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Chabbath Matoth

5765

30 Juillet 2005

Volume III – Lettre 42

23 Tamouz 5765

Hil'hoth Chabbath

Note importante : Nous rappelons qu'il est impératif d'étudier les hala'hoth (règles) à suivre dans les cas de pikoua'h nefech (sauvegarde d'une vie) . Les hala'hoth présentées ici ne sont destinées qu'à donner un aperçu des questions soulevées par ce sujet, mais ne peuvent remplacer des chiourim structurés.

Nous rappelons que ces règles sont déduites du verset 18:5 du Lévitique qui s'adresse littéralement à ceux qui sont tenus de respecter le Chabbath, à savoir les juifs, mais que des décisionnaires contemporains tels que le Rav Moché Feinstein ou le Rav Ovadia Yosseph étendent leur application à tous.

Les Ashkénazim suivent-ils le psak (décision) du Rama à propos du pikoua'h nefech ?

Dans la dernière Lettre, nous mentionnions que selon le Rama 1 et dans la mesure où cela ne causerait aucun préjudice au malade, il conviendrait d'agir bechinouï dans un cas de pikoua'h nefech , par exemple avec le dos de la main, ou si possible, en demandant à un non juif d'enfreindre le Chabbath.

Cependant, le Taz 2 soutient que, si la vie d'un juif est en danger, il convient de se précipiter pour le secourir, sans faire appel au non juif qui pourrait être présent à ce moment-là.

Le Michna Beroura 3 cite cet avis du Taz et conclut que lorsqu'un juif est en danger grave, il faut agir au plus vite et faire tout son possible pour le sauver.

Faut-il donc éviter de faire appel à un non juif ou d'enfreindre le Chabbath bechinouï ?

Non, pas exactement. Nous devons faire la différence entre une situation de danger mortel imminent où chaque minute compte, auquel cas un juif doit intervenir, et un cas de pikoua'h nefech où le patient n'est pas en danger immédiat, auquel cas il est possible de demander à un non juif de transgresser le Chabbath ou de le faire soi-même bechinouï (d'une façon détournée) .

Par exemple, au moment de sa naissance, un nouveau-né est placé sous un appareil de chauffage qui lui fournit une chaleur comparable à celle qu'il avait dans l'utérus de sa mère. Si cet appareil doit être allumé le Chabbath pour le bébé, on peut très bien demander à un non juif de le faire ou activer le commutateur bechinouï .

De même, si on doit conduire un patient de sa chambre à la salle où il doit passer un scanner, on peut parfaitement demander à un non juif d'appeler l'ascenseur ou le faire soi-même avec le coude par exemple.

Une des raisons de ne pas faire appel à un non juif en cas de pikoua'h nefech est la crainte que les gens ne pensent qu'il faut le faire systématiquement, en quoi le cas du bébé est-il différent ?

C'est une bonne question et le même problème se pose si on allume le chauffage bechinouï .

Selon Rav Chlomo Zalman Auerbach zatsal 4, si on agit bechinouï , il faut expliquer aux témoins de la scène que d'après la hala'ha , il faut agir d'une façon normale s'il y a le moindre risque qu'une intervention bechinouï puisse causer un quelconque retard dans le traitement du patient.

Peut-on dire la même chose si l'on fait appel à un non juif ?

La ligne à ne pas franchir est déterminée par l'imminence du danger. Un juif devra agir par lui-même et de façon habituelle si le danger est immédiat ou si le moindre retard dans le traitement peut entraîner des effets indésirables ou des séquelles quelconques. Dans les autres cas, on pourra s'adresser à un non juif ou agir soi-même bechinouï.

Pouvez-vous fournir quelques exemples ?

· S'il est nécessaire d'appeler un médecin ou une ambulance le Chabbath, il faudra soulever le combiné du téléphone bechinouï (avec son coude, etc…) ou décrocher le téléphone et composer les numéros avec l'extrémité d'une cuillère. Il est évident que dans certaines situations de panique, il n'est pas facile de garder son calme et de se rappeler de tous ces détails. Toutefois, si dans un cas où il n'y a pas d'urgence absolue, une personne peut se dominer, il est bon d'agir bechinouï (avec un changement dans la manière habituelle de faire) .

· Si la lumière de la chambre d'un malade doit être allumée avant la visite du médecin, dans la plupart des cas, il suffira de l'allumer à l'aide du coude, ce qui permet d'éviter la transgression d'un issour deoraitha (interdit de la Torah) .

· Il y a lieu de penser que la mise sous perfusion d'un malade transgresse un issour deoraitha dans la mesure où au moment de la piqûre, du sang est volontairement aspiré dans l'aiguille pour vérifier si la veine a bien été trouvée. En faisant couler du sang volontairement, on enfreint la mela'ha de " Netilath Nechama ". Nous ne suggérons pas qu'il faille introduire l'aiguille de la perfusion bechinouï (à moins que le malade ne le fasse lui-même) mais dans ce cas, s'il n'y a pas d'urgence absolue, il conviendra de demander à un non juif de pratiquer.

· Dans certains pays, il faut signer une décharge avant une opération. Il est permis de le faire le Chabbath dans un cas de pikoua'h nefech , bien que ce ne soit pas un acte très urgent. Donc, si on en est capable, on signera le document de la main gauche, ce qui rétrogradera ce geste d'un issour deoraitha (interdit de la Torah) en un issour derabanan (interdit d'ordre rabbinique) .

[1] Siman 328:12

[2] Siman 328:5

[3] Siman 328:37

[4] Chemirath Chabbath Kehil'hata 32 bas de page 86

Sujets de réflexion

Doit-on appeler une compagnie d'ambulance juive ou une autre ?

Si on a transgressé le Chabbath pour un cas de pikoua'h nefech qui n'en était pas un, faut-il faire téchouva ?

En cas de doute sur la réalité d'un pikoua'h nefech, est-il permis de transgresser le Chabbath ?

Réponses début septembre. Bonnes vacances

Un mot sur la paracha Matoth

"Si un homme prononce un vœu pour l'Eternel …" (Nombres 30:3)

Le Midrach rapporte à ce sujet un verset de Koheleth (9:12) : "Parce que personne ne connaît l'heure de sa mort"

Au premier abord, l'explication de ce Midrach n'est pas claire.

Cependant le Kedoucha Lévi (et d'autres) cite la Guemara dans le traité Nédarim 10, qui prévient celui qui apporte un Korban (sacrifice) de ne pas déclarer "Pour Hachem ce Korban" de peur qu'il ne décède juste après avoir prononcé le nom d'Hachem et avant d'avoir pu dire le mot "Korban". Le verset de Koheleth rapporté par le Midrach prend alors tout son sens. C'est bien parce que personne ne connaît l'heure de sa mort que la Torah a écrit "un vœu pour l'Eternel" et non pas "pour l'Eternel un vœu".

A la mémoire de Raymond Efraïm-Yosseph Ben Yaacov GOLDMAN (15 Av 5759)

Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant:

Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07
e-mail:

Vous pouvez dédicacer une de nos lettres à la mémoire ou à l'attention ou en l'honneur d’un de vos proches

Note: Le but de ces publications est de clarifier les sujets traités et non pas de rendre des décisions halakhiques. Nous attirons l’attention de chacun sur les questions pratiques importantes que peuvent soulever ces sujets. On devra consulter une autorité compétente pour recevoir une décision appropriée.

Important : Ne pas transporter Chabbath et ne pas jeter, mais déposer dans une Gueniza

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