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‘Parfaire le Monde dans le Royaume de l’Eternel’ Une telle Mitsva spécifique d’habiter en Israël n'existe pas comme il n'y a pas de Mitsva d'accepter la Torah ... C'est bien pour ça que le Rabbi de Loubavitch, pour prendre un exemple connu, n'est jamais venu en Israël. Seulement, exactement comme l'acceptation du joug de la Torah est le prélude indispensable pour l'accomplissement de ses préceptes, l'acceptation du joug de la terre d'Israël est la condition de la réunion des juifs en tant que peuple.
Or, si 'vous', Orthodoxes et 'nous' sionistes religieux (disciples du Rav Kook et pas du PNR ...) ne différons pas sur la nécessité d'accepter le joug de la Torah pour tout juif, nous nous écartons concernant l'obligation d'accepter le joug de la Terre pour tous les juifs dans le but de tenter de recréer par nous-même le peuple juif. Vous êtes-vous demandés à quoi sert de recevoir l'éclairage de la lumière d'une Mitsva si c'est pour briller chacun dans son coin, un au Canada, le second à Marrakech, sans que le Hassid et le Marocain ne sachent qu'ils sont frères et qu'ils ont un même destin ... ? Celui de conquérir une terre et pour ce faire de se réunir en Israël pour y former un peuple de frères par la Torah. A la limite, tant qu'Israël n'existait pas comme pays où les juifs pouvaient librement s’assembler, chacun faisait à sa guise. Mais, depuis qu'il est possible pour tout juif de venir y actualiser le destin de son peuple, c'est un devoir d’y venir et de prendre part à ce destin qui n'a pas changé d'un pouce depuis la sortie d'Egypte et avant: conquérir la Terre que D.ieu nous a indiquée et y faire régner ensemble autant que nous le pouvons Sa Torah. On ne peut dissocier le combat pour la Terre du combat pour la Torah car ce dernier ne vaut que par la réunion de ses parties et la condition à ceci est la conquête de la Terre. Or, dans votre compréhension de ces concepts, vous pensez qu’il est primordial d’accepter la Torah et pas la Terre. Vous vous contentez de l’échelon individuel et, comme vos merveilleuses histoires hassidiques le prouvent, tout juif peut accepter la Torah d’une seconde à l’autre, à chaque instant de sa vie, et à toute époque. L’acceptation de la Torah est une démarche individuelle. A contrario, l’acceptation de la Terre représente en fait la reconnaissance de l’acceptation de faire partie d’un peuple qui a une histoire et un destin en tant que peuple par rapport à cette Terre. Il s’agit de la démarche collective des juifs en tant que peuple qui est tout autant contraignante pour chaque juif que l’acceptation de la Torah et qui entraîne de même des devoirs et des droits. La Torah est une affaire collective autant qu’individuelle qui ne peut se réaliser que si les juifs s’assemblent en Israël et y restent, partout. Aujourd’hui que nous avons le pouvoir de le faire, le refuser est plus grave que la faute des explorateurs. Est juif celui qui accepte de faire partie du peuple juif et celui-ci n’est pas représenté par la Torah en premier mais par la Terre d’Israël. La Terre est son berceau et la Torah son biberon. Chacun boit à sa mesure mais aucun ne doit quitter le berceau maintenant qu’il est retrouvé. Je suis juif parce qu’il existe un endroit sur terre auquel j’appartient parce que c’est le pays des juifs que D.ieu leur a donné avec pour mission collective d’en faire un pays juif. En dehors de la Terre d’Israël, un juif est toujours juif, mais juif pour rien, juif perdu, et la Torah ne lui sert plus qu’à se rappeler qu’il fait partie d’un peuple potentiel dont la vie est ailleurs. Il n’y a pas de peuple juif sans Torah mais pas non plus sans Terre et l’une comme l’autre demande à chaque juif un engagement total et permanent. La différence est que, si chaque juif est responsable individuellement de son engagement envers la Torah, il est responsable collectivement de son engagement vis-à-vis de la Terre. Je ne peux pas reprocher