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Notre paracha débute sur le récit du voyage de notre ancêtre Yaakov à ‘Haran. Il part pour échapper à son frère Essav qui veut le tuer, car Yaakov lui a pris la bénédiction paternelle par la ruse. En chemin, il fit un rêve : il vit une échelle qui était posée sur terre et dont le sommet atteignait le ciel. Et « des Anges Divins montaient et descendaient le long de cette échelle. Et voici que D. se tenait sur lui…». Le Midrash Tan’houma s’interroge sur la nature de ces anges (Vayétsé. 2) : « Rabbi Schmouel bar Na’hman nous dit : ce sont les anges célestes des Peuples du Monde.
D. a montré à notre ancêtre Yaakov l’Ange de Babylone qui est montré au 70ème dégré de l’échelle (allusion aux 70 ans de domination du monde) et qui en descendit; puis Il lui montra l’Ange des Mèdes qui monta au 52ème niveau de l’échelle puis il en descendit. Puis l’Ange de la Grèce monta de 100 degrés puis en descendit. Et enfin, l’Ange d’Edom (Rome) monta mais n’en descendit pas ! Notre ancêtre Yaakov fut alors saisi par la crainte. Il pensa : « peut-être qu’il n’y aura pas de descente pour celui-là ? ». D. le rassura et lui dit : « Ne crains rien Mon Serviteur Yaakov, ne sois pas alarmé Israël. Même si tu le vois monter vers Moi, de là Je l’en ferais descendre comme il est dit : « Quand même tu fixerais ton aire aussi haut que l’aigle et la placerais au niveau des étoiles, Je t’en précipiterais dit D. ». Rabbi Bérékhia dit au nom de Rabbi ‘Halbo et Rabbi Schmouel ben Yossénia : « ceci t’apprends que D. lui a montré l’Ange de Babel qui est monté puis descendu, l’Ange des Mèdes qui est monté et descendu, l’Ange des Grecs qui est monté et descendu, l’Ange d’Edom qui est monté et descendu. Puis D. demanda à Yaakov : « Pourquoi ne monte-tu pas ? ». A cet instant Yaakov fut saisi de crainte, il dit « de même que ceux-là sont monté et sont ensuite descendus, peut-être que je chuterai également ». D. lui affirma :« Si tu montes, tu ne descendras jamais ! ». Mais il (Yaakov) ne Le crut pas et ne monta pas ! Rabbi Schmouel déclara que ceci est illustré pas les termes du verset : « Malgré cela, ils péchèrent encore, et n’ajoutèrent point foi à Mes Merveilles » (Téhilim 78. 32). D. dit à Yaakov : « si tu étais monté et avait eu confiance, tu n’aurais jamais connu de chute. Mais comme tu n’a pas eu confiance, tes descendants seront asservis par ces 4 royaumes dans ce monde, en leur payant des impôts. Yaakov demanda s’il en serait ainsi pour l’éternité. Il lui répondit : « Ne crains rien Mon Serviteur Yaakov, ne sois pas alarmé Israël car Je vais te sauver même de loin et ta descendance même des terres où ils seront asservis en Gaule ,en Espagne et chez leurs voisines... Puis Je détruirai tous les peuples où tu auras été dispersé… Mais toi, Je ne te détruirai jamais. Je t’opprimerai seulement par des épreuves dans ce monde-ci, afin de te laver de tes fautes en vue du Monde Futur. Tout ceci fut dit durant le rêve. ». Pour quelle raison Yaakov refusa de monter sur l’échelle ? Il avait l’assurance de D. Lui-même de ne jamais en descendre contrairement aux autres anges ! Le Rav Issakhar Méïr dans son livre Sakhar Sakhir nous cite le Sefat Emeth : tous ces anges ne connurent en fait qu’une ascension sur le plan matériel selon l’ordre naturel. Puis après être arrivés à leur point d’ascension maximal, après avoir tiré de la nature tout ce qu’ils pouvaient recevoir, ils ont tous chuté. Et même l’ange d’Essav (Edom, le monde occidental) qui est monté tellement haut qu’il a semblé à Yaakov qu’il ne descendrait jamais, sera précipité d’en haut par D. lui-même, comme nous le cite le Midrash. Car toute ascension de l’homme, attribuée à ses propres forces ne l’amènera enfin de compte qu’à la chute finale ! Yaakov a refusé de monter sur l’échelle qui symbolisait une ascension par des moyens naturels : il ne voulait concevoir d’élévation que par son mérite et son attachement à D. ; c’est pour cela qu’il déclara : « Si D. est avec moi…et me donne du pain à manger et un vêtement à mettre… et que D. est avec moi »… « je suis trop petit pour toutes ces bontés »… Nos Sages déclarent que les Tsadikim ne sont pas sûrs d’eux-même dans ce monde-ci car peut-être