Nous approchons du jour fatidique décidé par Sharon où il lancera sa police et son armée à l’assaut des mitnahalim pour les arracher de force de leurs villages suivant la loi ‘démocratiquement’ votée par la Knesset.
Une telle situation s’est-elle déjà présentée ailleurs dans le passé ?
Des exemples de pays colonisés recouvrant leur indépendance ne manquent pas, mais jamais une telle situation ne s’est présentée!
Mettons à part la discussion de savoir si les mitnahalim dans la bande de Gaza se nomment ainsi par erreur (mitnahel, c’est un homme qui hérite d’une terre qui lui appartient par la volonté de D.ieu) ou s’ils sont simplement des colons installés sans droit sauf celui donné par les gouvernements d’Israël qui y ont vu une aide dans la guerre menée par les Palestiniens contre le Peuple Juif (n’auraient-ils plus besoin de cette aide ? La guerre avec les Palestiniens serait-elle terminée?).
Admettons donc cette deuxième hypothèse, bien que la bande de Gaza ainsi que Iehoudah et Shomron soient deux régions dénuées de toute souveraineté officielle (donc tant Arabes que Juifs auraient une position de colons).
C’était le droit de l’état d’Israël de décider de retirer ses troupes de la bande de Gaza et d’autres territoires ; mais transférer de force, contre leur volonté, des gens qui ont bâti leurs maisons et leur vie depuis plus de trente ans, c’est un abus de pouvoir!
Une étude faite par l’avocat Maître Bertrand Ramas-Mulhbach[1](non-juif) prouve clairement que les lois d’Israël, concernant le droit des gens (liberté de disposer de soi, dignité de la personne humaine) sont violées non seulement par le gouvernement et la Knesset, mais encore par le Conseiller Juridique du Gouvernement et la Haute Cour de Justice qui décident non en fonction des lois du pays mais en fonctions de leur appartenance politique (gauchiste extrémiste).
Comparons les évènements présents avec ceux qui se sont déroulés en Algérie en 1962 : la France, après 130 ans de présence en Algérie, décidait d’accorder à l’Algérie son indépendance. Elle a donc procédé à l’évacuation de ses troupes et à la transmission des pouvoirs aux autorités locales issues du soulèvement. Les Français, devenus subitement colons, après avoir cru que l’Algérie était un morceau de la France, menacés de mort par les Arabes (‘la valise ou le cercueil’, c’était l’alternative proposée) ont choisi la fuite. En quelque six mois, chacun a pris sa décision incontournable de fuir. La France n’a pas brutalisé ses ressortissants. Elle se présentait comme la mère patrie recueillant ses enfants cherchant un refuge et elle leur accordait même des indemnités… limitées.
Le transfert volontaire de 1.300.000 français s’est déroulé en silence, sans brutalité, sans affrontement, sans publicité.
Cet exemple permet de mesurer la folie (y a-t-il un mot autre pour décrire le vent qui a soufflé sur eux) du gouvernement israélien, de la Knesset et du système judiciaire qui violent chaque jour les lois les plus élémentaires d’un état démocratique.
Voilà un an et demi que l’on parle du désengagement. N’était-il pas possible, à l’image de la France, d’annoncer aux ‘colons’ la décision gouvernementale de retirer ses troupes de la bande de Gaza et de leur exposer les deux alternatives existantes :
- Ou vous restez, et le danger en pays musulman qui planera sur vous et votre famille vous sera insupportable ; vous deviendrez des dhimmis, sans aucun droits et vous courrez le risque de vivre des assassinats, viols et vols.
- Ou vous abandonnez les lieux et l’état vous recueillera et vous dédommagera.
Imposer aux personnes d’évacuer les lieux semble prouver un ‘manque de psychologie’ qui crève trop les yeux. Alors on doit se demander : pourquoi un tel choix ?
- Est-ce le fait de généraux qui prennent les civils pour des militaires à qui ils peuvent donner des ordres ?
- Est-ce le fait d’athées qui ont vu une occasion rêvée d’écraser ‘ces religieux’ et la religion qu’ils représentent ?
Si les autorités n’étaient pas mues par des intentions douteuses, bien sûr nous n’en serions pas là : la persuasion et le transfert des responsabilités aux habitants auraient résolu le problème sans que des Juifs ne maudissent le gouvernement alors que la France avait été bénie par les rapatriés d’Algérie.
