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Ecrit par Harav Dovid Ostroff Chelita   

Chabbath Tetsavé

Za'hor 5766

11 Mars 2006

Volume IV – Lettre 19

11 Adar 5766

Hil'hoth Chabbath

Peut-on s'attarder avant de réciter le Kiddouch du vendredi soir ?

Selon le Choul'han Arou'h 1, "il convient de prendre son repas dès que l'on rentre à la maison". Pourquoi une telle hâte ? La Guemara nous enseigne dans le traité Pessa'him 106a, en se basant sur le passouk (verset) "Za'hor eth yom hachabbath lekadcho" ( "Souviens-toi du jour du Chabbath pour le sanctifier" ) qu'il convient de réciter le Kiddouch sur le vin dès le début du Chabbath. Le Tour en déduit qu'il faut se hâter de réciter le Kiddouch. En effet, bien que le Chabbath soit Saint par lui-même, la Torah nous ordonne de l'accueillir par le Kiddouch et par conséquent, le plus tôt est le mieux. Nous pourrions comparer cela à la réception d'un hôte de marque qui doit être annoncé dès son arrivée et non pas après.

Pourtant , le Me'haber parle de manger immédiatement sans mentionner le Kiddouch ?

Le Magen Avraham 2 a été lui-même troublé par cette anomalie et selon lui, le Choul'han Arou'h a voulu indiquer qu'il fallait réciter le Kiddouch sans délai, afin d'accueillir le Chabbath le plus tôt possible.3

Celui qui manque d'appétit, peut-il attendre un peu avant de réciter le Kiddouch ?

D'après ce qui précède, on pourrait a priori penser qu'il faut réciter le Kiddouch immédiatement, que l'on ait faim ou non. Cependant, Rabbi Mena'hem Azariah de Pano (le Rama de Pano) 4 a un avis opposé selon lequel si l'on manque d'appétit, on peut attendre un peu avant de réciter le Kiddouch. Cette opinion est basée sur le fait qu'il convient, autant que possible, de prendre son repas de Chabbath avec appétit, 5 ce qui est une raison suffisante pour reporter le Kiddouch jusqu'à ce que l'on ait vraiment faim. Quant à la mitsvah d'accueillir le Chabbath avec le Kiddouch, le Rama MiPano considère qu'elle est accomplie par la mention du Kiddouch dans l'office de Maariv, par laquelle chacun satisfait à cette mitsvah de la Torah, même sans vin et on peut ainsi repousser le repas et donc le Kiddouch.

Quelle considération doit prévaloir, le bien être de mon invité ou mon propre appétit ?

Le Michna Beroura 6 explique très clairement que les considérations liées au chalom bayït (la paix dans le foyer) , au bien être des invités ou du personnel de maison viennent avant celles concernant notre propre appétit ou plus exactement son absence. Par conséquent, si d'autres peuvent pâtir du manque d'appétit du maître de maison, celui-ci ne peut pas attendre et doit réciter le Kiddouch aussitôt que possible.

Une femme peut-elle réciter le Kiddouch pour un homme ?

La règle s’appliquant à cette hala'ha stipule que quelqu'un peut "être motsé" (acquitter de ses obligations) une autre personne en récitant le Kiddouch (ou toute autre mitsvah verbale, y compris la sonnerie du choffar) que s'il a un niveau d'obligation équivalent ou supérieur à celui de cette personne. Par exemple, un adulte peut être motsé un enfant, parce que l'obligation de l'adulte est plus impérieuse que celle d'un enfant qui lui ne peut pas être motsé un adulte (dans la plupart des cas). Les femmes sont tenues de réciter le Kiddouch comme les hommes et peuvent donc le faire, si nécessaire, pour un homme.7 Les poskim (décisionnaires) ajoutent8 que, pour des raisons de bienséance, une femme ne récitera pas le Kiddouch devant d'autres hommes que ceux de sa famille proche.

Pourquoi les femmes ont-elles l'obligation de réciter le Kiddouch alors qu'il s'agit d'une mitsvah asséh chéhazman grama 9 ?

