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Sharon semble haï par tous à lexception de la Gauche. Et les gens de Gauche ne laiment que parce quil a adopté leur politique extrême de « Désengagement unilatéral », une option politique pourtant rejetée par une large majorité dIsraéliens aux élections de janvier 2003. Sharon est devenu un premier ministre « sphérique », cible de tous les regards ! Enfin, presque : un récent sondage politique a fait ressortir que 64 % des Israéliens le considéraient comme un homme corrompu.
Ma question est simple : quest-ce qui permet à Sharon de conserver le pouvoir ? Le pouvoir judiciaire laide. Outre les affaires de corruption comme celle de laffaire de « lîle grecque » sous le coude, la Cour Suprême a légitimé le plan de désengagement de Sharon en falsifiant la loi internationale, c'est-à-dire en disant que Gaza comme la Judée et la Samarie avaient un statut juridique de « territoire occupé en guerre ». Ce qui a été violemment contesté par le juge Howard Grief. Les ministres Likoud du gouvernement qui ont lié leurs carrières ou ambitions politiques au bulldozer Sharon font preuve dune complicité aussi importante que la Cour Suprême avec la dictature de Sharon. Tous ceux qui se souviennent de lopposition antérieure de Tsachbi Hanegbi, Limor Livnat et Danny Naveh aux Accords dOslo devineront facilement quils ont été achetés gagnés à la cause de Sharon par des offres politiques ou par des menaces de limogeage. Ce qui sapplique aussi à Bibi Netanyahou et à un certain nombre de députés Likoud . Enfin, il y a larmée , lultime rempart du pouvoir de Sharon comme dans toute dictature. Sans le soutien de larmée, Sharon naurait jamais pu espérer expulser les Juifs de leurs maisons et de leurs fermes à Gaza et dans le nord de la Samarie. Il y a dix jours, des dizaines de milliers de Juifs étaient rassemblés dans le calme à Kfar Maimon pour exprimer leur opposition à la politique dexpulsion de Sharon. Lencerclement de Kfar Maimon par larmée à laide de fils de fer barbelés est un signe évident que nous avons à faire à une dictature. Il serait bien sûr exagéré de comparer ces mesures anti-démocratiques au nazisme, mais je nai pas de meilleur terme pour décrire ce virage sans précédent qui viole les droits dinnombrables Juifs. Ainsi Ariel Sharon peut être appelé lhomme le plus haï dIsraël. Mais hélas à part le Mouvement Orange, peu prennent conscience des problèmes dIsraël parmi lélite du pays. Jattends encore un homme politique de premier ordre dire que vis-à-vis (en français dans le texte) de la politique dictatoriale de Sharon il faut changer le système de gouvernement israélien de fond en comble et dire quIsraël na pas de système dalternance de pouvoir. Ainsi presque personne nexprime la nécessité de séparer les pouvoirs exécutifs et législatifs du gouvernement ! Et nous attendons en vain déminentes personnalités israéliennes parler de la corruption et des divisions engendrées par le système de gouvernement pluriel. Il ne suffit pas de protester contre le plan dexpulsion et dévacuation de Sharon, nous devons sans cesse rappeler le grotesque système de gouvernement qui permet à Sharon dappliquer une politique à laquelle il était opposé aux élections de janvier 2003 et qui lui permet de manipuler la Knesset pour transformer cette politique en loi même si 84 députés (sur 120) de cette même Knesset avaient fait campagne contre ce plan ! Au contraire, les critiques de cette politique perpétuent le mythe quIsraël est une démocratie. On voudrait nous faire croire quil faut renverser le gouvernement Sharon et retourner aux principes démocratiques des élections. Terrible erreur. Et pour les hommes politiques de droite un mensonge auto protecteur qui légitime encore le despotisme de Sharon. Na-t-on pas compris que Sharon et ses sbires justifient leurs actions pernicieuses au nom de la démocratie ? Et que les Américains sen réjouissent et ainsi apportent leur soutien à Sharon ? Il convient donc de haïr davantage le système politique israélien que lhomme auquel ce système a permis de devenir un dictateur. Professeur Paul EIDELBERG Traduction : Docteur Jean-Marc METZGER |