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Les habitants des implantations juives de GAZA et de JUDEE SAMARIE sont appelés en hébreu«mityachvim» ce qui signifie «installés» ou «établis». Ce mot est tiré de la racine yochev qui a pour traduction «asseoir». Le mot«hityachvout» est utilisé pour désigner les agglomérations agricoles en Israël et les «mityachvim» sont des personnes venues peupler des zones désertiques à lorigine en vue dy créer des exploitations agricoles. Toutefois, le mot«mityachvim» désigne également «colons» mais dans un sens qui nest pas celui employé dans les pays tels que la France la Belgique ou lAngleterre qui ont «assis» leur pouvoir dans dautres pays du globe.
Il sagit plutôt de colonies de peuplement et non de colonies au sens politique du terme. En Europe, le mot«colonie» recouvre une acception spécifique: il est utilisé pour désigner un territoire occupé et administré par une puissance étrangère. Pour quil y ait «colonie», il faut une puissance occupante et une autre occupée. La puissance étrangère vient déposséder un pays de sa richesse et exploiter ses forces vives. Ce nest pas le cas des «mityachvim» venus sinstaller dans des zones désertiques pour y faire refleurir la vie. Mais la dualité du terme «mityachvim» permet dentretenir la confusion sur le statut des habitants israéliens venus sétablir dans des zones inoccupées et permet aussi de justifier insidieusement leur expulsion. Dailleurs la presse internationale relaye cette confusion en traduisant systématiquement le mot «mityachvim» par le terme de «colons» sans préciser quil sagit de personnes venues sinstaller et travailler dans des endroits inoccupés. Cette traduction fait que les habitants de la bande de GAZA ou de JUDEE SAMARIE seraient des «colons» au sens politique du terme et non sur un plan démographique. Aussi leur expulsion permettrait de rétablir une situation juste et de mettre fin à une occupation de type colonial. Non seulement la traduction est erronée mais elle entraîne des effets éminemment pervers. Dabord lemploi de ce terme est fondamentalement péjoratif et donne une image défavorable des «mityachvim». Ensuite son usage est dune gravité exceptionnelle car il accrédite la thèse selon laquelle les habitants des implantations seraient des occupants sans droit ni titre. Enfin derrière le mot «colon» se cache une connotation de «suffisance» qui caractériserait le comportement des habitants juifs des zones concernées, de nature à inspirer le mépris. Cet abus de langage est une désinformation volontaire car les «mityachvim» ne sont pas des«colons» sur un plan politique en labsence de relation «doccupants» à«occupés». La confusion est dautant plus facile à entretenir quà une époque, la Jordanie et lEgypte étaient partiellement occupées ce qui nest bien évidemment plus le cas aujourdhui. I SUR LA CONFUSION QUANT A LA PORTEE DU MOT «COLON» AU REGARD DE LOCCUPATION PARTIELLE DE LAJORDANIE ET DE LEGYPTE A - POUR CE QUIL EN EST DE LA CISJORDANIE Lorsque David BEN GOURION a proclamé la naissance de lEtatdIsraël le 14 mai 1948, les armées des Etats arabes (armées de Transjordanie, dEgypte et de Syrie, aidées de contingents libanais et irakiens) qui ont refusé le plan de partage proposé le 29 novembre 1947, sont entrées en Palestine dès le lendemain, le 15 mai 1948. La guerre a duré jusquà ce que les accords darmistice aient été signés par Israël et ses voisins Arabes entre le 23 février 1949 et le 20juillet 1949. A cette époque, la Palestine en tant quEtat souverain na pu voir le jour en raison du refus opposé par les pays Arabes. La Judée Samarie a finalement été annexée par la Transjordanie le 24 avril 1950. A la suite de la guerre des 6 jours de juin 1967, Israël aurait occupé militairement la Judée-Samarie et, par voie de conséquence, une partie du territoire Jordanien. Néanmoins, la Jordanie conservait ses prérogatives administratives sur la Judée Samarie. Ainsi contrairement à ce qui est généralement affirmé, certains pourraient dire que cest la Jordanie qui a été partiellement occupée et non la Palestine (inexistante). A aucun moment de lhistoire, un Etat souverain na