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Dans les 35 dernières années, l’état d’Israël a connu des soubresauts considérables dus au choix des Premiers Ministres et par le transfert de députés d’un parti à un autre pendant l’exercice de leur fonction. La liberté et l’égalité de tous les citoyens mènent quelquefois à des situations dramatiques, scandaleuses et en marge de la démocratie, sans que la loi ne les sanctionne.
- Le choix du Premier ministre: son choix revêt une importance particulière en Israël quand on connaît les responsabilités et les pouvoirs qu’il détient et dont il use. Comment un personnage, aussi intelligent et charismatique soit-il, peut-il remplir une telle fonction sans s’y être préparé relativement jeune ? Pose un problème également le choix du ministre de la Défense. Peut-on imaginer qu’un Directeur, un Chef d’armée, engouffré dans son travail journalier pendant de très nombreuses années, arrivant à l’âge de 45/55 ans, soit nommé Premier Ministre ? Son premier défaut est qu’au sein de son organisation précédente (société, armée…) il n’a jamais agit démocratiquement et pour plus qu’il ait eu le temps de suivre les méandres de la politique, comment peut-il remplir les plus hautes fonctions de l’état sans laisser transpercer son ignorance des hommes et des affaires et son goût du pouvoir absolu ? Ainsi Israël a été ‘gratifiée’ de Premiers Ministres, anciens militaires, souvent appelés à cette fonction comme des sauveurs : le critère du choix n’a été que, trop souvent, leur réputation qui est susceptible d’amener le maximum de voix ! Bien sûr il y a là une tromperie de la part des partis qui se portent garants de leur candidat. Un général, qui jusqu’à l’âge de 50 ans environ, a vécu dans une organisation ignorant la démocratie et qui a été plus ou moins traumatisé par la mort qu’il a côtoyée et les blessés infirmes qu’il a vus, comment peut-il se reconvertir en un civil possédant un jugement sain ? Ses actes seront marqués d’hésitations (s’il est relativement humble et reconnaît son ignorance) et ses décisions seront marquées de déformation professionnelle. Illustrons ces affirmations par quelques exemples : - Itshaq Rabin : son premier mandat de 1974 à 1976, après six ans pendant lesquelles il avait été ambassadeur aux E.U. et Ministre du Travail, fut terne et proche de l’échec. Lors de son deuxième mandat de 1992 à 1995, comme personnage sans grande expérience Rabin s’est laissé mener par les politiciens chevronnés, Beilin et Pérès, qui l’ont entraîné dans les accords d’Oslo dont il apercevait le caractère douteux. Le temps s’écoulant et la situation s’aggravant, face au peuple qui comprenait, il n’a su tirer la conclusion et démissionner. S’étant engagé dans cette voie et poussé par les organisateurs d’Oslo, il a préféré mépriser la démocratie et ceux qui protestaient et les a qualifiés de ‘Propellers’ négligeables, bien qu’ils constituaient la majorité qui s’est révélée aux élections de 1996, quelques mois après son assassinat. Son deuxième mandat a consommé son échec total. - Ehoud Barak : chef des armées de 1991 à 1994, il quittait sa fonction à l’âge de 52 ans; en 1995, il devenait Ministre de l’Intérieur et en 1999, il était promu au rang de Premier Ministre. Sa chute fut fulgurante comme sa montée. Ses biographes reconnaissent qu’il ne savait consulter et prenait ses décisions seul. Quand il a décidé d’évacuer la Zone de Sécurité du Liban (avec raison) il a commis une erreur psychologique énorme: en tant que militaire, il a donné un ordre et cet ordre devait être exécuté immédiatement. L’évacuation du Liban en quelques heures a ressemblé à une débandade qui laissait en arrière les alliés de longue date Tsadal, et donnait au Hizballah l’impression d’une victoire arabe à imiter. Sa deuxième erreur a consisté dans la tentative d’obtenir la paix à tout prix avec Arafat à Camp David puis à Taba. Cependant sa ‘générosité’, rejetée par Arafat, a révélé et prouvé aux aveugles que les Palestiniens ne cherchaient qu’à détruire Israël et ne pouvaient constituer de partenaires pour la paix. - Ariel Sharon : c’est un général qui a prouvé largement ses qualités de commandant par ses décisions. Citons quelques uns de ses exploits : création de l’unité 101, liquidation des terroristes de la Bande de Gaza en 1969, franchissement du canal de Suez en 1973... Libéré de l’armée à l’âge de 45 ans, il se tournait vers la vie politique qu’il a marquée par des décisions essentielles. Depuis la création du Likoud jusqu’à sa participation, en tant que Ministre de la Défense, à l’opération ‘Paix en Galilée’, il a prouvé (à l’inverse de Rabin), qu’il créait l’événement et ne le subissait pas. Son surnom de ‘bulldozer’ illustre sa qualité essentielle de décisionnaire et d’exécutant. En 2001, il accédait au rang