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Convenons que de Sharon se dégage un certain charisme qui semble séduire de nombreux israéliens. Son passé chargé de faits d’armes le place parmi les généraux qui ont marqué le plus l’Histoire d’Israël. Il a toujours montré son indépendance d’esprit : - en 1973, quand il traversait par un coup d’éclat, en tant que général, le canal de Suez et achevait de consommer la défaite de l’Egypte, - en 1982, quand il outrepassait, en tant que Ministre de la Défense, le programme fixé pour l’opération ‘Shalom Hagalil’ (Paix en Galilée) et subissait les échecs cuisants de l’assassinat du Président du Liban Bachir Gemayel et de Sabra et Shatila (ce dernier pour lequel il fut rendu responsable par la gauche pour l’éliminer ! Le responsable avait été en fait Elie Hobéika, chrétien libanais), en 2005, quand il décidait d‘adopter, en tant que Premier Ministre, le programme de désengagement de son rival aux élections, Mitsna, de l’extrême gauche et l’exécutait.
Son surnom de bulldozer n’est nullement exagéré : ayant fixé le but, il invente des moyens qui peuvent être inhabituels, illégaux, inhumains… ; affrontant la volonté de tous ses supérieurs, il a oeuvré et su porter la responsabilité de ses actes. De là probablement son ‘charisme’ particulier. Face à tant de gens qui parlent longuement et font peu, il a toujours parlé peu et pris des décisions d’importance nationale. Ses échecs sont passés presque inaperçus ou lui sont pardonnés, les gens étant séduits et enthousiasmés quelquefois par ce personnage qui décide et a le courage d’atteindre son but en employant peu importe quels moyens. Probablement beaucoup de simples citoyens, de députés et des ministres sont fascinés par Sharon capable d’assumer ses responsabilités. Ils en oublient le sens des décisions, les conditions dans lesquelles elles ont été prises, les conditions d’exécution et leurs conséquences. Il semblerait que plus la décision est condamnable, plus les gens sont attirés par celui qui a le courage de la prendre et d’affronter tous les protestataires. Si on le compare à Rabin, lors du désengagement, Sharon risquait sa vie ! Ainsi le désengagement, - qui représentait une victoire gratuite pour l’ennemi et un encouragement à la poursuite de son combat, - dont la décision était basée sur la crainte des procès que la gauche préparait à Sharon et à ses fils, - qui a été exécuté en un temps record qui n’a permis aux déracinés ni de recaser dignement leur famille, ni de se reconvertir et trouver un travail, se solde par une situation sécuritaire dégradée au point que l’on peut craindre un affrontement grave non seulement avec les Palestiniens, mais encore avec l’Egypte, mêlée au conflit israélo-palestinien d’une façon scandaleuse. Tout cela a été fait et voté par des hommes qui se réfugiaient derrière le décideur, Sharon et continuent à se réfugier derrière lui malgré l’échec évident et prévu d’avance du désengagement. En faisant la différence qui convient, comment ne pas rapprocher cette mentalité de celle de l’entourage d’Hitler qui prétendait : ‘Hitler a décidé, ce n’est pas nous!’ Enfantin ! Dangereux ! Ignoble ! On se serait attendu en effet au moment du désengagement à des démissions en masse des généraux et autres officiers de l’armée, à des défections nombreuses de Ministres ; on aurait pu espérer que le vide se ferait autour de Sharon et qu’il perdrait son équilibre. Eh, bien ! Non, Sharon a exercé la fascination du ‘Chef Charismatique’ et nombreux sont ceux qui ont fait abstraction de leurs pensées profondes et de leurs croyances et ont servi un dictateur, ignorant ce qu’est la démocratie. Face au charisme ressenti par certains, d’autres plus clairvoyants ont constaté la triste réalité : Sharon est un personnage dangereux (en parti par la fascination aveuglante qu’il exerce), corrompu par lui-même et qui a utilisé la corruption (pas seulement son charisme !) pour se maintenir et fait passer des lois qui ont divisé le peuple et son parti et mené à une situation sécuritaire explosive. Sharon est un général-politicien dont on espère la disparition de la scène politique au plus vite : il porte la responsabilité (allègrement, suivant les apparences) de suffisamment de catastrophes qui minimiseront probablement sa part dans la construction de l’état d’Israël au début de sa carrière. Aujourd’hui Sharon se maintient au pouvoir de façon illégale : qui a voté pour lui et pour tous ceux qui se sont joints à lui dans le nouveau parti Kadima ? Personne ! Alors on prétend : Sharon a apporté 40 mandats en 2003. Non ! Sharon était à l’époque un personnage haï. C’est Mitsna par son plan de désengagement qui a provoqué le succès du Likoud. Les gens ont voté ‘Likoud’ pour se protéger de son plan et … c’est ce qu’ils ont obtenu par le viol de leur volonté exprimée clairement dans les urnes. Nous pouvons espérer que peu voteront pour le parti d’un personnage, sans programme défini, transformé en pantin manipulé par la gauche, entouré d’un aréopage de corrompus ou simplement envoûtés, qui termine sa carrière sur une action que l’Histoire ne lui pardonnera pas. David Bentata 22-12-2005 Le Charisme : Nous aurions pu poser dès le début de l’article la question suivante : D’où découle le charisme ? - Chez Beigin, le charisme provenait du fait qu’il était un brillant tribun, parlant avec conviction sur des thèmes élevés et il était servi par des intonations et une voix séduisantes. - Chez Binyamin Nétanyahou, il découle de sa voix grave, de sa facilité d’élocution et de sa présentation. - Chez Amir Pérètz, son charisme ressort de sa qualité d’orateur mais sa voix aigüe et aussi les thèmes abordés le desservent quelque peu. - Chez Sharon, il provient du fait que c’est un homme d’action. Son ‘charisme’ très particulier ignore l’éloquence et ses échecs lui sont pardonnés, par certains du fait qu’il agit effrontément et assume ses responsabilités. Le charisme provoque un attrait et un respect que ressentent les auditeurs et les spectateurs et peu importe son origine profonde. Dans une certaine mesure, le charisme est dangereux car il permet d’attirer les citoyens qui oublient de réfléchir sur le fond des problèmes et se laissent envoûter. Un homme comme Shimon Pérès, de qui ne se dégage aucun charisme, est poursuivi par les échecs électoraux bien qu’il soit probablement le seul diplomate de rang international qu’ait eu Israël : il est desservi par son calme et sa logique froide (qui aurait dû l’amener à voir les réalités en face, malheureusement il a poursuivi une politique qui fait fi de ces réalités). Il est donc un brillant second, dangereux … qui, dans l’ombre, tire les ficelles. David Bentata 22-12-2005 |