Sharon démission ! Imprimer E-mail
Ecrit par Daviv Bentata   

Dès le 7-5-2004 j’émettais l’hypothèse, osée à l’époque, que le Plan de Désengagement / Expulsion des Juifs du Goush Katif pouvait être la conséquence des menaces que l’appareil judiciaire israélien faisait peser sur Sharon et ses enfants Omri et Gilhad.

Quels peuvent être les liens existant entre une décision d’intérêt national et les affaires personnelles de Sharon ?

Avant d’aborder ce problème fondamental, remarquons que, les mois passant, cette vérité s’est imposée dans les esprits.

Dans un livre paru il y a quelques mois, ‘ La Septième guerre’, de Amos Harel et Avi Issaharov, journalistes de gauche, les auteurs écrivaient à propos de la décision de Sharon d’évacuer le Goush Katif :

- « Un encouragement supplémentaire au changement de politique du Chef du Gouvernement est probablement venu de l’avancement des enquêtes policières dans l’affaire de l’île grecque où il est soupçonné de corruption… La publicité dont les moyens d’information entouraient ce sujet lui causait beaucoup de soucis et sa position dans le public en souffrait… »

Ehoud Barak , en 2-2005, parlant de la famille Sharon n’hésita pas à proclamer :

- « La famille Sharon est corrompue jusqu’à la moelle et dans un autre pays Sharon n’aurait pas continué à se maintenir au pouvoir. »

Tsvi Hendel , parmi les premiers, avait déjà accusé Sharon d’initier le Plan de Désengagement / Expulsion pour éviter de tomber dans les mailles de la police criminelle !

Le 7-6-2004 j’avais moi-même développé cette hypothèse dans un article en me basant sur l’enchaînement des évènements :

- Après une campagne aussi cruelle que scandaleuse contre un Chef de Gouvernement au sujet d’affaires présumées avec la justice, les médias, journaux, télévisions et radios se turent subitement,

- Ce changement coïncidait avec la proclamation du Plan de Désengagement / Expulsion des Juifs du Goush Katif, plan calqué sur celui de Mitzna, gauchiste extrémiste, qui avait été massivement rejeté aux élections de 2002 !

- La justice et l’enquête policière étaient mises en sourdine soudainement,

- Les partis de gauche cessaient de critiquer Sharon et commençaient à lui apporter leur soutien.

Le lien entre les affaires judiciaires de Sharon et ses décisions politiques était clair.

Dans un livre, paru ces jours-ci, ‘Boomrang’ de Raviv Druker et Ofer Shelach, commentateurs l’un à Canal 10 et l’autre au journal Yediot Aharonot, les auteurs écrivent :

- «… Beaucoup de gens pensent que Sharon n’aurait pas aussi radicalement changé de position s’il n’y avait pas eu d’enquêtes contre lui et ses fils »

De plus, ils rappellent deux dates importantes :

Le Conseiller du Gouvernement, Méni Mazouz , entre en fonction le 1-2-2004 et le lendemain Sharon dévoile son Plan de Désengagement / Expulsion.

Ils concluent :

- « C’est un exemple spécialement criard de lien entre les ‘ennuis de justice’ de Sharon et ses déclarations sur le retrait [de Gaza]. »

Et l’âme de la rouerie fut le conseiller de Sharon , Dov Weisglass, connu pour ses relations avec l’Autorité palestinienne…

Quand la décision de Sharon fut prise, ses conséquences incalculables se développèrent comme un rouleau compresseur pour permettre l’exécution de son plan.

CONSEQUENCES INCALCULABLES

- Le Likoud subit une grave crise qui frôle la scission,

- Les chefs de l’armée et des Services de renseignement, Moshe Yaalon et Avi Dichter , qui avaient osé exprimer leur désapprobation au Plan ont été démis de leurs fonctions malgré leur réussite remarquable à contenir l’Intifada, en particulier par les ‘exécutions ciblées’,

- Un gouffre financier se creuse : le coût du Plan de Désengagement / Expulsion est évalué à plus de deux milliards de dollars !

- 1500 familles sont déboulonnées de leurs terres, de leurs maisons et de leur travail !

- 8000 personnes refusent d’être transférées, au nom d’une décision antidémocratique, avec un risque de guerre civile.

Tout ceci en échange de… rien!

Ou plus exactement, après le désengagement s’il a lieu, Israël se trouvera confronté avec une triste réalité :

- Les prévisions les plus sombres sont émises : les terroristes renforcés en armes et en assassins, encouragés moralement par leur victoire inattendue que le désengagement leur procure, déclencheront une troisième Intifada, plus meurtrière que la deuxième.

Des villes importantes comme Ashkelon, Ashdod et peut-être Tel Aviv se trouveront sous le feu des terroristes.

LES GAUCHISTES « TIRENT LES FICELLES »

Comment une pareille tromperie du peuple a-t-elle été possible?

Rappelons ou révélons en quelques mots la source du mal : les gauchistes « tirent les ficelles » des administrations clés de l’Etat.

En effet :

- Pourquoi le système policier dirigeant les enquêtes sur la famille Sharon a-t-il délaissé subitement son travail ?

- Pourquoi le système judiciaire (Conseiller du Gouvernement, Procureur de l’Etat et Haute Cour de Justice) s’est-il subitement bloqué en ce qui concerne Sharon ?