porté ce nom. En tout état de cause, cette occupation de la Jordanie na duré jusquau 31 juillet 1988. A cette date le roi Hussein de Jordanie annonçait quil rompait «les liens légaux et administratifs» de son pays avec la Judée Samarie, annexée par son grand-père Abdallah en 1950. Ce faisant, la Jordanie abandonnait la souveraineté partielle dont elle disposait encore sur la Cisjordanie. Si certains pouvaient considérer une occupation partielle de la Jordanie par Israël jusquau 31 juillet 1988, force est de constater que cette occupation a cessé à cette date et ce, en accord avec le pays occupé la Jordanie. Aujourdhui, en labsence de puissance «occupée» (car la Jordanie ne lest pas), on ne saurait parler de colonie. Et si tel avait été le cas, la «colonisation» aurait concerné une partie de la Jordanie et non la «Palestine» comme le laissent entendre les ennemis dIsraëL. B - POUR CE QUIL EN EST DE LA BANDE DE GAZA Il en est de même pour la bande de GAZA. A la suite des accords darmistice de 1949 lEgypte a exercé son contrôle sur GAZA. La bande de GAZA dépendant de lEgypte a été occupée militairement par Israël en 1967 après la défaite égyptienne dans la guerre quelle avait déclarée à Israël. En ce sens, le pays occupé nétait toujours pas la Palestine (inexistante) mais bien une partie de lEgypte. Cette occupation a duré jusquau 17 septembre 1978, date de signature des accords de Camp David entre lEgypte, Israël et les Etats-Unis. Ces accords prévoyaient notamment de régler le sort de la bande de GAZA au regard dune souveraineté palestinienne dans la cadre dun plan de paix global au Moyen Orient. Ce plan de paix na jamais vu le jour dans la mesure où les accords de Camps David étaient condamnés par le sommet Arabe de Bagdad en novembre 1978. Toujours est-il quune fois encore, à la suite de la paix signée avec lEgypte, Israël ne pouvait plus être considéré comme occupant de ce pays. En tout état de cause, et une fois encore, loccupation aurait concerné «lEgypte» et non la Palestine inexistante géographiquement et politiquement. Cessons donc daffubler les habitants juifs de la bande de GAZA et de JUDEE SAMARIE du nom de «colons». II SUR LINTERET DURECOURS A LA NOTION DE « COLONS » POUR LES ENNEMIS DISRAEL Lemploi du mot «colon» est dune grande utilité pour les ennemis dIsraël dans la mesure où il permet de décrédibiliser lEtat dIsraël et présente un triple avantage. Tout dabord, en omettant de préciser que «léventuelle occupation» aurait concerné la Cisjordanie et Gaza, on accrédite dans lesprit du public le fait quIsraël en son entier serait un Etat «colonial». Or, si Israël est un Etat colonial, on entretient le doute sur son droit à exister. En outre en recourant à la notion de «colon», sagissant des «mityachvim», on sensibilise lopinion internationale sur labsence de légitimité des implantations dans ces régions. Enfin et surtout le recours à la notion de colon permet daccréditer que létat colonisé serait «la PALESTINE». Ceci est fondamentalement et historiquement faux car les Etats qui auraient été occupés partiellement étaient la JORDANIE et LEGYPTE qui ne le sont plus. Cet abus de langage est bien évidemment exploité par les fondamentalistes islamistes qui lutilisent pour justifier leur combat contre Israël: si Israël est un Etat colonial, les occupés se doivent de lutter jusquà la mort pour délivrer le pays de létranger colonisateur. Les actes de terrorisme deviennent alors des actes de résistance à lennemi et le combat des terroristes devient une guerre anticoloniale. Le plus grave résulte de ce que la gauche israélienne et Monsieur SHARON ont fait leur, les thèses développées par les ennemis disraël. En acceptant implicitement quIsraël occupe des zones où il na rien à y faire, la gauche Israélienne et Monsieur SHARON réussissent à convaincre lopinion publique du bien fondé de lévacuation envisagée des populations juives de GAZA ou de JUDEE SAMARIE. Finalement cet abus de langage dans la traduction du mot «mityachvim» permettrait une nouvelle épuration ethnique de la population juive. Mais cette fois, elle serait luvre de dirigeants israéliens. Bertrand RAMAS-MUHLBACH |