Traduction Bernard Brajzblat sous le contrôle du Rav Alain Sénior de Créteil
Chabbath Bechala'h
Chira
5766
11 Février 2006
Volume IV – Lettre 15
13 Chevath 5766
Hil'hoth Chabbath
Peut-on réciter la bra'ha dans une pièce où des lampes électriques sont allumées ?
Dans la Lettre précédente, nous avons vu que pour les Sefardim , il ne fallait pas réciter de bra'ha en allumant des bougies à côté d'autres bougies déjà allumées et que pour les Ashkénazim il semblerait qu'il y ait un hidour (embellissement) d'allumer, quand c'est possible, dans un endroit où il n'y a pas d'autres bougies.
De nos jours, la récitation de la bra'ha peut poser un problème quand nos demeures sont trop éclairées.
Les poskim (décisionnaires) 2 ont évoqué ce problème 3 et proposé plusieurs solutions :
1) La maîtresse de maison devrait d'abord allumer les bougies de Chabbath avec les lumières éteintes, puis son mari allumerait ensuite les lampes électriques. L'épouse ne peut le faire elle-même, car en allumant les bougies, elle a accepté le Chabbath .
2) La minuterie devrait être réglée de manière à ce que la lumière ne s'allume qu'après l'allumage des bougies.
3) Elle devrait d'abord allumer les lumières électriques "li'hvod Chabbath" (en l'honneur du Chabbath) et allumer immédiatement après les bougies de Chabbath, récitant ainsi la bra'ha sur les deux.4
Peut-on réciter la bra'ha sur une lumière électrique, si l'on n'a pas de bougies (hôtel ou hôpital) ?
De nombreux avis sur cette question permettent de réciter la bra'ha et par conséquent, celui qui allume des lampes électriques spécifiquement pour Chabbath et récite la bra'ha a sur qui s'appuyer.5
Doit-on "faire entrer" le Chabbath au moment de l'allumage des bougies ?
Selon la tradition communément admise, la maîtresse de maison accueille le Chabbath au moment où elle allume et par conséquent elle doit avoir fini tous ses préparatifs avant d'allumer les bougies.
Cela se répercute également sur la façon d'allumer et de réciter la bra'ha . Selon l'avis stipulant que le Chabbath est accepté au moment de la bra'ha , la maîtresse de maison ne pourra plus par la suite allumer les bougies; c'est la raison pour laquelle, certaines femmes allument, se couvrent les yeux puis récitent la bra'ha . Elles ne profitent pas ainsi de la lumière avant d'avoir récité la bra'ha .
Peut-on allumer et stipuler que l'on n'accepte pas encore le Chabbath par cet allumage?
Il y a une ma'hloketh (discussion) à ce sujet. Selon le BeHag 6, la maîtresse de maison fait entrer le Chabbath par son allumage, comme mentionné plus haut. Plusieurs Richonim 7 pensent cependant qu'elle peut faire un יאנת (une condition) stipulant qu'elle n'accepte pas le Chabbath par son allumage. Toutefois, le Kol Bo et Rav Peretz n'acceptent pas ce יאנת et considèrent que la maîtresse de maison doit faire entrer le Chabbath au moment où elle allume.
Le Magen Avraham 8 quant à lui pense qu'il est préférable de ne pas allumer avec un יאנת à moins que ce ne soit absolument nécessaire. Le Michna Beroura 9 explique cela par la divergence d'opinions sur la validité d'un tel יאנת , comme mentionné plus haut.
Qu'est-ce qui peut être considéré comme nécessaire pour justifier ce report ?
C'est difficile à définir. Par exemple, si une femme souhaite se rendre au Kotel HaMaarvi (Mur occidental ou Mur des Lamentations) après l'allumage, elle allume alors ses bougies en prononçant le יאנת qu'elle n'accepte pas le Chabbath pour le moment (il ne faut pas bien entendu que l'heure de l'entrée de Chabbath soit dépassée) . Selon Rav Chlomo Zalman Auerbach, 10 se rendre au Kotel n'est pas une "nécessité" et par conséquent, elle ne pourra pas allumer avec cette condition.