- Pourquoi la Haute Cour de Justice a-t-elle rejeté systématiquement tous les appels contre le désengagement ? Un seul juge sur onze, Edmond Lévi, religieux, a soutenu les plaignants contre le gouvernement, avec des arguments que ses collègues ont niés malgré leur évidence élémentaire.

- Pourquoi journaux, télévisions et radios ont-ils subitement cessé de harceler la famille Sharon ?

Parallèlement au silence qui s’est fait sur les affaires présumées de Sharon on a noté des changements à la tête de l’armée et des Services de renseignement (voir ci-dessus), mais aussi chez des hauts fonctionnaires de l’Etat.

Edna Arbel , procureur général (gauchiste convaincue, prête à publier un acte d’accusation contre Sharon quand elle ignorait encore ses projets !) et Eliakim Rubinstein , conseiller du Gouvernement, ont été promus et nommés à la Haute Cour de Justice, remplacés à leurs postes par Eren Chendar et Méni Mazouz.

Dans la police, Moshe Mizrahi , le chef des enquêtes a été révoqué et son chef Aaronichki mis à la retraite au profit de Shlomo Karadi , proche de Omri Sharon, un des fils d’Ariel Sharon compromis également dans des affaires judiciaires.

Sharon pouvait alors imposer son plan, sûr de lui et dominateur.

Pourquoi ?

Parce que les « empêcheurs de danser en rond la danse de la tromperie de la majorité du peuple » avaient été éliminés !

Comment un tel enchaînement d’évènements n’aurait–il pas été coordonné avant la publication du Plan de Désengagement / Expulsion ?

On peut imaginer que Dov Weisglass , l’éminence grise de Sharon, et Shimon Pérès, ou d’autres comme Olmert et Beilin , se sont entendus (accord écrit ou plutôt verbal, entre ‘gentlemen’) sur le processus suivant :

- Pour la gauche : paralysie des médias, de la police et du système judiciaire par les moyens déjà cités et abandon de leurs proies, Sharon et ses deux fils,

- Pour Sharon : exécution du plan Mitzna amélioré grâce à l’écrasement du Likoud et de toute la droite et installation des Travaillistes aux postes de commandes de l’Etat.

De cet accord monstrueux il ne reste plus que l’exécution du désengagement lui-même à réaliser alors que tous les moyens sont en place et que le peuple est préparé psychologiquement à cet acte démentiel dont les raisons ne peuvent être avouées.

Ce constat prouve la collusion de la gauche, sans foi ni loi, avec des administrations essentielles de l’Etat ! Hélas nous avions déjà assisté à cet étalage du pouvoir de la gauche et de cette même collusion lorsque Benyamin Netanyahou remplissait la fonction de Premier ministre !

Nous devrions avoir honte d’être gouvernés par tant de ‘personnalités’ de basse moralité qui font payer chèrement au peuple leur mépris de la justice et de la démocratie.

Sharon est obligé de passer à l’exécution de son plan pour ne pas perdre la face.

Que penserait le monde si le scandale éclatait avec comme conséquence l’annulation immédiate du désengagement ?

Ceci rappelle le scandale de l’assassinat de Rabin : sa famille, qui était convaincue que la version officielle n’était pas plausible, s’est tue subitement.

Des hypothèses menaient à l’accusation d’une très haute personnalité qui aurait commandé l’assassinat par les Services de renseignement ; Ygal Amir aurait été la ‘victime’ naïve de ce complot.

Qu’aurait pensé le monde si la vérité (en admettant qu’il en soit ainsi) avait été révélée à l’époque ?

Choisira-t-on aujourd’hui encore de cacher la corruption générale ou préfèrera-t-on nettoyer publiquement les ‘écuries’?

Mais comment?

Il faudrait pour cela un homme (ou une équipe) investi de pouvoirs spéciaux qui punirait tous les complices de cette trahison gauche-Sharon ?

Quelles mesures faudrait-il prendre ?

- Mettre à la retraite d’office (sans salaire) toutes les personnalités qui ont été nommées par les politiciens gauchistes pour participer au viol des lois de la démocratie et à l’abus de confiance qui a permis à Sharon d’être blanchi… provisoirement : ceci s’appliquerait à tout le système judiciaire et policier.

- Démettre de leurs fonctions la plupart des députés du Likoud qui ont apporté leur support à Sharon et violé le mandat de leurs électeurs en acceptant souvent des fonctions distribuées scandaleusement par le Chef du Gouvernement.

- Démettre aussi les députés de gauche qui étaient conscients de la tractation et ceux convaincus de soutien à l’ennemi. A tous il serait désormais interdit de participer à de futures élections.

- Assainir tous les moyens de communication de l’Etat en « débarquant » tous les gauchistes qui ont sciemment participé à la désinformation du peuple.

- Nommer des journalistes et des analystes chargés de réparer les dégâts commis par leurs prédécesseurs et d’informer enfin le peuple israélien soumis pendant des décennies à une propagande de soutien de l’ennemi.

Alors aux yeux d’un monde qui se doute des secrets entourant l’assassinat de Rabin, connaît la trahison de Sharon et en conséquence nous méprise sans valoir mieux,

Nous pourrions redevenir la « Lumière des peuples » et relever la tête.

BENTATA DAVID

21-6-2005

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