Le'h Le'ha Imprimer E-mail
Ecrit par Harav Dovid Ostroff Chelita   

Traduction Bernard Brajzblat sous le contrôle du Rav A.Sénior de Créteil

Chabbath Le'h Le’ha

5766

12 Novembre 2005

Volume IV – Lettre 2

10 'Hechvane 5766

Hil'hoth Chabbath

Si le travail d'une femme sur le point d'accoucher débute avant Chabbath , doit-elle partir pour l'hôpital avant Chabbath ou peut-elle attendre le bon moment pendant Chabbath ?

Cela dépend en grande partie du conducteur. S’il est juif, dans la mesure où la femme sait avant Chabbath qu'elle devra être hospitalisée le Chabbath, il serait préférable d'éviter toute transgression inutile et d'aller à l'hôpital avant Chabbath. 1 En cas contraire et si par exemple, il n’est pas sûr qu’elle accouche effectivement le Chabbath, dans la mesure où, étant à l'hôpital, elle risque de passer la plus grande partie de son Chabbath dans un environnement inapproprié, nous dirions qu'elle n'a pas besoin de sacrifier la mitsvah d'Oneg Chabbath (le délice du Chabbath) pour éviter de voyager le Chabbath, puisque si elle devait vraiment être conduite à l'hôpital le Chabbath, ce serait pour un cas de pikoua'h nefech. 2 .

Comment procéder si l'on doit signer une décharge avant une opération le Chabbath ?

Évidemment si une intervention chirurgicale est nécessaire le Chabbath , cela signifie que l'on se trouve dans un cas de pikoua'h nefech, ou au moins dans un safek (doute) pikoua'h nefech et dans ce cas, tout doit être fait pour faciliter l'opération. Dans certains pays, il est demandé au patient ou à son représentant de signer certains documents au préalable, faute de quoi, les chirurgiens ne pratiqueraient pas. Si c'est le cas, il faut évidemment signer. Cependant, dans la mesure où la signature de ces documents n'est pas un acte directement lié au pikoua'h nefech, il est communément admis 3 de la faire si possible bechinouï (avec un changement) , auquel cas, la mela'ha d'écrire ne transgresserait plus un issour deoraitha (interdit de la Torah), mais un issour derabanan (interdit d'ordre rabbinique).

Comment réaliser ce chinouï (changement)?

Le Chinouï de base dans ce cas est d'écrire de la main gauche.4 Une autre possibilité consiste à griffonner une signature. De nombreuses personnes signent par des gribouillis dans lesquels on ne distingue pas clairement de lettres ou de formes définies et au sens de la hala'ha, de telles signatures ne seraient pas considérées mideoraitha (d'après la Torah) comme des "écrits". On réduirait encore l'importance de cet issour en "griffonnant" une signature de la main gauche.

Comment faire pour franchir une porte avec ouverture électrique ?

Les systèmes de détection de présence vous envoient des ondes que vous réfléchissez ou détectent passivement celles que vous émettez. Dans le premier cas, le détecteur émet soit des ondes de haute fréquence (ultrasoniques), soit des ondes hertziennes et recherche ensuite une réflexion. La porte s'ouvre quand des changements de l'intensité ou de la fréquence des ondes sont détectés. Les détecteurs passifs recherchent les changements du spectre infrarouge ou visible et déclenchent alors l'ouverture de la porte. En conséquence, il est normalement interdit d'ouvrir une telle porte le Chabbath. Si l'on a besoin de franchir une de ces portes pour une urgence, on pourra librement en déclencher l'ouverture. Si un malade doit aller à l'hôpital sans que ce ne soit très urgent, il est préférable alors de demander à un non juif d'ouvrir la porte. On ne peut pas s'autoriser à franchir de telles portes en considérant avoir procédé bechinouï en n'ouvrant pas la porte de ses mains, dans la mesure où c'est précisément la manière habituelle de les ouvrir.

Peut-on rendre visite à un malade s'il faut pour cela franchir une porte automatique ?

