ATHENES, JERUSALEM OU... Imprimer E-mail
Ecrit par Charles Etienne NEPHTALI   

Octobre 1999

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ne ville est là où se trouvent ses habitants ”. C’est ce langage que tînt le général Thémistocle, fils de Néoclès, à ses compatriotes athéniens lorsque, réfugiés sur les trirèmes, ces navires de guerre de son invention, ils se lamentaient en voyant leur ville en flammes. Sur place, Xerxès, le Roi Assuérus du Livre d’Esther, massacrait le Roi Léonidas lors de la terrible bataille des Thermopyles alors que quelques Athéniens restèrent cachés dans Athènes.

J UIFS M AJORITAIRES A J ERUSALEM
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’était une réflexion qu’avaient due se faire des Judéens restés sur place et qui s’étaient cachés lorsque, près d’un siècle plus tôt, en -586, Nabuchodonosor II, le maître de l’Empire babylonien, prit d’assaut Jérusalem, détruisant la ville, son Temple et déportant une grande partie de ses habitants à Babylone. Tous les Judéens firent serment de se souvenir de Jérusalem : “ Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite..... ”. Le Temple, reconstruit en -538 sous le règne du Roi des Perses Cyrus qui restitua aux Juifs les objets sacrés emportés par les Babyloniens, fut à nouveau détruit le 29 août 70 - le 9 du mois de Av. Si toute souveraineté juive sur Jérusalem disparu jusqu'au 7 juin 1967, la présence juive, elle, fut permanente et majoritaire. Le Peuple juif, plus que tout autre, a apposé sur cette ville son cachet culturel et religieux (Jérusalem est cité plus de 600 fois dans la Bible, pas une fois dans le Coran). Aucun Peuple existant de nos jours ne peut se targuer d’une présence aussi longue à Jérusalem. Les premières statistiques fiables de 1844 émanant du fisc ottoman indiquent que 45,9% des habitants étaient Juifs (7120), pourcentage allant régulièrement croissant jusqu'à nos jours où plus de 70% des Hiérosolymitains sont Juifs (413.700).


I NDECENCE E UROPEENNE
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a Cité de David, capitale du Peuple juif, fondée au début de l’âge de bronze, possédait ses édifices monumentaux, ses palais et ses magasins. A l’intérieur du Temple majestueux édifié sur le Mont Moriah par le Roi Salomon, le Grand Prêtre, auquel s’appliquaient des règles particulières avec un rituel et un habit bien déterminés, offrait des sacrifices. Tout y était codifié et réglé en fonction de commandements stricts ; des psaumes y étaient récités et des pèlerinages régulièrement organisés. A cette époque, Paris ne s’appelait pas Paris, pas même Lutèce. Berlin pas encore Berolinum dont l'origine du nom est inconnue. Des peuplades sauvages y vivaient. Et c’est pourtant de cette ville, ex-capitale du troisième Reich, que les Quinze, d’une façon indécente et sans scrupule, ont cru bon, le 25 mars dernier, de réaffirmer le droit pour Arafat de créer un “ Etat palestinien ” d’ici à l’an 2000. Le même Arafat qui proclame haut et fort, partout et y compris à la tribune de l’ONU, que Jérusalem en sera la capitale. Personne ne s’en émeut, personne ne s’en offusque. Deux semaines plus tôt, à Strasbourg, les eurodéputés avaient déjà réclamé un statut international pour Jérusalem avec une gestion multilatérale des lieux saints. C’est une attitude constante que la France affirme avec agressivité, employant régulièrement l’expression “ le Gouvernement de Tel Aviv ”. Les autres pays européens, tout en ayant le même point de vue, étaient jusque là plus discrets. Maintenant, en chœur, ils se référent à la résolution 181 de l’Assemblée Générale de l’ONU du 29 novembre 1947 qui envisageait, en même temps que le partage de la Palestine sous mandat britannique, un statut international (corpus separatum) pour la ville sainte oubliant que ce statut n’était prévu que pour dix ans. Il est bon de se souvenir que les Juifs acceptèrent la résolution à l’inverse des Arabes qui, ne rêvant que de détruire le futur Etat d’Israël, la refusèrent à la conférence du Caire du 17 décembre 1947.


I NTOLERANCE ET E XACTIONS A RABES
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omme au temps des Zélotes, lorsque Titus assiégeait la ville, certaines organisations de défense juive voulurent courageusement maintenir une présence juive dans la vieille ville qui, finalement, tomba aux mains des Transjordaniens du roi Abdallah. L’armistice du 3 avril 1949 consacra la coupure en deux de la ville sainte. Dès le début de l’occupation de la partie Est de Jérusalem par les Arabes, les lieux de culte juifs furent systématiquement détruits et les symboles de trois mille ans de présence juive pratiquement tous effacés. Plus de 40 000 tombes du cimetière millénaire du mont des Oliviers furent profanées et des pierres tombales servirent pour la construction de latrines pour la Légion arabe. La Synagogue de la Hourva datant du XIIIème siècle fut complètement détruite et d’autres Synagogues du XVIème saccagées, ruinées. En tout, 58 Synagogues furent victimes de vandalisme. Jérusalem Est, dont naturellement le Mur Occidental, fut interdite aux Juifs ainsi qu’à toute personne venant d’Israël, aux pèlerins comme aux orants. Tout ne devint que désolation et notre diplomatie resta bien muette face à cette situation ! Les autres nations aussi !


