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Le métier de juge consiste, face à un acte répréhensible, d’abord à connaître les circonstances, les mobiles et les complices. La loi prévoit des peines différentes pour des délinquants qui ont commis un même délit ; donc le juge doit apprécier les responsabilités et décider, dans le cadre de la loi, des peines encourus par chacun des malfaiteurs. Eden Natan Zada a commis un crime odieux : il a tué des personnes innocentes qu’il ne connaissait pas, que le hasard avait mis sur son chemin. C’est un acte terroriste qui ne diffère en rien de ceux dont Israël a tellement souffert de la part des Palestiniens.
Soldat de 19 ans, déserteur, il a pu évoluer plus d’un mois sans être inquiété par l’armée, le Shabac… alors que les parents alertaient toutes les autorités et même une journaliste connue, Carmella Menashe, et les mettaient en garde du danger que représentait leur fils. Rien ne fut fait malgré un rapport psychiatrique de l’armée inquiétant. Pourtant son lieu de résidence était connu. L’assassinat d’innocents, qu’il a perpétré, avait une ‘raison’ qui a été rapportée par le maire de Shefaram, Orsane Yassine ; il déclarait au Premier Ministre, Ariel Sharon, dans une conversation téléphonique: « Je suis arrivé à l’autobus parmi les premiers. Le soldat était encore en vie… et il nous a dit : ‘Dites au Premier Ministre que c’est pour arrêter le désengagement que j’ai fait ici un massacre. Demain la police arrivera ici et nous pourrons arrêter le désengagement dans le Sud.’ » La police locale réussit à lui passer les menottes mais alors la foule des jeunes en colère, avec pierres et barres de fer, l’assassinait en présence des policiers. Quelques remarques s’imposent : - Les assassins de Zada doivent être recherchés et punis ; des antécédents existent : Yoram Shkolnick, qui avait assassiné par balle un terroriste arabe à terre neutralisé, fut condamné à la prison à vie ; nous avons en mémoire le cas des deux terroristes de la ligne autobus 300 photographiés vivants après leur arrestation et déclarés morts peu après. Les assassins de Zada ont ajouté la sauvagerie. Personne n’a le droit, sans investiture particulière, de décider de faire justice qu’il soit juif ou arabe. - L’acte commis par Zada, suivant le motif invoqué, qui n’était pas mû par la haine, peut être qualifié d’absurde. Pour arriver à ses fins n’y avait-il pas d’autres objectifs plus sûrs et moins risqués (je ne détaillerai pas les possibilités pour des raisons évidentes) ? Il a échoué dans son projet car les Arabes, conscients de son but auxquels ils s’opposent (bien sûr!), ont limité les soulèvements pour que la police reste dans la bande de Gaza. De plus aller en milieu arabe et commettre un tel acte terroriste, n’était-ce pas courir au suicide ? Le cas de Baruch Goldstein ne lui était-il pas connu ? - La réaction du Comité de Coordination des Arabes Israéliens a profité de l’occasion pour réclamer l’égalité totale. Que réclamaient-ils quand des Arabes israéliens, au service du Hamas ou d’Arafat, assassinaient des Juifs par haine? Ne savent-ils pas que plus de 80% des Arabes israéliens se disent palestiniens porteurs d’une carte d’identité israélienne ? Rappelons qu’en 1948, c’est de Shefaram que partirent les attaques meurtrières d’Arabes, disciples du Mufti de Jérusalem Al-Husseini, contre les communautés environnantes juives. - Les dernières paroles de Zada portent une accusation : son mobile était d’arrêter le désengagement et peu importe la déception qu’il aurait de l’inefficacité de son sacrifice et de son acte monstrueux, inhumain et contraire au Sixième Commandement. En quoi ‘la raison’ de Zada est-elle une accusation ? Examinons la chaîne des évènements qui ont amené Zada une telle décision ? - Le principe de vouloir arrêter le désengagement peut-il être justifié ? Toutes les énormes manifestations que les médias ne peuvent cacher tendent vers ce but. L’avis de la majorité du peuple d’Israël qui a plébiscité en 2003 le programme Mitsna lui a répondu clairement : NON ! Et c’est ce même plan que Sharon impose au peuple d’Israël. Donc à la question préliminaire, nous répondons : OUI ! il faut bloquer le désengagement. Les démissions de Binyamin Néthaniahou et de Natan Sharanski viennent confirmer que le désengagement ne comporte aucun secret le justifiant ; c’est simplement une absurdité criminelle : nous offrons un prix démesuré aux actes terroristes des cinq dernières années et au refus d’Arafat et de ses successeurs d’avancer sur le chemin de la Paix, sans aucune compensation ; c’est donc un encouragement à la poursuite de la guerre. De plus, nous donnons ‘au chat le soin de garder le bol de lait’, je veux dire que nous donnons aux Egyptiens le soin de garder l’axe Philadelphie, créant ainsi les conditions de l’annulation du traité de paix qui nous lie avec eux. - Arracher environ 1500 familles de leurs demeures, de leur travail et de la terre