Hayeh Sara Imprimer E-mail
Ecrit par Harav Dovid Ostroff Chelita   

Traduction Bernard Brajzblat sous le contrôle du Rav A.Sénior de Créteil

Chabbath ‘Hayé Sarah

5766

26 Novembre 2005

Volume IV – Lettre 4

24 'Hechvane 5766

Hil'hoth Chabbath

Avertissement: Dans le passage suivant, nous détaillons la discussion entre le Rambam (Rabbi Moché ben Maïmon dit Maimonide) et le Ramban (Rabbi Moché ben Na'hman dit Nahmanide). Ce développement pourra paraître un peu long aux lecteurs peu habitués aux raisonnements talmudiques.

Un juif peut-il transgresser un issour derabanan pour les besoins d'un malade ?

Cette partie traite d'une personne considérée par 'Hazal (nos Sages) comme un הנכס וב ןיאש הלוח, c'est à dire quelqu'un qui est cloué au lit par la maladie ou qui sans être alité ressent des douleurs généralisées, mais dont la vie n'est pas en danger.

Plusieurs opinions se sont exprimées à ce sujet parmi les Richonim (Sages du 2ème millénaire, antérieurs au Choul'han Arou'h) . Comme nous le verrons 1, leurs avis proviennent d'interprétations divergentes de passages de la Guemara traitant des soins à apporter aux malades. Dans le traité Avoda Zarah 29a, la Guemara rapporte un cas où les amygdales entravent l'œsophage, à propos duquel, le Rambam (Maimonide) écrit (2:10) que l'on peut les dégager le Chabbath.

De même dans le traité Chabbath 148a, la Guemara nous enseigne que רבשה תא ןיריזחמ, ce qui pourrait signifier que l'on peut réduire une fracture le Chabbath (à condition de ne pas enfreindre une mela'ha deoraitha) ou remettre une épaule déboîtée (ou un autre membre). 2

Le Rambam en conclut que l'on peut transgresser un issour derabanan pour un malade le Chabbath. Cela n'est pas l'avis du Ramban (Nahmanide) qui, interprétant ces passages de la Guemara différemment, lie la transgression d'un issour derabanan d'une façon habituelle au fait que l'intégrité d'un membre soit en danger. La hala'ha sera donc différente s'il n'y a pas danger.

Par ailleurs, dans le traité Chabbath 134a, la Guemara cite les 'Ha'hamim (Sages) selon lesquels, on ne peut pas mélanger du vin et de l'huile avec vigueur le Chabbath pour les besoins d'un malade.3 Le Ramban 4 en déduit qu'un juif ne peut enfreindre un issour derabanan d'une manière habituelle pour un malade. Cependant, il sera permis d'administrer le remède bechinouï (en changeant la façon habituelle) .

Comment le Ramban explique-t-il le passage sur "les amygdales", n'est-ce pas la preuve qu'il est permis de soigner le Chabbath ?

Selon le Magguid Michné , le Ramban considère que les amygdales présentent un danger pour l'organe voisin, ce qui est défini comme un רבא תנכס (danger pour l'intégrité d'un membre) , cas dans lequel on peut transgresser un issour derabanan d'une façon habituelle, à la différence du cas d'un malade dont aucun membre n'est en danger (Rachi dans le traité Avoda Zarah compare ce cas à celui d'oreilles potentiellement en danger).

Comment le Rambam explique-t-il le passage sur "l'huile et le vin" ?

Nous avons uniquement rapporté à ce sujet, l'avis des 'Ha'hamim mais, en fait, Rabbi Meïr n'est pas d'accord avec eux et considère que l'on peut mélanger l'huile et le vin d'une façon habituelle et selon le Magguid Michné , Rambam tranche dans ce cas comme Rabbi Meïr.

Quelle est la hala'ha ? Comment devons-nous nous comporter dans un tel cas ?

Le Choul'han Arou'h cite ces deux avis (plus une autre opinion ainsi que l'interprétation du Rambam par le Beth Yossef) et établit la hala'ha suivant l'opinion du Ramban. Selon le Michna Beroura, 6 beaucoup de A'haronim (décisionnaires postérieurs au Choul'han Arou'h) tranchent conformément à cet avis.

