Traduction Bernard Brajzblat sous le contrôle du Rav A.Sénior de Créteil
Chabbath Bo
5766
4 Février 2006
Volume IV – Lettre 14
6 Chevath 5766
Hil'hoth Chabbath
Si l'heure est bien avancée, le mari peut-il allumer les bougies ?
Cela peut provoquer de sérieux problèmes de chalombayït (l'harmonie dans le couple) dans la mesure où l'épouse peut s'estimer dépossédée d'une mitsvah qui lui revient. Cependant, dès que l'on s’approche de l'heure du coucher du soleil, le mari a l’obligation d’allumer les bougies à la place de son épouse, même si tout doit être fait pour éviter d'arriver à une telle situation. Rav Sternbuch chlita ajoute que dans les cinq minutes précédant le coucher du soleil, les bougies ne doivent plus être allumées par qui que ce soit car il est difficile de connaître l'heure exacte du début de Chabbath.
Si un couple est invité à manger le vendredi soir, mais rentre dormir, où doit-il allumer les bougies ?
Tout le monde s’accorde sur le fait que pour profiter et jouir pleinement de la lumière, 1 l'idéal est de placer les bougies à proximité de la table de la salle à manger. Pourtant le Me'haber cite deux avis contraires dont le premier nous enseigne au nom du MaHaril2 que "quand deux ou trois personnes dînent ensemble, chaque personne récite la bra'ha individuellement". Dans ce cas, le problème se pose de savoir ce qu'apportent les bougies allumées par les deux dernières personnes, une fois que la salle à manger bénéficie déjà de la lumière des premières bougies. Il y a ainsi un risque pour les deux dernières personnes, de prononcer une bra'ha en vain (ce qui est très grave, voir la Lettre précédente), si elles allument au même endroit. Le MichnaBeroura3 répond en précisant que l'ajout de lumière augmente la joie et par conséquent il est permis d'allumer des bougies et de réciter la bra'ha même si d'autres bougies sont déjà allumées. Le Me'haber, se référant au OrZarouah poursuit : "tout le monde n'est pas d'accord avec cet avis du MaHaril", ce qui signifie que si on doit allumer à côté de bougies déjà allumées, il n'est pas permis de réciter la bra'ha.
Quelle opinion devons-nous suivre ?
Selon le BethYossef, et bien que le OrZarouah n'apprécie pas cette tradition, certaines personnes allument malgré tout en récitant la bra'ha à côté d'autres bougies déjà allumées. Le BethYossef explique que ceux qui ont cette habitude considèrent que l'abondance de lumières augmente la joie. Néanmoins, dans le Choul'hanArou'h, il considère qu'une seule personne devrait réciter la bra'ha même si plusieurs allument. Par conséquent, pour les sefardim, quand plusieurs personnes allument ensemble au même endroit, la bra'ha ne doit être récitée que par une seule d'entre elles. Le Rama précise que les ashkenazim ne suivent pas cette tradition et récitent la bra'ha même au milieu d'autres personnes qui allument. Le MichnaBeroura ajoute cependant, 4 que dans ce cas, il est préférable pour celui qui dispose d'une chambre, d'y allumer les bougies en récitant la bra'ha, même si ce n'est pas l'endroit où il mange. Cela signifie par conséquent, que celui qui peut allumer dans un endroit où personne n'a encore allumé devra agir ainsi le'hat'hila (a priori) .
Comment cela s'applique-t-il à notre cas ?
Les séfarades devraient allumer chez eux et non pas à l'endroit où ils mangent puisque, selon le Me'haber, on ne doit pas réciter la bra'ha si d'autres bougies sont déjà allumées. Les ashkénazes ont la possibilité d'allumer à l'endroit où ils mangent ou chez eux et il semble d'après le MichnaBeroura que cette dernière option soit préférable. Cependant, quand on allume chez soi, il faut s'assurer que l'on tirera un minimum de profit des bougies, ce qui signifie que l'on restera un peu chez soi après l'allumage ou qu'elles seront encore allumées quand on rentrera.
Si un couple est invité pour Chabbath mais dort dans un appartement séparé, où doit-il allumer ?
La même règle s'applique dans ce cas. 5 Les sefardim doivent allumer les bougies dans l'appartement où ils dorment, ce qui est également préférable pour les ashkénazim. Ils doivent toutefois s'assurer que les bougies sont allumées dans un lieu sûr, pas à proximité des rideaux par exemple et qu'elles seront encore allumées quand ils rentreront dormir après le repas.
Si un fils et son épouse ont une chambre dans la maison paternelle, où doivent-ils allumer ?
Il n'est pas très pratique d'allumer dans sa chambre à coucher et par conséquent ce n'est pas une solution pérenne. Dans ce cas, les ashkénazim allumeraient dans la salle à manger avec la maîtresse de maison et les sefardim réciteraient une seule bra'ha pour toutes les bougies. Pour ce faire, les femmes se réunissent avec leurs bougies, une d'entre elles récite la bra'ha et chacune allume ses propres bougies.
[1] Michna Beroura Siman 263:2 & 45
[2] Siman 263:8
[3] Siman 263:35
[4] Siman 263:38
[5] Voir le Chemirath Chabbath Kehil'hata 45:8
Sujets de réflexion
Peut-on réciter la bra'ha dans une pièce où des lampes électriques sont allumées ?
Doit-on faire entrer le Chabbath au moment de l'allumage des bougies ?
Peut-on allumer en stipulant que l'on n'accepte pas encore le Chabbath par cet allumage ?
Réponses la semaine prochaine
Un mot sur la paracha Bo
Le fait qu'Hachem a endurci le cœur de Pharaon est rapporté à 5 reprises pour justifier les 5 dernières plaies par lesquelles Pharaon a été frappé et beaucoup se demandent s'il était vraiment juste de le punir dans la mesure où il n'était pas maître de ses décisions.
D'après le Ramban (Chemoth Exode 7:3), Pharaon a lui-même endurci son propre cœur pendant les cinq premières plaies et s'il avait finalement renvoyé les Bené Israël de Mitsrayim (d'Egypte) ce n'eut été dû qu'à son incapacité à résister physiquement et mentalement à la tension et aux supplices des plaies et non parce qu'il se serait rendu compte de la Toute Puissance de Hachem et de la nécessité d'obéir à Ses commandements. En conséquence, Hachem lui donna la force de supporter les plaies jusqu'à ce qu'il admette que Hachem est le Roi du Monde
Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant : Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07 e-mail: site: www.deborah-guitel.com
Vous pouvez dédier une de nos lettres à la mémoire ou à l'attention d’un de vos proches
Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.
Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter mais déposer dans une Gueniza