De l´esclavage à la liberté Imprimer E-mail
Ecrit par Moshé Feiglin   
"Comment traiterez-vous les non religieux, le jour où vous serez au pouvoir ?" m'a demandé un jour l'un d'entre eux. "Qui sont vos rabbins?" m'a demandé un religieux.

Et j'ai soudain réalisé qu'ils souffraient tous deux du même mal. Les deux croient que les dirigeants sont des espèces de parents qui les prennent sous leurs ailes, pourvoit à leurs besoins, se soucie d'eux, réfléchissent à leur place et décident pour eux.
"Comment me traiteras-tu?", me demanda le non religieux presque en tremblant. Après tout, pour lui, c'est évident, son sort est entre les mains de ses dirigeants, il n'est pas responsable de sa propre personne, il n'est pas libre de son propre choix et il n'a jamais été question qu'il en soit autrement.

Qui sont vos rabbins? Demanda le religieux. Car il est également évident pour lui qu'il n'est pas responsable, que si le rav dit d'obéir à l'ordre d'expulsion, on doit l'exécuter. Qui je suis, moi, pour penser autrement. Je crois en D-ieu et je dois donc oublier ce qui me différencie de l'animal, ce que D-ieu a mis en moi, mon droit de discernement entre le bien et le mal, l'étincelle divine qui est en moi, je me dois d'oublier, au nom de la religion et de déléguer des rabbins, pour qu'ils choisissent à ma place.

"Pourquoi devrais-je me soucier de toi?", ai-je répondu au non religieux. Mais il ne m'a pas compris. "Qui suis-je pour que tu veuilles savoir comment je te traiterai? Ai-je essayé une fois de plus de lui expliquer. "Qui suis-je? Ton père? Mon rôle est de t'assurer l'environnement le plus libre possible, qui te permette de prendre des décisions pour toi-même, d'être toi-même, je suis à ton service, mais je ne suis ni ton maître, ni ton seigneur!"

"Que t'importe qui sont nos rabbins?", ai-je répondu au religieux. "Es-tu d'accord avec les idées que nous préconisons? Tu ne les partages pas? Quel est ton propre avis? Si tu veux te concerter avec des rabbins, c'est tout à ton honneur, mais s'ils ne te donnent pas de réponses satisfaisantes, tourne-toi donc vers d'autres rabbins, ou vers d'autres gens intelligents et sages. Fais donc le tour du premier, au deuxième, puis au troisième et reviens ensuite au premier, jusqu'à ce que tu découvres la vérité et que tu décides si tu partages son avis ou le mien.

Mais pourquoi me demandes-tu qui sont mes rabbins? Si les noms te plaisent, je te convaincrai d'expulser les enfants de la famille Cohen de leur maison et de leur terre qu'ils ont payés par l'amputation de leurs jambes et je te persuaderai de donner leur maison que tu leur aura extirpée par la force, à Mouhamad Dahlan, par la faute duquel leurs jambes ont été amputées, sous prétexte que mes rabbins te plaisent, crois-tu que ce prétexte te sera d'une aide quelconque, quand tu te présenteras en Haut, au bout de 120 ans?

Je pense pour ma part, que le Créateur te dira: "Mon cher, Je t'ai offert le cadeau le plus précieux qui soit, je t'ai donné le libre arbitre. J'ai délégué des rabbins, pour qu'ils t'aident à décider, mais pas pour qu'ils décident à ta place. J'ai créé des animaux, pour que les hommes décident pour eux et J'ai créé les hommes pour qu'ils jugent par eux-mêmes. Chez une partie des non religieux qui ont obéi aux ordres, la morale naturelle n'a pas été assez forte pour qu'ils aillent jusqu'au bout. Mais toi!? Tu ne t'es pas contenté d'ignorer la morale naturelle, tu as pris Ma Torah, tu l'as transformée en idole et tu as fauté en Mon Nom!

Le religieux, le non religieux, celui qui est de gauche et celui qui est de droite, ils sont tous dans la même crème du même Goulag. Tous se sont habitués à un Etat de rouges qui se "soucie" d'eux. Quand l'immigrant est arrivé, il a reçu tout le nécessaire, un lit, un budget pour débuter… S'il s'est déclaré religieux, il a même reçu un livre de prières, avec un cachet sur la première page : "L'Agence Juive, service du nécessaire religieux" Comme c'est gentil!…

C'est très facile d'habituer les gens à tendance parasite à un tel système. La tentation de renoncer à son libre arbitre est énorme. C'est la même que celle des idoles. Car, en quoi est-ce différent de l'assujettissement à des forces naturelles inchangeables et à un ordre immuable?

"Imagine", chante en extase la "majorité" rouge sur la place Rabin, le refrain de Lennon.
"Imagine qu'il n'y a plus ni enfer, ni paradis, plus de peuples et plus de religions, rien qui ne vaille de vivre ou de mourir en son nom"

Quand il n'existe plus ni bien, ni mal, on peut renoncer à ce qui nous différencie de l'animal et devenir tout simplement un animal.

Comme c'est bon d'être un esclave! Comme c'est bon de renoncer à son libre arbitre, de se libérer, de suivre la masse, de ne plus nager à contre courant, de se laisser porter comme des poissons en pente des rivières, comme des poissons morts, bien sûr…
C'est un commun plaisir pour les religieux et les non religieux.

C'est alors qu'arrive Manhigut Yehoudit pour sortir les Israéliens de cet esclavage. Mais ils s'y sentent si bien! Le prisonnier s'est habitué à vivre dans l'obscurité, il a peur de la lumière et il préfère adopter le lavage de cerveau: Etat religieux! Horreur! Mainmise hostile! Feyglinim!...

Les droits de l'homme ont déjà été confisqués au premier groupe d'esclaves. Les services de prisons ont déjà préparé les camps et les barbelés, l'aumônier des armées a mis de côté les pelles pour déterrer Tali Hatouel et ses enfants z.l., les médias et les organisations de défense des droits de l'homme ont privé par avance les futurs expulsés de leurs droits. Ils ne sont pas des hommes ordinaires, ils sont des ennemis de la paix. Après tout, ils auraient du le savoir…

Comme tout totalitarisme, les autres groupes gardent le silence, ça ne risque pas de leur arriver, à eux. Pour se donner bonne conscience, ils s'en prennent aux démons candidats à l'expulsion, aux ennemis de la paix, aux ennemis de la seule et unique idée collective légitime.

Mais l'histoire ne se limite pas à Goush Katif; à Erets Israël, à sa sécurité ou à son économie. Ce ne sont là que les symptômes du vrai problème : l'esclavage.

Israël est sur le point de perdre sa liberté et son image humaine. Cela se termine généralement par des camps, des barbelés, des morts…pour la paix, bien sûr!

Cette année, nous sommes esclaves. Mais nous vaincrons, l'Eternel ne renoncera pas à notre liberté.

"Cette année, la servitude, l'an prochain, la liberté"
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