Si un couple mange chez les parents le vendredi soir et qu'il soit beaucoup plus facile de s'y rendre avant Chabbath, il serait dans ce cas préférable d'allumer les bougies chez les parents plutôt que chez soi en prononçant un יאנת . Le couple devra néanmoins laisser des lumières allumées chez lui, comme mentionné plus haut, car il est important que chaque demeure soit éclairée le Chabbath .
Un homme qui allume doit-il faire entrer le Chabbath par son allumage ?
Selon la hala'ha , un homme ne fait pas entrer le Chabbath par son allumage et n'a pas à le faire; toutefois le Michna Beroura précise 11 qu'il est préférable de le stipuler explicitement.
[1] Cela pourrait même poser un problème aux ashkénazim, parce que le heter d'allumer et de réciter la bra'ha à côté d'autres bougies est basé sur la svarah que "l'abondance de lumière augmente la joie". Cela est difficile à invoquer s'il y a une lumière électrique, car la lumière de la bougie n'ajoutera pas grand chose. Toutefois il y a une svarah selon laquelle "les bougies de Chabbath confèrent au repas l'atmosphère particulière de Chabbath que l'électricité ne peut procurer. Il est possible dans ce cas de réciter la bra'ha même en présence de lampes électriques.
[2] Voir le Chemirath ChabbathKehil'hata 43:34
[3] Voir aussi Chemirath ChabbathKehil'hata 43 note bas de page 171
[4] Le Gaon Rav Sternbuch allume d'abord les bougies, allume les lumières puis récite la bra'ha. Il souhaite allumer les bougies dans l'obscurité.
[5] ChemirathChabbathKehil'hata 43:4 & note de bas de page 22. Il semble que Rav Chlomo Z. Auerbach n'y soit pas favorable sauf si l'électricité provient d'une batterie, voir note de bas de page dans ChemirathChabbathKehil'hata.
[6] Baal Hala'hoth Guedoloth
[7] Hagahoth Maimoni au nom de Rabbi Méïr et du Morde'haï.
[8] Siman 263:20
[9] Siman 263:44
[10] ChemirathChabbathKehil'hata 43 note de bas de page 137
[11] Michna BerouraSiman 263:42
Sujets de réflexion
Si le maître de maison accepte le Chabbath plus tôt, tous les membres de la famille doivent-ils le suivre ?
Si l'on a oublié de réciter la bra'ha pendant l'allumage, peut-on le faire plus tard ?
Peut-on rallumer une bougie qui s'est éteinte avant la récitation de la bra'ha ?
Puis je réciter la bra'ha sur une bougie allumée par un non juif après la chkiah (coucher du soleil) ?
Réponses la semaine prochaine
Un mot sur la paracha Bechala'h
Le passouk (verset) "םיב המר ובכרו סוס, האג האג יכ 'הל הרישא" signifie littéralement : "je chanterai l'éloge à Hachem car Il peut s'enorgueillir d'avoir jeté le cheval et son cavalier à la mer".
Quel est le lien entre les deux parties du passouk ?
Le Rav Sim'ha Bounim de Farchicha explique que chaque plaie avait deux objectifs, c'était d'une part une punition pour les égyptiens et d'autre part un remède destiné à guérir les mauvais penchants des Bené Israël. Un cheval représente la hauteur et quand Hachem détruit le cheval et son cavalier, c'est le sentiment de הואג (orgueil) qui est extirpé du cœur des Bené Israël, ce qui les conduit à chanter cet éloge. L'éloge à Hachem ne peut être chanté que par un cœur sans הואג, car il faut admettre l'autorité absolue d'Hachem et notre insignifiance pour chanter un éloge sincère. C'est ce qui est sous-entendu dans ce passouk : je chanterai pour Hachem, qui seul peut être glorifié, parce que mon orgueil a été enseveli dans la mer en même temps que le cheval et son cavalier.
Un grand Mazal Tov à Rivka et Dan Mimran à l'occasion de la naissance de leur fille Talia
Un grand Mazal Tov à Rivka et Dan Roskis à l'occasion de la naissance de leur fils.
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Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.
Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter, mais déposer dans une Gueniza