Le Retour des Cohen Imprimer E-mail
Ecrit par Avi Gleitzer   

Le Retour des Cohen

L’étoile bleue du drapeau d’Israël, si elle n’en vaut pas une jaune, n’en vaut pas une orange non plus. L’étoile

à six branches doit être enlevée du drapeau national car c’est un symbole qui n’a rien de juif. La véritable « Maguen », protection de David, est un Chandelier à sept branches, un objet concret, pas un symbole qui n’exprime que ce qu’il représente, passivement et de manière abêtissante. En l’occurrence, l’étoile de David, toute bleue qu’elle est n’en fut pas moins jaune et à des tendances à devenir orange à ses heures … Voir à ce propos le dossier de Kountrass* qui n’a pas pour habitude de dire des âneries. L’étoile à 6 branches n’est pas un symbole juif et sa popularité devint universelle par le maudit Hitler.

Comme l’étoile à 6 branches de notre ‘drapeau national’ l’indique, nous sommes toujours en Galout. Nous sommes toujours gouvernés par les frères de Joseph qui n’en finissent pas de condamner et d’exiler de leur propre terre ceux qui ne veulent plus, ne peuvent plus devenir des ‘arrachés vivants’ de leur foi en la promesse de D.ieu à

nos ancêtres. Cette promesse, personne n’en veut, ou presque. Cette promesse, est en deux parties qui, comme celles d’une coquille, doivent être réunies pour abriter une noix, une perle. Ces deux parties sont la Terre d’Israël et la Torah. Refuser l’une ou l’autre revient à écarter une ou les deux parties de la coquille, et à faire perdre à la perle la protection que procure une coquille fermée.

Il y a aujourd’hui des religieux attachés à la terre d’Israël, les ‘Breslev’, qui chaque année délaissent une fête en Israël et leur famille pour faire un pèlerinage en Galout sur la tombe de Nachman de Breslev, et nous, nous tous, nous délaissons les tombes de nos ancêtres qui n’étaient pas des gaulois aux mains de nos pires ennemis, des êtres aux comportements inhumains, sur une terre que D.ieu nous a donné et que nous ne voulons pas occuper !

Les uniques représentants de l’adhésion à la Terre autant qu’à la Torah sont bien, de nos jours,

ceux des juifs d’Israël et du monde qui vivent en Yesha, et plus particulièrement au Goush Katif, et en Samarie, au nord d’Ofrah. Ce sont ces gens, ces ‘nouveaux pionniers’ qui sont sur le chemin du juif redevenu un hébreu, et tous ceux qui les soutiennent, dont une majorité des courants religieux d’Israël. Cet état de fait, relativement nouveau est, sans qu’on le sache, une des conditions d’un espoir pour un réveil des consciences de la majorité silencieuse, de tous les Cohen et les Levi qui dorment parmi nous.

Il n’y aura pas de nouveau Moche Rabbenou, c’est une époque révolue que celle d’un guide spirituel pour le peuple juif et ni les Rois, ni les Prophètes ne reviendront. Comme chacun le sait, notre époque est celle de la volonté des peuples, et comme on ne le sait que trop, cette volonté est passible de deux travers extrêmes : soutenir un tyran sanguinaire ou accepter son propre joug, celui du silence et de la reddition face à ses propres intérêts d’individus libres. L’homme s’impose parfois la domination de son peuple pour étouffer les libertés individuelles qu’il ne sait pas contrôler. Il recourt alors à un gouvernement supra autoritaire dont l’attrait n’est plus son opinion mais sa force de dissuasion.

La liberté de penser et d’agir s’en trouve alors réduite au bénéfice de l’ordre apparent. Quand, dans un peuple, une partie majoritaire de la population ne sait plus quelles sont ses valeurs, celles-ci perdent du même coup leur rôle statutaire et salvateur de la liberté individuelle. La liberté de chacun, si elle n’est pas régulée par des valeurs concordantes majoritairement acceptées devient un danger pour la liberté de l’autre et requiert alors l’emploi de la force par l’ensemble du peuple sur ses individus afin de maintenir un semblant d’unité dont l’ordre, quelle que soit la façon dont il est obtenu, est apparent et n’est pas plus que cette apparence elle-même.

La façon dont le peuple juif est gouverné ressemble plus, malheureusement, à l’auto imposition d’un pouvoir étatique fort qui pallie aux insuffisances de concordance dans les valeurs et les pratiques des individus qu’à un pays aux citoyens harmonieusement consentants sur le fond et la forme de leur présent et de leur avenir. La majorité du peuple est silencieuse et tiraillée entre sa nature juive un tant soit peu ascétique et sa culture païenne prodigue et omniprésente. Le peuple n’ayant plus d’autorité commune naturelle se cherche une autorité issue de valeurs extérieures à lui-même qui, tel un virus meurtrier, profite du vide apparent pour conquérir du terrain. Le centre du combat est donc la lutte qui pourra mener l’ensemble du peuple à retrouver une unité de valeurs afin d’arrêter l’invasion d’un pouvoir étranger sur notre propre terre, et dans nos propres cœurs.

La valeur du peuple juif est la Torah. La Torah peut certes s’enseigner, doit certes être mise en pratique, mais elle est plus que cette étude et cette pratique réunies. La Torah est le principe fondateur de l’univers, l’essence du peuple juif qui existe, latente ou avérée en tout juif. Il est remarquable que Moche Rabbenou fut un ‘Hozer beTechouva’, et sa pratique de la Torah était un travail de chaque instant qui l’empêcha de pouvoir s’adresser au peuple juif qui était tout aussi divisé qu’il l’est actuellement. A l’inverse, son frère Aaron savait parler aux juifs. Il les connaissait pour avoir grandit parmi eux, et, en s’adressant à tous, il parlait en fait au cœur de chacun.

Or, ce qui doit parler au cœur de chaque juif est certes la Torah, mais surtout son fondement : la réunion du peuple juif en un lieu sur une terre, Israël. La reconnaissance de la terre d’Israël comme un support pour l’assemblée librement consentie d’individus aux passés et aux visages différents se reconnaissants comme juif parce que la terre d’Israël fut donné par D.ieu au peuple juif, aux descendants des Patriarches, à chacun de nous, quoi ! Cette reconnaissance de notre identité première et future se fait par l’acceptation de la vraie nature de la terre d’Israël de par son origine et son statut divins.

La majorité du peuple doit prendre parti dans ce combat national et comprendre que la lutte est celle de chaque juif avec lui-même dans le but d’accepter et de partager l’identité juive qui se cache en chacun. Le but premier est la reconnaissance de cette identité et de l’identité de la terre d’Israël qui permet, elle et elle seule, la concrétisation nationale de l’identité juive. Israël est aux juifs comme la France est aux français. Notre drapeau est un chandelier à sept branches, allumé, entouré d’un Etrog , d’un Loulav et d’un Shofar.

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