qu’ils fauteront dans le futur et perdront leur mérite. Yaakov désira recevoir sa récompense que d’après le Jugement et avec crainte. Tout bienfait reçu dans ce monde déclencha chez lui une crainte. Car toute abondance gratuite qui n’est pas basée sur un mérite amènera forcément à la chute. L’homme doit travailler durement pour être « un récipient » pour la bénédiction matérielle. Yaakov craignit de monter sur l’échelle, c’est à dire de recevoir une abondance de bienfaits d’ordre matériels non-mérités, car il pensait que cette abondance serait source de décadence spirituelle ainsi qu’il est écrit : « Il est devenu gras Yéchouroun et regimbe ». Car en s’enorgueillissant de la richesse et en courant après les plaisirs matériels de ce monde en étant vide de Tora, il ne peut y avoir qu’une chute spirituelle. Après tout cela, où est l’erreur de Yaakov ? En fait, s’il était monté sur l’échelle, il aurait tracé le chemin à des générations aussi basses que les nôtres, celles du talon de Moshia’h. Il aurait évité que toute la matérialité du monde ne vienne avilir notre génération. En effet, un Tsadik du niveau de Yaakov aurait élevé la matérialité du monde pour qu’elle ne constitue pas un obsctacle à l’accomplissement de la Tora et des Mitsvot, mais qu’au contraire, elle vienne participer au Service Divin. Il est de même de nos jours : certains d’entre nous refusent de « monter sur l’échelle », et de prendre des initiatives dans des domaines qu’ils jugent, à priori, étrangers à la Tora. Ils laissent monter sur l’échelle des individus sans scrupules qui ne pensent qu’à leur bien-être personnel. Il faut au contraire apprendre du récit de l’échelle, que D. lui-même nous montre le chemin et nous assure de Son Soutien. Cela nous évitera de nous laisser asservir par des anges malfaisants (de droite comme de gauche) ou comme ceux des 4 royaumes qui sont cités dans le Midrash. Nous assiterons au contraire à la chute de nos ennemis et à la venue de Moshia’h, très prochainement.
L’expression de l’Admour Hazaken sur le fait qu’il faille « vivre avec la paracha » est bien connue. Les ‘Hassidim ont interprêté ceci en disant qu’il faut vivre avec la paracha que l’on étudie durant la semaine. Bien que des milliers d’années se soient écoulées depuis le Don de la Tora, celle-ci garde un caractère éternel. Plus profondément, tous les sujets traités dans la Tora, constituent un enseignement pour toutes les époques et tous les lieux. Il est nécessaire d’étudier tous les sujets abordés dans la partie étudiée durant la semaine. Bien que l’ordre des parachiot à lire toutes les semaines ait été fixé pour le peuple Juif depuis des centaines d’années, voire même 1000 ans, l’actualité de la paracha étudiée durant une certaine semaine est invariable pour tous les temps et tous les lieux où l’on se trouve. Par ailleurs, le Baal Chem Tov nous enseigne que tous les évènements qui surviennent dans le monde sont un effet de la Providence Divine, השגחה פרטית , qui connait déjà l’avenir, car pour Lui, Béni soit-Il, le présent, le passé et le futur sont réunis ensemble. Il a donc crée et fixé tous les détails de toute chose pour que dans toutes les époques et tous les lieux il y ait un lien avec la paracha de la semaine. La paracha de cette semaine nous relate le mariage de Yaakov, premier mariage dont la Tora nous enseigne tous les détails. Le premier mariage d’un Juif circoncis relaté dans la Tora, est celui d’Its’hak. Mais dans ce cas, nous n’apprenons que les préparatifs du mariage; car le premier mariage décrit lui-même en détail, est celui de Yaakov, celui qui est l’élu des 3 Patriarches. Nous en déduisons plusieurs ‘Halakhot sur la façon dont on doit procéder pour un mariage : Sur le fait que Lavan demande à Yaakov : « remplis la semaine de celle-là », nous apprenons 2 Lois : - la loi des 7 jours de festin après un mariage, (7 Brakhot). - Le fait de ne pas mélanger 2 Sma’hot (2 évènements joyeux). La joie d’un mariage ne doit pas interférer avec une autre joie. Or, il existe un principe selon lequel on n’apprend pas une loi d’évènements survenus avant le Don de la Tora. De plus, les 7 jours de festin sont d’ordre rabbinique (le premier jour de joie est ordonné par la Tora, mais les autres