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A Chirat Hayam, j’avais prévu d’écrire tant et tant d’articles et de tirer tant de leçons…à propos de conceptions qui se sont effondrées, de dirigeants sur le terrain, qui se sont battus pour défendre leur «peau» et non pour le Goush Katif… à propos de rabbins qui ont délégué leurs élèves pour commettre un acte immonde… Un important examen de conscience s’impose. Les questions ne manquent pas : qui est notre véritable ennemi et où frappe-t-il ? Faut-il continuer de s’enrôler dans l’armée ? Et comment devons-nous considérer un état qui nous dévore ?…
Mais après que quatre policiers m’ont traîné et jeté dans un autobus, après avoir posé un dernier regard furtif sur le coucher du soleil de Chirat Hayam, j’ai récité la bénédiction : «Baroukh dayan haémet», j’ai déchiré ma chemise, j’ai versé une larme et ce fut tout. Je ne jetterai la faute sur personne, hormis moi-même. Car à présent, il nous faut aller de l’avant, regrouper les incommensurables énergies qui se sont dispersées de toutes parts et les concentrer sur un seul but, prendre le pouvoir d’assaut. Ne pas mourir de façon honorable, mais conquérir la montagne et prendre la place de ceux qui donnent les ordres. Parce qu’à présent, tout est clair. Le monstre ne se cache plus. Je m’étais trompé et j’ai induis les gens en erreur en affirmant «qu’il ne serait pas question de «séparation» car nous l’empêcherons» Pardonnez-moi pour cette erreur. Je sais maintenant qu’en dictature israélienne, il est impossible de combattre sans avoir recours à la violence. Impossible de combattre le terrorisme sans avoir recours au terrorisme. Et puisque agir de la sorte ne nous va pas, nous ne pouvons pas empêcher le pouvoir de mettre ses plans à exécution. Mais si nous ne réussissons pas à conquérir la montagne, nous aurons droit à un grand nombre d’autres «séparations» Je ne dis pas de renoncer au combat ! Il faut continuer de se battre et de défendre tout point de peuplement et toute maison, de toutes nos forces. Mais c’est une guerre à retardement. Les méchants, avec notre argent et nos enfants mobilisés, les méchants aux engins destructeurs, les méchants et leurs unités spéciales, les méchants, leur Shin Bet et leur police, les méchants et leur grandiose armée d’expulsion, les méchants et tous les systèmes de l’Etat sur lesquels ils ont mis la main, dans ce «jeu», les méchants triompheront toujours. Nous n’avons pas le choix : ou disparaître ou prendre le pouvoir. Mourir ou partir à la conquête de la montagne. A présent, la conquête est plus que jamais à notre portée. Recueillons toutes les énergies, la frustration, la douleur, la colère. Il nous faut rassembler notre extraordinaire jeunesse, notre public de qualité aux forces illimitées… Nous devons canaliser l’ensemble et atteindre le nombre de 137 000 personnes. 137 000 personnes choisiront d’ici peu le prochain dirigeant de l’Etat d’Israël. 137 000, c’est le nombres de gens qui ont le droit de vote au Likoud. Sharon joue des tours, mais en définitive, il ne pourra échapper aux très prochaines élections primaires. Si chaque jeune écœuré, si chaque expulsé, si chaque mère de famille bouleversée, si nous réalisons tous que c’est le vrai champ de bataille, celui qui nous rendra le pouvoir, si au lieu d’attraper le taureau par la queue, nous le tenons vigoureusement par les cornes, si nous nous rendons auprès de chacun des 137 000 Likoudnikim, comme nous l’avons fait au moment du référendum, mais cette fois, avec encore plus de force spirituelle et encore plus de sensibilité, nous obtiendrons des résultats d’une importance stratégique prodigieuse. A présent, je sais. Je ne promets plus la victoire, bien que je sois convaincu qu’en fin de compte, nous la décrocherons. Le résultat stratégique sur le terrain du pouvoir, c’est aussi le renversement d’une tendance : ils pensaient avoir anéanti le public riche d’une foi extraordinaire et l’avoir enterré dans les sables de Katif. Ce public va se soulever et libérer l’Etat. Nous pouvons atteindre un but stratégique de la plus haute importance, même si ce n’est pas encore la victoire (une fois de plus, je précise que je pense réellement que nous sommes capables de vaincre) Nos jeunes ne galopent plus dans les oueds et ne sont plus forcés de jouer au chat et à la souris avec l’armée. Par contre, ils ont changé, désormais, ils ont l’esprit dirigeant. Un résultat stratégique, c’est un changement catégorique de la conscience israélienne. Le fin mot de l’histoire, c’est qu’il faut à présent rejoindre les rangs de Manhigout yeoudit, suivre une formation accélérée, recevoir un dossier en ordre, une liste d’adresses et ne pas lâcher ton likoudnik jusqu’à ce que tu le convainques de voter pour un dirigeant qui reconnaît l’Eternel. Mourir ou partir à la conquête de la montagne |