à mon frère de ne pas s’engager pour la Torah mais je peux lui reprocher de ne pas s’engager pour la Terre car cet engagement me concerne en tant que condition de l’avenir collectif du peuple juif. Bien évidemment, le maintien de l’identité juive se fait par la permanence de l’étude de la Torah, mais cette identité ne peut s’allumer que collectivement. Comme nous l’avons malheureusement appris de la Shoah, ce ne sont pas que les juifs représentant officiels du Judaïsme qui sont visés par Amalek et la renaissance du peuple juif n’est pas que le fait des juifs de Torah, mais est indispensable à l’union des juifs sur leur terre. C’est d’ailleurs là sa principale fonction et c’est à cet effet que nous l’avons reçu pendant le voyage qui amena en Israël un peuple sorti d’esclavage. La seule comparaison possible avec la Shoah est la plaie de l’obscurité ou une grande partie des juifs succombèrent. La Torah est pour chaque juif face à son frère le vecteur d’union spirituel, moral alors que la Terre permet une union physique, concrète. Ce n’est pas une Mitsva d’accepter la Torah mais de la pratiquer en commun. C’est pour cette raison que ce n’est pas une Mitsva d’habiter en Israël car c’est une Mitsva collective dont chaque juif ne réalise qu’une part. La femme juive qui allume ses bougies de Shabbath n’a pas besoin que toutes les femmes juives les allument pour que sa Mitsva soit valable. Les Mitsvotes individuelles n’ont besoin que d’une acceptation de la judaïté individuelle pour être accomplies. La Mitsva d’habiter en Israël est partagée par l’ensemble des juifs et a besoin de l’acceptation de tous pour être réalisée. Si nous sommes responsables l’un pour l’autre pour les Mitsvotes individuelles, que ne doit-on l’être pour l’acceptation de la Terre d’Israël qui seule permet aux Mitsvotes individuelles de s’inscrire dans le véritable destin du peuple juif de s’assembler corps et âme. Le plus grand de la Torah n’est non seulement pas dispensé d’habiter en Israël car ce faisant, il pourra partager les Mitsvotes et faire avancer le peuple autant que lui-même. Le plus petit de la Torah en faisant les plus petites mitsvotes fera aussi avancer le peuple en habitant en Israël, et, selon la parabole du nain debout sur les épaules d’un géant, le moins religieux des juifs peut ajouter la goutte nécessaire à la venue du Machiah. En étant en Israël, chaque juif participe à l’évolution du peuple et se battre pour l’intégrité d’Israël vaut autant que se battre pour l’intégrité de la Torah. En fait, les deux se complètent et sont indispensables. Le Machiah ne viendra pas des juifs qui mettent la Torah avant la Terre, ni de ceux qui acceptent la terre sans la Torah. Les uns comme les autres entendent faire ce qu’ils pensent bon de la Torah ou de la Terre selon leurs valeurs. Le matérialisme doit se soumettre à la Torah et le spiritualisme à la Terre. C’est le sens de la première des dix Paroles : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant Ma Face. » (Exode 20/3). Rachi commente ‘Tu n’auras pas’ en disant: « Pourquoi cela est-il stipulé ? Etant donné qu’il est écrit : ‘Tu ne feras pas de sculptures’ (id.v4), j’aurais pu en déduire que seule la fabrication est interdite. D’où aurais-je su que l’on ne doit pas conserver ce qui a déjà été fabriqué ? », et, plus loin, D.ieu dit : « … n’imites point leur rites ; au contraire, (…) tu dois briser leurs monuments » (Exode 23/24). Puis, « Vous servirez uniquement l’Eternel votre D.ieu ;(…) » (v.25). Ce Commandement écrit au singulier ne peut se réaliser qu’au pluriel et c’est là l’essence de chaque juif que de monter en Israël pour, avec ses frères, mener en commun le combat de conquérir la Terre afin d’en renverser les idoles pour servir Hachem et ‘Parfaire le Monde dans le Royaume de l’Eternel’. Servir D.ieu pour le peuple juif ne se borne pas à l’étude individuelle de la Torah mais comprends la conquête collective de la Terre, de toute la Terre par Tous les juifs. |