J ERUSALEM : C APITALE D’ I SRAËL
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e 28 juin 1967, la Knesset proclama la réunification de Jérusalem, capitale de l’Etat, garantissant pour tous le libre accès aux lieux saints et précisant que la souveraineté d’Israël ne saurait, en aucun cas, faire l’objet de négociations. La communauté internationale refusa de reconnaître cette décision d’Israël, pays souverain et seule démocratie de cette région. Israël devenait ainsi le seul pays au monde auquel le droit de choisir librement sa capitale est contesté. “ Il y a plus de raisons pour que Jérusalem soit la capitale d’Israël que pour Washington d’être la capitale des Etats Unis, pour Paris d’être la capitale de la France et pour Oslo d’être la capitale de la Norvège ” déclarait en juin dernier Kare Kristiansen, ancien ministre norvégien, ancien membre du Comité Nobel de la Paix, initiateur d’une pétition internationale pour le transfert des ambassades des différents pays à Jérusalem et président du mouvement “ Jérusalem 3000 Embassy ”. Il est intéressant de noter que le Dr Abdul Hadi Palazzi, Imam de l’Institut Musulman Italien de Rome, déclara, entre autres, en 1997 : “ Nous savons que les Catholiques romains ont Rome pour capitale et le fait qu’il y ait dans cette ville la plus grande mosquée d’Europe et une ancienne communauté juive n’enlève rien à son statut de centre du Catholicisme romain. De plus, nous savons que La Mecque est le plus grand centre pour les Musulmans du monde entier et que la ville est entièrement sous administration musulmane. Nous devons respecter ce principe d’équité et accepter sans réserve l’idée que les Israéliens, en tant que nation, et les Juifs, en tant que religion, doivent avoir leur propre capitale politique et morale sous leur administration seule et non partagée, même s’il y a à Jérusalem des lieux saints pour les autres fois Abrahamiques ”.


P OSITION DES A RABES “ M ODERES ”
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epuis de nombreuses années, les Arabes, en général (jusque et y compris les dirigeants des pays ayant signé un traité de paix avec Israël) et les “ Palestiniens ”, en particulier, répètent inlassablement partout dans le monde que Jérusalem doit être arabe et constituer la capitale d’un “ Etat de Palestine ”. En février 1999, une conférence se tenait au Maroc dans le même sens. Une fois de plus, les nations se taisent et pourtant cette Jérusalem ne représente que le troisième lieu saint de l’Islam après La Mecque et Médine (et le deuxième, après Rome, de la Chrétienté, malgré la mort et la résurrection de Jésus à Jérusalem) et n’a jamais été la capitale d’un Etat musulman. Les Arabes mènent une politique offensive tous azimuts alors qu’Israël semblait, tout au moins jusqu'à ces derniers temps, rester sur la défensive. Un stratège militaire avait dit que “ celui qui opte pour la défensive donne à son ennemi la possibilité de choisir le terrain de l’affrontement et d’en contrôler le résultat ”. En politique internationale, cela pourrait aussi s’appliquer.


U NESCO, A RCHEOLOGIE ET I SRAËL
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out récemment encore, les Arabes brandirent la menace du boycott, dans un silence complice, voire approbateur, de l’Europe pour, entre autres, une affaire de restauration rapide à Maalé Adoumim, en banlieue de Jérusalem, et une exposition d’Israël présentant Jérusalem comme sa capitale à Disney (Orlando-Floride). Pire, l’UNESCO a lancé une nouvelle campagne anti-israélienne. Cette organisation vient en effet d’inclure la vieille ville dans une liste de 25 sites mondiaux “ menacés de destruction ” situés pour la plupart dans des pays incapables d’assurer eux-mêmes l’entretien et la sauvegarde de leur patrimoine archéologique. Une campagne de collecte de fonds aurait même été lancée. Cette organisation pour la Culture et l’Education considérerait-elle que Jérusalem-Est étant déjà sous souveraineté autre qu’Israélienne ? Au fait, comment réagira l’UNESCO devant les derniers travaux illégaux et les saccages archéologiques effectués par le Waqf dans les “ Ecuries de Salomon ” sur l’Esplanade du Temple ?


J ERUSALEM : “ T ERRITOIRE O CCUPE ” ?
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nfin, il semblerait malheureusement que Jérusalem soit considéré comme “ territoire occupé ” et fera, de ce fait, partie des “ négociations sur le statut final des territoires ”, en contradiction flagrante avec la proclamation de la Knesset du 28 juin 1967 ci-dessus mentionnée. En tout état de cause, contrairement à ce qu’on veut bien nous faire croire, la confiance ne pas règne pas à la table des négociations. N’est-il pas aberrant d’entendre les Arabes “ mettre Israël en demeure..., exiger..., dénoncer..., accuser Israël... ” ? Est-elle admissible cette propagande anti-israélienne, voire antisémite, doublée de cet enseignement de la haine et du mépris inculqué aux enfants de Gaza, de Ramallah et même, paraît-il, dans certaines écoles arabes de Jérusalem ?


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a paix ”, disait Baruch Spinoza, “ ce n’est pas l’absence de guerre, c’est un mouvement de l’âme ”.

Charles Etienne NEPHTALI
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