de Premier Ministre après la chute de Baraq et combattait avec efficacité la deuxième Intifada. En 2003, il était réélu à son poste. Et là commençait la période noire de son histoire. Pris à parti par la justice et par les médias gauchistes, il décidait d’une politique les satisfaisant, le désengagement ; subitement les accusations et les menaces qui planaient sur sa famille se transformèrent en louanges et en soutien aveugle. L’exécution en une semaine du désengagement, jetant de leurs foyers 10000 citoyens sans leur donner le temps d’acclimatation ailleurs, prouve la brutalité de son action. Il reste le général qui ordonne et ne conçoit que l’exécution immédiate des ordres, méprisant quelquefois les vues de ses supérieurs comme au Liban. La démocratie a constitué à ses yeux un obstacle qu’il fallait contourner peu importe par quels moyens : corruption, démission de ministres gênants, formation d’un gouvernement gauchiste contrairement à la volonté du peuple, scission dans son parti le Likoud, création en 2005 d’un nouveau parti ‘Kadima’ pour pouvoir se débarrasser de l’opposition à l’intérieur du Likoud et régner en maître absolu… Ce dernier acte est antidémocratique et logiquement illégal du moment qu’il ne se démettait pas de ses fonctions : en effet qui a voté pour son nouveau parti ‘Kadima’ aux élections de 2003, alors qu’il n’existait pas? Un autre parti est majoritaire au sein de la Knesset et aurait dû former un nouveau gouvernement. Nous aurions pu citer Abraham Mitsna tiré de sa mairie de Haïfa qui heureusement a échoué en 2003 et Amir Pérètz qui peut-être sera investi bientôt et sur lequel planent des doutes sur ses capacités : un chef de syndicat, même brillant, comment peut-il, à l’âge de 53 ans, s’improviser chef de gouvernement ? L’Histoire objective jugera durement tous ces Premiers Ministres qui ont échoué dans leur tâche mais aussi les gens qui les ont portés au pouvoir au sein des partis. L’Histoire s’étonnera de l’engouement incontrôlé d’une partie du peuple, de députés et de ministres et leur aveuglement envers des actes quelquefois dictatoriaux, causant des dommages incalculables à l’état. Au vue de l’expérience précédente, s’imposent deux lois : 3 [1] – Qui peut être Premier Ministre ou Ministre de la Défense ? Pour accéder à la fonction de Premier Ministre, le candidat doit prouver par ses diplômes qu’il s’était préparé à une fonction publique avant l’âge de 35 ans. 15 ans de fonction de député et de ministre doivent compléter sa formation. Un certain charisme, une facilité d’élocution et la connaissance de l’anglais paraissent nécessaires aux candidats. Une telle loi, qui ne veut créer aucune discrimination, devient indispensable face à l’expérience qui prouve que les partis ont choisi leurs candidats non en fonction de leurs capacités à affronter leurs responsabilités mais en fonction du nombre de voix qu’ils peuvent apporter. De plus, nous avons vu comment un Ministre de la Défense, (mais aussi un Premier Ministre), ancien militaire de carrière exploite sa position pour donner des ordres dans l’armée et prendre la position de super-chef des armées. Aussi la loi doit interdire qu’un ancien militaire de carrière ne devienne Ministre de la Défense. 4 – Changements de partis par des députés : Au cours des ans, a été constaté le fait que des députés changeaient ou quittaient leur parti d’origine pour des raisons de corruption et faisaient basculer les décisions de la Knesset sur des problèmes d’intérêt national. Etant donné que les élections portent sur es partis et que les députés sont donc élus parce qu’ils appartiennent à un parti doté d’une plate-forme définie, si, pour diverses raisons, un député décide de s’éloigner de leur parti, il perd sa légitimité et ne peut que démissionner de la Knesset, permettant ainsi à un candidat, fidèle, suivant sur la liste du parti, de remplir ses fonctions de député. Signalons que dans le cas du Likoud, en 2005, treize députés ont été qualifiés de rebelles parce qu’ils s’étaient éloignés des nouvelles conceptions du président du parti mais respectaient la ligne classique de celui-ci. La création, par le président, d’un nouveau parti avec une plate-forme résolument différente prouve qui était rebelle, c’est-à-dire s’éloignait de la conception du parti d’origine et donc de la volonté du peuple, telle qu’elle fut exprimée en 2003. Ce président, étant Premier Ministre, appliquant la règle de démission qui aurait entraîné la chute du gouvernement, pouvait faire entériner par le peuple sa nouvelle politique, par de nouvelles élections ou tout au moins en la sous-mettant à un referendum. Il aurait alors respecté la démocratie. David Bentata 15-1-2006
[1] Dans un précédent article ont été proposées deux lois : 1-le système judiciaire ; 2-la loyauté envers l’état. |