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Ces derniers jours, un ami m’a montré un Passouk du Tanakh particulièrement actuel « כלו לחמס יבוא מגמת פניהם קדימה ויאסף כחול שבי ; tous viennent pour la rapine (‘Hamass), leur passion les porte toujours en avant (Kadima), il ramasse les captifs comme du sable » (‘Habakouk 1; 9). Rachi commente ainsi : « Il avance rapidement comme s’il engloutissait la terre se trouvant devant lui …leurs aspirations ressemblent au vent d’Est, le plus puissant ( עזה ) des vents. Le Méam Loez nous cite d’autres commentateurs : « Ils sont si sûrs d’eux en allant au combat, qu’ils ne donnent pas l’impression d’aller à la conquête d’une terre étrangère, mais ils semblent simplement rentrer chez eux ». Le prophète ‘Habakouk décrit la montée en puissance des Chaldéens qui sous la conduite de Nabuchodonosor, devaient conquérir Erets Israël et détruire le premier Beth Hamikdash.
Il vient pour annoncer les conquêtes des Chaldéens, puis il prophétisera sur la fin de ce royaume. Les commentateurs sont divisés sur l’époque où ‘Habakouk a vécu réellement. Dans le Zohar (7 b), nous lisons que ‘Habakouk était le fils de la Chounamite , ressuscité de façon totalement miraculeuse par le prophète Elisha. L’enfant aurait reçu le nom de ’Habakouk, חבקוק car ce nom est apparenté à la racine hébraïque חיבוק , étreindre. En effet, cet enfant sera étreint deux fois : la première fois par sa mère comme tout petit enfant; la deuxième fois par le prophète Elisha qui le ramera à la vie après que l’enfant ait décédé subitement. Le prophète Elisha se coucha sur l‘enfant mort et l’étreignit. Le Zohar nous apprend qu’Elisha grava sur l’enfant le Saint Nom de 72 « ע"ב » et le ramena à la vie. Le texte du Zohar nous fait remarquer que le nom ‘Habakouk, חבקוק a une valeur numérique de 216 soit 3 fois ce nom de 72 (guématria du mot ‘Hessed, bonté). Le mot Guevoura, la puissance, a aussi en hébreu une valeur numérique de 216. Le prophète ‘Habakouk est aussi comparé à un lion, Arié, אריה , d’une valeur numérique de 216. Le Midrash nous raconte qu’à l’époque où le prophète Daniel fut jeté aux lions, le prophète ‘Habakouk était occupé à nourrir les ouvriers qui moissonnaient son champ; l’ange Ouriel vint alors le saisir par les Tsits(it) de sa tête et l’emmena avec lui afin de sauver Daniel. Ils auraient alors récité la ‘Haggada de Pessa’h ce qui empêcha les lions de leurs faire du mal. D’après une autre version le prophète ‘Habakouk aurait vécu plus tard, à l’époque du roi Ménaché et de la défaite des Egyptiens à Karkémish (d’après Rav Jacques Kohn z’l). Quoi qu’il en soit, l’un des thèmes des prophéties de ‘Habakouk est la question : « Pourquoi me laisses-Tu voir l’iniquité et restes-Tu témoin de l’injustice ? L’oppression et la violence (‘Hamass) sont devant moi ; partout éclatent les disputes et la discorde !...Le Méchant circonvient le Tsadik, c’est pour cela que le jugement est pervers…Pourquoi regardes-Tu ces perfides et gardes-Tu le silence lorsque le méchant engloutit celui qui est plus Tsadik que lui ? ». Le Méam Loez explique que lorsque les Goyim annulent par leurs décrets les Lois de la Tora , les jugements sortent tordus et les méchants triomphent des Tsadikim. Par ailleurs, si le peuple Juif a fauté pourquoi le placer dans les mains d’un peuple qui lui est inférieur en bonté ? Par contre, dans le troisième et dernier chapitre de ses prophéties, ‘Habakouk nous décrit la délivrance du peuple Juif de l’oppression des peuples qui l’asserviront : « Tu sors au secours de Ton Peuple au secours de Ton Oint (Moshia’h); Tu détruis la tête de la maison du méchant, de la vivacité de son fondement jusqu’à son faîte ». Le Méam Loez continue son explication : « Comme Tu as secouru Ton Peuple lors de la guerre contre les 7 peuples cananéens, Tu sortiras à leur secours pour les extirper de l’exil. Tu écraseras la tête de Gog et Tu mettras leurs fondements à nu. Tu es sorti au secours de Ton peuple à l‘époque des Juges en aidant Ton Oint, le roi Chaoul lors de sa guerre contre Amalek, « la vivacité du fondement » ; et Tu l’atteindras à son faîte aux temps messianiques lorsque le souvenir d’Amalek sera totalement détruit ». La leçon est pour nous particulièrement claire : l’iniquité est la source de notre destruction ; la profanation des Lois de la Tora sont le signe de notre chute. A l’époque de ‘Habakouk, les méchants dominaient déjà les Tsadikim ! D. semblait rester spectateur face au triomphe apparent des méchants sur les justes. De plus, Il suscita contre nous un peuple vil, très bas mais très cruel, les Chaldéens (Babyloniens ou Iraniens). Ce peuple est poussé par sa passion du vol (‘Hamass), il entre en Erets Israël comme chez lui. Il est poussé en avant (Kadima) par sa passion du gain ! Il en vient à engloutir notre terre ! Le ‘Hamass avance grâce à Kadima et se prépare à engloutir toute Erets Israël (à D. ne plaise !). Face à un tel spectacle, notre raison nous interpelle : comment une telle situation est-elle possible ? Que pouvons-nous faire pour empêcher un tel désastre ? Il faut nous sortir de notre torpeur; l’un des traits le plus caractéristique du Mal le plus profond, celui d’Amalek est la froideur. Il vient littéralement refroidir toute ardeur d’un Juif dans le Service de D. ; le remède est d’attiser la chaleur de notre colère contre ce Mal. La Tora nous a donné une Mitsva positive : se souvenir du mal que nous a fait Amalek afin de nous pousser à le combattre jusqu’à l’exterminer. En effet, avec le temps notre peuple est enclin à oublier ceux qui lui ont infligé les pires tourments. La Tora nous ordonne de nous souvenir de ceux qui nous ont fait du mal. Il ne s’agit pas d’une vengeance personnelle, il s’agit de venger l’outrage porté contre le Nom Divin. Cette leçon est particulièrement d’actualité dans ces jours de Pourim. C’est en effet à Pourim que nous avons détruit Haman, ses fils descendants d’Amalek et leurs alliés. Ces jours ont le pouvoir de transformer totalement l’obscurité en lumière et l’oppression en allégresse. Il ne faut donc pas tomber dans le piège de la froideur que nous tendent les peuples du Monde et les impies vivants dans notre sein. Il nous faut dénoncer haut et fort que ce que l’on nous propose est contraire à la Tora et qu’il donc impossible de l’envisager. De même que Mordékhaï refusa de prosterner devant Haman, nous devons également refuser tout compromis contraire à l’esprit de la Tora et donc à nos intérêts. Ce n’est que par ce chemin que nous pourrons réellement faire triompher le Nom de D. et que nous mériterons la Guéoula véritable et complète très prochainement. |