historique du peuple d’Israël et les obliger à donner une nouvelle sépulture à leurs morts sans aucune raison valable constitue un péché grave qui se double d’une dépense démesurée (quelque 10 milliards de Shéquels= 2.5 milliards de dollars). Alors vient l’accusation de Sharon qui critique ‘l’incitation au mal’ menée par une partie de la population (en fait la majorité) : elle vient de provoquer cet horrible assassinat de Shefaram. Sharon s’est-il interrogé de savoir quel est le mobile de cette ‘folie’ des gens qui ‘incitent au mal’ ? Voici la chaîne des responsabilités : - Soyons persuadés qu’il connaît la réalité comme nous-mêmes et mieux encore. Il est le responsable directe de l’acte de Zada ayant violé toutes les règles de la démocratie pour faire passer le plan Mitsna : il a été élu sur un programme en 2003, et a écrasé son adversaire gauchiste extrémiste, Mitsna, qui prônait le désengagement unilatéral ; et une fois au pouvoir, il lui a ‘volé’ son programme. Sachant parfaitement qu’il violait toutes les règles de l’éthique politique et plongeait un couteau dans le cœur de ceux qui l’avaient monté au pouvoir, il s’est entouré d’une armée de gardes de corps : comment parmi des millions de révoltés, un homme ne se lèverait-il pas pour l’assassiner à l’exemple de Rabin? - Comment le ‘miracle’ du changement total d’opinion de Sharon s’est-il opéré ? En effet il a rejeté subitement l’œuvre de sa vie, a condamné en quelque sorte toute les décisions et dépenses dont il a eu l’initiative pendant 20 à 30 ans, et a décidé de détruire tout ce qu’il avait construit. C’est un ‘secret’ de Polichinelle connu de tous et publié : coincé par des procès, l’impliquant lui et ses deux fils, fomentés par la gauche sur une base réelle (Mais Ehoud Barak a-t-il été inquiété pour bien pire ?), il a cédé aux menaces du système judiciaire et des médias, gauchistes, échangeant sa ‘tranquillité’ contre l’exécution du programme Mitsna amélioré. Avec un brin d’honnêteté et un esprit un peu moins corrompu, il aurait dû démissionner et s’en remettre à la justice. La gauche, qui a accepté le marché, même si elle ne l’a pas initié, porte une part de responsabilité indéniable de la situation politique et de la folie qui s’est emparée de Zada. - Cependant Sharon ne pouvait faire passer les lois sur le désengagement, même avec l’appui de toute la gauche et des Arabes, si les députés du Likoud avaient fait bloc pour respecter le mandat qu’ils avaient reçu des électeurs. Alors Sharon a pratiqué sur une échelle jamais connue la corruption par la distribution de postes de ministres, vice- ministres et autres emplois gouvernementaux. La conscience d’une vingtaine de députés a découvert de merveilleuses excuses pour violer le programme de leur parti. Ainsi ils ne constituèrent pas un barrage au ‘miracle’ de Sharon et portent leur part de responsabilité des conséquences. Si donc le premier responsable des conséquences de l’application de la politique gauchiste est sans conteste Sharon, la liste des responsables, à un moindre degré, se révèle très longue malheureusement. La folie stupide, qui s’est emparée de ce jeune sans expérience, Eden Natan Zada, lui a fait commettre un quadruple crime dont il n’a été que le bras. La tête doit être recherchée chez Sharon, Omri Sharon, son fils aîné et Weissglas, en association avec la gauche, qui ont armé le bras meurtrier par l’incitation au mal qu’ils ont imaginée; ce sont eux qui constituent la folie froide et satanique, réfléchie et calculée. Mais le bras de Zada pouvait être arrêté par une action de la police de l’armée et par le Shabac, peut-être, mais sûrement par la suspension du plan de désengagement soit par l’appareil judiciaire (Conseiller Juridique du Gouvernement, la Haute Cour de Justice, le Procureur Général…) corrompu par des idées gauchistes monstrueuses (‘l’état de tous ses citoyens’ et l’effacement de l’état juif,…), soit par les députés du Likoud corrompus par les honneurs et l’argent. Le refus de servir de certains jeunes constitue un crime en soi, par exemple quand la motivation découle du refus de combattre l’ennemi sur son sol, car en ce cas ‘on’ se transforme en envahisseur ( !). Mais le mobile évoqué par certains, à savoir le refus de participer à l’expulsion des familles juives, reste certes un crime mais toute la responsabilité en revient entièrement à ceux déjà cités. Il est même décevant de constater que pas un chef militaire n’ait démissionné (eux en ont la possibilité), refusant d’accomplir une mission aussi éloignée de leur mission naturelle et aussi déshonorante. Tous les responsables du désengagement doivent prendre conscience qu’il leur faudra un jour rendre des comptes de leur participation active non seulement dans le crime de Zada, mais encore dans leur crime envers les Mitnahalim et envers le peuple d’Israël et son armée, obligeant certains, dont la conscience est la plus forte, à se mettre en marge de la loi. David Bentata 9-8-2005 |