jours sont d’ordre rabbinique). On explique le caractère rabbinique de ces jours supplémentaires de joie par le fait qu’ils sont déduits d’évènements antérieurs au Don de la Tora. Le fait de ne pas mélanger une Sim’ha avec une autre est par contre d’ordre Toranique pour les Tossafot. Or ceci est aussi déduit d’un événement antérieur au Don de la Tora ! La réponse à cette question est que l’on apprend pas une Halakha (loi tranchée) d’un événement précèdant le Don de la Tora, car la Tora est venue renouveller la Halakha. Par contre, on peut tirer des arguments sur un sujet ou des explications sur le comportement de la psychologie humaine à partir d’évènements antérieurs au Don de la Tora, car il n’y a aucune différence pour ceux-là avant et après le Don de la Tora ! Pour les 7 jours de festin, nous ne pouvons pas déduire cela d’un événement antérieur au Don de la Tora, car il s’agit d’apprendre une Halakha tranchée. Par contre, pour l’interdiction de mélanger 2 Sma’hot, il s’agit d’une raison qui est fonction du comportement humain. Deux analyses de ce comportement nous sont offertes, soit : - Lorsqu’un homme se trouve dans un état d’esprit particulier,comme celui d’être joyeux, il est plus apte à se réjouir ensuite dans une autre Sim’ha. - Ou bien, au contraire, lorsqu’il est absorbé dans une Sim’ha, il ne peut pas se réjouir dans une autre Sim’ha; pire, cette nouvelle Sim’ha va le déranger, bien qu’il s’agisse d’évènements du même ordre. Des mots « remplis la semaine de celle-ci », de notre paracha, nous déduisons que c’est la deuxième hypothèse qui est la bonne : une nouvelle Sim’ha va perturber la première. Cela va nous permettre de déduire la Loi de ne pas mélanger une Sim’ha avec une autre. La Sim’ha d’un mariage d’un fiancé et d’une fiancée est comme toute Sim’ha d’une Mitsva, elle doit être entière : la personne doit totalement s’y investir, car une Mitsva constitue l’accomplissement de la Volonté Divine. Or la Michna demande à un homme : «accomplis Sa Volonté comme tes désirs, pour qu’Il réalise ta volonté comme la Sienne ». Le Baal Chem Tov enseigne « qu’un homme se trouve là où se trouve sa volonté. Il est donc nécessaire qu’un homme se trouve totalement absorbé dans une seule Sim’ha. Il est de même pour un fiancé et une fiancée, il faut que la Sim’ha touche à l’ensemble de l’âme. Pour ces considérations d’ordre psychologique, il est donc permis de déduire d’évènements antérieurs au Don de la Tora qu’une Sim’ha peut déranger une autre. Nous apprenons donc qu’il ne faut pas mélanger une Sim’ha avec celle d’une autre Mitsva, car elle va perturber la Sim’ha liée à la Mitsva. Il y a une autre explication plus profonde : les Patriarches sont arrivés avant le Don de la Tora au niveau le plus élevé qu’ une personne puisse espérer atteindre par ses propres forces. Mais tout leur travail était d’ordre spirituel sans pouvoir changer la matérialité du monde. En effet, avant le Don de la Tora, il y avait un décret que « les habitants de Rome ne pouvaient pas descendre en Syrie et vis-versa » (le spirituel et le matériel formaient deux entités distinctes et séparées). Ce n’est qu’après le Don de la Tora, que les objets matériels ont pu servir de support à la spiritualité , עצמות ומהות אין סוף ברון הוא . C’est pour cela que l’on n’apprend pas la Halakha de faits antérieurs au Don de la Tora : les chemins pour atteindre la spiritualité étaient différents de ce que nous connaissons après le Don de la Tora. Par contre, pour les considérations liées à la psychologie humaine, il est possible de tirer des arguments de faits antérieurs au Don de la Tora, pour des sujets posterieurs à cette date, car l’accomplissement de la Tora et des Mitsvot a pour but de réparer des sujets comme « la brisure des vases שבירת הכלים », ou le péché de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. Il nous est utile de nous baser sur la psychologie d’avant de la Don de la Tora, car nous devons réparer ces erreurs dues à des traits de caractère. Tout cela ne concerne que la réparation d’évènements survenus avant le Don de la Tora. Par contre, nous ne nous en servirons pas pour en déduire des Lois concernant des faits relatifs à une période postérieure au Don de la Tora. |