Traduction Bernard Brajzblat sous le contrôle du Rav A.Sénior de Créteil
Chabbath Toledoth
5766
3 Décembre 2005
Volume IV – Lettre 5
2 Kislev 5766
Hil'hoth Chabbath
Dans quels cas, peut-on absorber des médicaments le C habbath ?
Dans la Lettre précédente, nous avons établi que la hala'ha suivait l'avis selon lequel un malade ne peut transgresser un issour derabanan (un interdit d'ordre rabbinique) que bechinouï (d'une manière inhabituelle) mais qu'il peut le faire normalement si un membre est en danger. 1
Les comprimés autorisés par la hala'ha le Chabbath doivent-ils alors être pris bechinouï ?
Pas nécessairement. Le MichnaBeroura2, face à cette difficulté considère qu'un chinouï n'est nécessaire que si l'action concernée peut être assimilée à une mela'ha. Dans ce cas, puisque la prise de comprimés ou de sirops ne ressemble à aucune mela'ha, un chinouï n'est pas nécessaire. En d'autres termes, dans les cas où l'on peut avoir recours à des comprimés ou des sirops le Chabbath, ils peuvent être pris sans chinouï.
Le 'Hayé Adam ajoute 3 qu'une action qui ne peut ni être réalisée bechinouï ni avec l'aide d'un non juif peut l'être de façon habituelle. Cette remarque peut également s'appliquer à la prise de comprimés.
Mais quand peut-on appliquer le héter (permission) de prendre des médicaments ?
Toute personne considérée comme malade, c'est à dire qui est alitée ou dont les douleurs affectent tout le corps peut prendre des comprimés pour soigner ce mal.
Qu'en est-il d'une personne non alitée qui doit prendre des antibiotiques ou d'autres médications ?
Les poskim (décisionnaires) ont différentes opinions sur la question. D'après un premier avis, une personne qui n'est pas malade (au sens de la définition précédente) ne pourra prendre des comprimés que dans le cadre d'un traitement d'une durée supérieure à 7 jours, c'est-à-dire que ces comprimés doivent être pris le Chabbath car, en cas contraire, cela pourrait nuire à l'efficacité du traitement et celui-ci doit avoir commencé avant le début de Chabbath4.
Selon un autre avis, il ne faut pas prendre de médicaments le Chabbath, sauf s'il y a un risque de tomber malade. 5
Certains décisionnaires pensent enfin, qu'un traitement commencé avant Chabbath peut être poursuivi le Chabbath.6 Il semble que de nos jours, cette dernière opinion soit communément admise.
La dissolution d'un comprimé dans l'eau avant Chabbath permettrait-elle son ingestion le Chabbath ?
En effet, c'est le cas; mais reprenons à la source. Le Choul'hanArou'h7 donne l'exemple suivant: Il est permis de tremper le kilorin (compresse oculaire) avant Chabbath et le placer sur l'œil pendant Chabbath et à condition de ne pas ouvrir et fermer l'œil, parce que cela peut être assimilé au lavage de l'œil. Il ne s'agit pas ici "d'écraser des herbes" et pourtant, il faut le tremper avant Chabbath et cela sert de rappel. Nous voyons donc qu'en imbibant le kilorin avant Chabbath , on peut l'administrer le Chabbath.
Si on craint d'avoir un léger mal de tête le Chabbath (non considéré comme une maladie), peut-on dissoudre un antalgique avant Chabbath et le boire le Chabbath ?
Il y a une ma'hloketh (discussion) à ce sujet.
Selon le Rav Moché Feinstein zatsal8, le heter (permission) du kilorin s'explique par le fait qu'il doit être imbibé avant usage et qu'en le trempant avant Chabbath , on "commence" à administrer le remède et on peut ainsi continuer pendant Chabbath. En d'autres termes, ce cas est bien permis, mais ce n'est pas à la suite d'un "chinouï " du traitement. Par conséquent, il ne sert à rien de dissoudre un antalgique dans de l'eau avant Chabbath et de le boire le Chabbath sous prétexte qu'il doit y avoir un chinouï dans la manière de prendre le comprimé car sa dissolution ne fait pas partie de la procédure habituelle.
Pour Rav Chlomo Zalman Auerbach zatsal, 9 il suffit de mettre en œuvre un chinouï de façon que personne ne remarque que l'on prend un médicament et que ce chinouï ait été fait avant Chabbath. En conséquence, on peut mélanger des gouttes ou dissoudre un comprimé dans de l'eau avant Chabbath et le boire le Chabbath. Il ajoute même que celui qui n'est pas malade peut dissoudre un comprimé dans l'eau avant Chabbath et boire l'eau le Chabbath.
Rav Sternbuch chlita précise enfin que ceux qui s'appuient sur ce heter (permission) ne peuvent le faire que dans des circonstances particulières.
[1] Siman 328:17, la 3ème opinion dans le Me'haber
[2] Siman 328:121. Voir le Chemirath Chabbath Kehil'hata 33:4 et note de bas de page 25
[3] 'Hayé Adam Klal 69:12
[4] Rav Chlomo Zalman Auerbach dans Chemirath Chabbath Kehil'hata 34 note de bas de page 76 avec les suppléments du 3ème volume
[5] IggrethMoché Vol III siman 53. D'après R.Moché, il semble qu'il ne faille pas administrer de remède si l'on sait qu'il sera inefficace sauf si le malade risque d'être choqué d'apprendre qu'il est incurable
[6] Min'hath Chabbath Siman 91:9 et le ImréiYocher au nom du 'HazonIch
[7] Siman 328:21
[8] ו " פ ' יס ב " ח ח " וא השמ תורגא
[9] Chemirath Chabbath Kehil'hata 34:5 et notes de bas de page 23-27
Sujets de réflexion
Peut-on se gargariser avec du whisky pour calmer un mal de gorge ?
La hala'ha permet-elle de prendre des vitamines le Chabbath ?
Peut-on utiliser des crèmes et lotions pour éruptions etc…?
Réponses la semaine prochaine
Un mot sur la paracha Toledoth
Quand Yits'hak (Isaac) bénit Yaacov (Jacob), il demanda qu'Elokim lui donne la rosée du ciel et le gras de la terre (27:28). Rachi explique que ןתיו ("donner" au futur, 3ème personne du singulier) signifie qu’Hachem donnera et donnera encore. Pourquoi n'a-t-il pas demandé qu’Hachem lui donne en abondance afin qu’il ne soit pas continuellement dans le besoin ? D’après Rav Chmouel Rozovsky zatsal, Hachem souhaite que les tsadikim (Justes) soient en rapport constant avec Lui et c’est pourquoi Il ne leur donne que de petites quantités. A contrario, Rav Cha’h zatsal souligne que la bra’ha reçue par Essav (Esaü) l’impie stipulait : " et par l’épée tu vivras … ", ce qui signifie qu’il aura tout ce dont il aura besoin sans rien à attendre d’Hachem. Hachem ne veut pas avoir de contact avec les impies.
Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant : Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07 e-mail: site: www.deborah-guitel.com
Vous pouvez dédicacer une de nos lettres à la mémoire ou à l'attention d’un de vos proches
Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.
Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter mais déposer dans une Gueniza