Vous ne pouvez pas activer vous-même le système d'ouverture des portes, mais vous pouvez demander à un non juif de le faire pour vous, à condition que votre présence soit nécessaire au bien-être du patient. Cette autorisation est basée sur la hala'ha (loi) selon laquelle un non juif peut même enfreindre un issour deoraitha pour les besoins d'un malade le Chabbath. On peut toutefois se demander si le 'holéh (la personne malade) a réellement besoin de chaque visiteur, mais dans l’affirmative, ce sera permis.

Si un juif déclenche l'ouverture d'une porte électrique d'une façon inappropriée (cas où il n'y a pas de pikoua'h nefech), puis-je en profiter ?

Dans la mesure où l'on ne peut pas profiter du 'hilloul Chabbath (profanation du Chabbath) d'un autre juif 5, la question est de savoir si le franchissement d'une porte dans de telles conditions doit être considéré comme le bénéfice d'un 'hilloul Chabbath ? Nous pouvons le déduire de la réponse apportée à un cas semblable. Si on ouvre un paquet ou une bouteille d'une façon interdite, le contenu du paquet ou de la bouteille peut être consommé. 6 Une des raisons en est que le contenu n'ayant pas été changé ni modifié par la transgression de ce issour (interdit), il ne peut donc pas devenir prohibé à cause de cet issour. Dans notre cas non plus, on ne profite pas directement de la transgression du Chabbath puisque l'entrée à l'hôpital est un avantage indirect de l'ouverture des portes et on pourra donc les franchir. Cependant, d'autres poskim (décisionnaires) 7 considèrent que sans le juif, les portes ne se seraient pas ouvertes et interdisent de les franchir dans un tel contexte.

[1] D'après le Chaar Hatsioun 344:9

[2] Rav Sternbuch chlita

[3] Voir le Chemirath Chabbath Kehil'hata 32:28. D'après le Rav Bentsion Abba Chaül, même le Me'haber aurait permis voire demandé un chinouï, dans un tel cas. Voir Lettre 41 du Vol III

[4] Voir Michna Beroura 340:22-7

[5] Siman 318:1

[6] Chemirath Chabbath Kehil'hata 9:23

[7] ’ י -’ ט ה " ס ’ יס ו " ח המכחה לצב ת " ושו ,ז " ע ’ יס ב " ח ח " וא השמ תורגא

Sujets de réflexion

Quelles sont les mela'hoth qu'un juif peut effectuer pour un malade qui n'est pas en danger ?

Que peut-on demander à un non juif de faire pour un malade le Chabbath ?

Dans quelles conditions est-il permis de prendre des comprimés le Chabbath?

Y a-t-il des restrictions à l'utilisation d'un thermomètre le Chabbath ?

Réponses la semaine prochaine

Un mot sur la paracha Le'h Le’ha

Le passouk (verset) nous enseigne qu'Avram est parti, comme Hachem le lui a demandé et Loth l’a accompagné (12:4). Selon le שמשו רואמ, bien qu’Avram ait reçu la promesse de recevoir des avantages matériels en Erets-Israël, il n'est en fait parti que parce que "Hachem le lui a demandé", pour se conformer au désir d'Hachem. Il n’en est pas de même de Loth qui ne s'est joint à lui que pour profiter des bénéfices matériels qu'il pourrait tirer de cette aventure. Nous pourrions ajouter ce que le Gaon de Vilna fait remarquer à propos du passouk טול ותא ךליו ("Loth est parti avec lui") 8. ותא est utilisé par opposition à ומע, ce qui signifie que bien qu'ils firent tous les deux la même action, ils eurent des intentions différentes

A la mémoire de Fayga GOLDMAN bath Efraïm-Yossef KOSCUISKO (15 'Hechvane 5740) & de son arrière petite-fille Déborah-Guitel qui aurait eu 20 ans cette semaine (14 'Hechvane )

Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant :
Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07
e-mail: site: www.deborah-guitel.com

Vous pouvez dédicacer une de nos lettres à la mémoire ou à l'attention d’un de vos proches

Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.

Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter mais déposer dans une Gueniza

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