Cela signifie que l'on peut soigner ou administrer un remède bechinouï, quand il s'agit d'un simple malade, mais que l'on peut procéder de la manière habituelle dans un cas où l'intégrité d'un membre est en danger.

C'est effectivement relativement compliqué dans la mesure où il faut être très versé en médecine et bien connaître la hala'ha pour ne pas commettre d'erreur.

Cela nécessite en effet de définir le statut du patient, c'est-à-dire qu'il faut déterminer s'il peut être assimilé à un הנכס וב ןיאש הלוח (malade dont la vie n'est pas en danger) ou si c'est un malade faiblement atteint, auquel cas, on ne peut rien faire 7. Il faut aussi connaître la différence entre une mela'ha deoraitha et une mela'ha derabanan et savoir comment procéder à un chinouï. La seule façon de connaître tout cela est d'étudier les hil'hoth Chabbath.

Dans quels cas est-il permis de prendre des comprimés le Chabbath ?

On pourrait se demander quel problème pose la prise de comprimés le Chabbath puisque cette action n'engendre aucune mela'ha. En fait, les médicaments étaient principalement constitués de plantes broyées en fines particules; cette action constituant un issour deoraitha, 'Hazal (nos Sages) ont interdit la prise de médicaments sous presque toutes leurs formes le Chabbath, de peur que l'on en vienne à broyer des plantes.

Pourquoi aller broyer des plantes le Chabbath, n'est-ce pas un peu tiré par les cheveux?

'Hazal comprenaient parfaitement la nature humaine et comme il est courant de s'énerver quand quelque chose ne se passe pas correctement, ils ont craint que l'on en arrive à banaliser cette mela'ha quand la santé est en jeu et que, dans un moment d'affolement, l'on oublie que broyer est interdit dans tous les cas.

Nous allons B"H préciser ce point dans la prochaine Lettre .

[1] D'après le Beth Yosseph siman 328:17

[2] Il s'agit d'une ma'hloketh haposkim (discussion entre décisionnaires) pour savoir qui explique la guemara entre le Magen Avraham et d'autres poskim. Voir le Michna Beroura 328:145
[3] Ceci n’est fait que dans l’intérêt d’un malade et est considéré comme un remède le Chabbath

[4] Torath HaAdam dans Chaar HaMi’houch, cité dans le Beth Yosseph et le Magguid Michné 2:10 [5] La guemara précise qu’il est permis de placer séparément l’huile et le vin et de les mélanger légèrement

[6] Siman 328 :57

[7] Siman 328 :1

Sujets de réflexion

Dans quelles conditions peut-on prendre des comprimés le Chabbath ?

Quelle est la hala’ha quant à la prise de vitamines le Chabbath ?

Réponses la semaine prochaine

Un mot sur la paracha ‘Hayé Sarah

Le passouk rapporte que : "Abraham est venu et a prononcé l'oraison funèbre de Sarah." Et Rachi précise qu'il venait de Har Hamoriah (Mont Moriah). Pourquoi est-il si important de savoir d'où il venait ?

D'après Rav Binyamin Shakovitsky zatsal, cette précision constitue la base de l'oraison funèbre d'Abraham. Il décrivit les vertus de Sarah en insistant sur la voie dans laquelle elle avait élevé son fils qui était prêt à se sacrifier pour Hachem. C'est grâce à la droiture de sa mère qu'il fut capable d'agir ainsi et c'est pourquoi le Har Hamoriah (sur lequel eut lieu le sacrifice d'Isaac) fut bien le fondement de l'éloge que prononça Abraham.

A la mémoire Beillo Bass Méïr LEMMEL (27 'Hechvan)

Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant:
Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07
e-mail: Site: www.deborah-guitel.com

Vous pouvez dédicacer une de nos lettres à la mémoire d’un de vos proches ou pour célébrer un évènement.

Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.

Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter mais déposer dans une Gueniza

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