Et si une partie de la population avait décidé de rester dans la bande de Gaza, qu’aurait pu faire Israël pour leur apporter un minimum de sécurité ?
Israël pouvait exiger la protection effective des personnes juives résidant dans les territoires de l’Autorité Palestinienne et insinuer que résident en Israël 1.300.000 Arabes qui pour la plupart se proclament palestiniens et qu’Israël ne souhaite pas être obligée de procéder à un ‘échange de population’.
Quel test merveilleux cela aurait été pour les Palestiniens!
La solution choisie par Sharon, mené par son conseiller-super ministre des Affaires Etrangères, Weissglass, peut être classée comme la plus mauvaise que l’on puisse imaginer.
Si le gouvernement avait déclaré que le désengagement de Gaza comportait également l’annexion des zones d’Ariel, de Gush Etzion,…(sans attendre un accord américain problématique qui a été refusé) les mitnahalim auraient admis le prix de leur sacrifice.
Le gouvernement pouvait aussi proclamer que l’évacuation de Gaza, permettant de constituer un état viable, était compensée par l’annexion de Iehoudah et Shomron, avec définition de zones d’autonomie dans le nouvel Israël, s’étendant du Jourdain à la mer (moins la bande de Gaza). Car l’état qui avait été proposé pour les Palestiniens comprenant la bande de Gaza et Iehouda et Shomron, est illogique à deux points de vue :
- Un pays coupé en deux avec une liaison routière ou autre entre les morceaux sort d’une imagination peu saine.
- Les Palestiniens mènent une guerre depuis 1985 (Intifada I) contre l’état d’Israël, guerre qu’ils poursuivent à ce jour (avec l’Intifada II) ; mais ils savent qu’Israël, qui n’a pas été vaincue malgré des milliers d’assassinats, peut transformer la situation douteuse qui règne aujourd’hui en victoire totale. Il suffit qu’elle le décide (ne rentrons-nous pas dans leurs territoires palestiniens quand on le juge nécessaire pour détruire les nids d’assassins ?) . En conséquence les Palestiniens doivent payer, en tant que vaincus potentiels, par des terres, leurs actions tendant à détruire Israël.
Les Mitnahalim auraient compris et tout le peuple (sauf la minorité gauchiste et arabe) aurait applaudi à la décision.
Au lieu et place de cela, à quoi assistons-nous ?
- Si l’on en croit les médias gauchistes, le gouvernement prépare activement la guerre contre ‘ces colons’ récalcitrants, c’est-à-dire la guerre entre Juifs, qui n’aura pas lieu, nous l’espérons, grâce à l’intelligence et à la haute morale des mitnahalim religieux.
- Les Palestiniens préparent les fêtes de leur ‘victoire’ sur Israël : grâce à l’Intifada II, ils obtiennent des terres, car c’est tout leur combat qui se poursuivra pour atteindre le but fixé par Arafat (ils veulent toutes les terres et constituer une Grande Palestine).
- Nous nous préparons à détruire les habitations des mitnahalim et à nous créer des dettes au lieu de leur laisser les lieux intacts… en leur créant un problème (surtout si nous proposons à des Arabes israéliens d’émigrer là bas).
- Sharon est reçu par les ennemis déclarés des intérêts d’Israël en grande pompe : soulignant leur joie de voir Israël travailler en faveur de son ennemi palestinien et de se rapprocher du suicide.
- La réaction de notre seule ‘amie’, les E.U. est très intéressante : quand Weissglass a fait part aux E.U. des ‘nouvelles idées’, au début de l’année 2004, ils les désapprouvèrent. Quand ils ont constaté qu’il s’agissait d’une décision, ils ont accepté et tiré les conséquences : « si les Juifs veulent se suicider, nous ne pouvons les en empêcher. Alors éloignons-nous d’eux et faisons une politique pro-palestinienne. Pourquoi être plus royaliste que le roi ? » Et maintenant, certains se plaignent que les E.U. ‘nous tournent le dos’ !
En résumé, toutes les autorités actuelles d’Israël, qui violent les principes les plus élémentaires des lois et de la démocratie, et qui apportent aide et encouragement à l’ennemi, devront payer chèrement ; certaines d’entre elles devront prendre la place, en prison, des jeunes héros qui se sont opposés à leurs décisions : non seulement elles commettent un péché envers leur peuple, mais encore elles commettent un crime.
David Bentata
2-8-2005
[1]- voir Le Lien no 248 du 26-7-2005 ou le demander à Jean-Marc Metzger :