Bien que les femmes soient exemptées de toutes les mitsvoth positives qui dépendent du temps, comme le choffar, la souccah, le loulav, etc…, elles devront, selon la Guemara, réciter le Kiddouch, de la même façon qu'elles sont tenues de respecter les interdictions liées au Chabbath. La raison en est que les termes mentionnés dans les Dix Commandements, Chamor (garder, respecter) qui se rapporte aux interdits de Chabbath et Za'hor (se rappeler) qui s'identifie au Kiddouch , ont été prononcés par Hachem simultanément, dans un même souffle et par conséquent, les femmes qui sont tenues de respecter les interdits, sont également concernées par le Kiddouch.

En l'absence du père, qui doit réciter le Kiddouch, la mère ou l'enfant ?

Si l'enfant n'a pas encore atteint l'âge de la bar-mitsvah, c'est à la mère de réciter le Kiddouch. L'enfant ne peut pas acquitter sa mère, car il n'est lui-même tenu de réciter le Kiddouch que pour son 'hinou'h (éducation) , alors que sa mère en a une réelle obligation. 10 Par contre, si l'enfant a atteint sa majorité religieuse (13 ans et 1 jour), leur obligation est équivalente et le Kiddouch peut être récité indifféremment par l'un ou par l'autre.

[1] Siman 271:1

[2] Siman 271:1

[3] Voir le Me'haber Siman 273:3 comme indiqué dans Echel Avraham 271:1

[4] Cité par le Magen Avraham 271:1

[5] Le Michna Beroura 271:1 la nomme mitsvah min hamouv'har

[6] Siman 271:1

[7] Siman 271:2 & Michna Beroura 3

[8] Mentionné dans Michna Beroura 271:4

[9] Les femmes sont exemptées des mitsvoth positives dont l'exécution est liée au temps

[10] Si la mère n'a pas encore récité Maariv, elle aurait une obligation deoraitha. Si elle a déjà prié, l'obligation devient midérabanan. Il se pourrait que si la mère a déjà prié mais pas l'enfant, leur niveau d'obligation soit égal, derabanan.

Sujets de réflexion

Quel est le lien entre le vin et le Kiddouch ou la Havdalah ?

Par quoi peut-on remplacer le vin ou le jus de raisin ?

Est-il permis de manger ou de boire avant le Kiddouch ?

Réponses la semaine prochaine

Un mot sur la paracha Tetsavé

Le passouk (verset) nous enseigne (Chemoth Exode 29:45): "Je résiderai au milieu des Bené Israël et je serai leur D.". Selon le Sforno, le terme "résider" indique que Hachem agréera notre culte et qu'Il prêtera l'oreille à nos prières. Il poursuit en expliquant que "être leur D. (Elokim)" signifie qu'Il s'occupera personnellement des affaires des Bené Israël, sans intermédiaire et par conséquent, ces derniers n'auront pas à redouter les influences astrologiques.

Il est possible que les deux parties du passouk soient complémentaires. Le mazal (la destinée) existe bel et bien (nous nous souhaitons "mazal tov" les uns, les autres dans de nombreuses occasions et si le mazal n'avait aucune prise sur les Bené Israël, pourquoi le ferions-nous ?) et ce verset vient nous enseigner que nous avons la capacité de changer et modifier notre mazal par la prière et le Service Divin. C'est la raison pour laquelle le passouk dit :"Hachem résidera parmi nous et Il entendra nos prières". L'effet de ces prières fera que nous n'aurons pas à craindre le mazal ou les influences astrologiques.

A la mémoire de Clément Ra'hamim ben Eliahou ISRAEL (11 Adar) & à la mémoire de Nathan Nissim ben Moché PINTO (6 Adar 5765)

Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant:
Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07
e-mail: Site: www.deborah-guitel.com

Vous pouvez dédier une de nos lettres à la mémoire d’un de vos proches ou pour célébrer un évènement.

Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.

Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter mais déposer dans une Gueniza

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