce soit celui du vendredi soir ou celui du samedi matin. 12 Cela s'applique même à une petite quantité d'eau. Si on a soif, il faut réciter le Kiddouch de la façon habituelle sur le vin ou le jus de raisin et ensuite seulement boire (ou manger). La raison en est que le Kiddouch doit être récité tout au début du Chabbath et par conséquent, il n'est permis ni de boire ni de manger avant de s’en être acquitté. 13
[1] D'après l es Richonim, la bra'ha sur le vin est considérée comme une chira (éloge)
Tous les participants doivent-ils goûter au Kiddouch ?
Si l'on renverse le vin avant de le goûter, doit-on réciter le Kiddouch à nouveau ?
Quel repas doit-on privilégier, celui de vendredi soir ou celui de samedi midi ?
Réponses la semaine prochaine
Un mot sur la paracha Ki Tissa
Selon le Midrach, Hachem a pris la moitié d'une pièce de monnaie de feu de sous Son Trône de Gloire et l'a montrée à Moché Rabbénou en lui expliquant que c'était la somme que chaque personne devait donner.
Pour le Mi'htavSofer, Hachem a pris une demi-pièce de feu de sous Son KisséhHaKavod (Trône de Gloire) pour montrer que l'âme d'un Juif a une autre moitié qui se trouve sous Son KisséhHaKavod. Un juif doit faire le maximum durant sa vie entière pour parfaire sa demi-pièce, l'ajuster et l'amener au même niveau que celle qui se trouve sous le Trône d'Hachem. C'est là, la tâche d'une vie entière.
Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant : Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07 e-mail: site: www.deborah-guitel.com
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Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.
Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter mais déposer dans une Gueniza