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La paracha de cette semaine nous décrit la forme et les dimensions que devaient avoir les éléments du Mishkan. Nous apprenons ainsi que les murs démontables de la Tente d’Assignation étaient formés de bois de Chittim ( שטים ) . Le Midrash Tan’houma nous explique comment les Juifs avaient pu se procurer des planches énormes en plein désert : notre ancêtre Yaakov avait vu par esprit prophétique que ses descendants devraient construire un Mishkan en plein désert ; il planta des arbres de Chittim en Egypte et recommanda aux Juifs de les couper et de les emporter avec eux lors de la sortie d’Egypte. Le bois de Chittim est en fait de l’acacia et les planches ( קרש ) étaient énormes : elles mesuraient 10 coudées de haut (environ 5 mètres), 1 coudée et demie de long ( 75 cm ) sur 1coudée de large ( 50 cm ). Elles étaient dressées sur leur hauteur et étaient reliées par des anneaux ou des barres qui les traversaient de part en part. Après l’entrée du peuple Juif en Erets Israël, les murs du sanctuaire de Chilo et bien sûr les 2 Bateï Mikdash ne furent construits qu’en pierres et non pas en bois. Néanmoins, l’enseignement de la Tora est éternel; nos Sages se sont d’ailleurs penchés sur le message que recèle la présence de ces planches en bois de Chittim dans le Mishkan. Le Déguel Ma’hané Ephraïm nous explique que ces planches symbolisent en fait l’être humain qui se tient aussi debout. En effet, elles ont une hauteur de 10 coudées ; le nombre 10 symbolise les 10 Sefirot qui correspondent aussi aux 10 degrés que l’on retrouve chez l’être humain. Les lettres qui forment le mot « planche », קרש , peuvent donner aussi dans un autre sens, le mot « lien », קשר . Le Déguel Ma’hané Ephraïm nous explique donc qu’un homme doit se lier à chaque instant à D. et à Sa Chekhina. Grâce à cela, il pourra également provoquer des unions, קשרים dans les mondes spirituels. Par contre, s’il se lie avec la sottise, (surnommée שטות en hébreu, ressemblant au mot « Chittim » שטים ) il peut en arriver à se détourner de D., et se lier au mensonge, שקר (autre agencement des lettres du mot « planche » קרש ). L’homme doit donc lier, קשר , chaque chose à sa source, ce qui lui permettra de transformer le Mal en Bien (car chaque chose créée a en elle une Etincelle Divine qui la fait vivre, il faut simplement la dévoiler).
Dans le fameux Maamar du 10 Chevat, « Bati Légani », le Rabbi Yossef-Its’hak développe encore plus cette idée. Il explique qu’un Juif ne peut commettre un péché que sous l’emprise d’un vent de folie, « רוח שטות », de la même famille en hébreu que le mot « Chittim ». Le mensonge, שקר , détourne un Juif de son lien, קשר avec D. L’antidote face à un tel danger, est d’adopter une attitude totalement inverse de l’esprit de folie du côté de l‘impureté. Il nous enseigne qu’il faut avoir « l’esprit de folie » רוח שטות , du côté de la Sainteté. Il ne s’agit bien sûr pas de « fanatisme aveugle » comme certains seraient tentés de déclarer. Mais il s’agit plutôt de faire preuve d’un esprit de détermination afin de permettre à la Vérité de triompher. Lorsque le Mal et le mensonge dépassent toutes les bornes, il n’est plus possible d se contenter d’un Service de D. uniquement basé sur l’observance minimale de la Halakha. L ’esprit de folie de la Sainteté va pousser un Juif à se dépasser dans le Service de D. et à appliquer les Mitsvot de la Tora avec une perfection extraordinaire. L’esprit de mensonge sera alors totalement transformé et le שקר sera remplacé en un קשר . Un tel Service de D. permet de dévoiler les lumières spirituelles les plus hautes. La stature du Juif est alors réellement celle des planches de bois de Chittim qui soutiennent tout l’édifice du Sanctuaire ! Cet enseignement est brûlant d’actualité ! En effet, la majorité de nos moyens d’information passe par les « médias ». Ces derniers sont désignés en hébreu par le mot תקשורת dérivé de la racine קשר , « le lien ». Malheureusement rares sont les médias qui véhiculent la vérité; la plupart vont au contraire répandre le mensonge, שקר . Les manipulations médiatiques vont pousser une grande partie de ceux qui les écoutent vers « l’esprit de folie » du côté de l’impureté. Face à une telle déviation, il est urgent d’adopter un esprit de folie du côté de la Sainteté. Il n’est plus concevable de rester « tièdement » à l’écoute des nouvelles et à attendre des jours meilleurs, il faut réagir à la folie ambiante par une observance de la Tora et des Mitsvot d’un niveau qui dépasse notre habitude. Par ailleurs, il ne faut plus se référer à la folie distillée par ces médias mensongers. La vérité de l’actualité se trouve dans la Tora et dans les enseignements de nos Sages. En effet, tous les sujets ont déjà été traités dans la Guémara et la Halakha est clairement établie depuis des générations. Elle concerne tous les domaines même ceux qui semblent être « à la pointe du progrès ». D’autre part l’étude de la Tora est aujourd’hui possible dans toutes les langues et elle est accessible à tous. Notre détermination à faire « don de nous-mêmes » est la meilleure façon de contrer la folie actuelle. Elle nous permettra également d’accéder aux plus grands dévoilements spirituels en relation avec les Lumières Divines les plus profondes. Il est sûr que par ce moyen chacun se liera d’un lien profond et inaltérable avec D. ; il se dressera alors comme les planches de bois de Chititm du Mishkan. Mais cette fois-ci, il aura contribué de façon déterminante à construire le Troisième Beth Hamikdash, qui sera éternel, très prochainement La paracha de Terouma est lue durant la semaine de Rosh ‘Hodesh Adar, אדר . Rav Ginsbourg nous décompose le nom de ce mois en 2 parties : A-Dar א-דר . La lettre Alef désigne communément le Maître du Monde אלופו של עולם . Et le mot Dar, se traduit par « résidence ». Le mois d’Adar qui signifie que « le Mâitre du Monde réside ». Il par conséquent un moment propice pour édifier à D. une demeure ici-bas. Que notre empressement dans le Service de D. animé par « l’esprit de folie » de la Sainteté permette de dévoiler tout cela concrètement et rapidement. |