Tazria Imprimer E-mail
Ecrit par Harav Dovid Ostroff Chelita   

Traduction Bernard Brajzblat sous le contrôle du Rav Alain Sénior de Créteil

Paracha Tazria

Ha'hodech 5765

9 Avril 2005

Volume III – Lettre 27

29 Adar II 5765

Hil'hoth Chabbath

Peut-on demander à un non juif d'enfreindre Chabbath pour une mitsvah autre que la Brith Mila?

Dans la Lettre précédente, nous avons appris que l'on peut demander à un non juif de transgresser un issour derabanan 1 pour une Brith Mila 2 et qu'il y a une discussion entre les Richonim (Sages du 11ème au 15ème siècle) sur la possibilité d'agir ainsi pour les autres mitsvoth.

Selon le Rambam 3, on peut demander à un non juif de transgresser un issour derabanan pour l'accomplissement d'une mitsvah. Le Michné Magguid précise que la source du Rambam est la hala'ha mentionnée ci-dessus selon laquelle on peut demander à un non juif d'enfreindre un issour derabanan pour une Brith Mila. Le Rambam ne fait effectivement aucune distinction entre une Brith Mila et les autres mitsvoth .

Par contre, selon les Tossefoth 4, la Brith Mila bénéficie d'un statut particulier qui explique que l'on peut demander à un non juif d'enfreindre un issour derabanan mais que cela ne s'applique pas à d'autre mitsvoth. La raison de ce heter (permission) unique est que la Brith Mila par elle-même implique la transgression du Chabbath, ce qui est pourtant autorisé. C'est pourquoi 'Hazal (nos Sages) ont permis de demander à un non juif de transgresser le Chabbath dans ce cas, mais ce sera interdit pour les autres mitsvoth qui ne partagent pas ce statut.

Quelle est la hala'ha ?

Examinons d'abord le Choul'han Arou'h .

Le Me'haber 5 rapporte les deux avis. Il cite d'abord le Rambam qui le permet et poursuit par les Tossefoth d'un avis opposé. Il y a une règle connue dans le Choul'han Arou'h : םתסכ הכלה םירמוא שיו םתס qui signifie que quand un premier avis est mentionné anonymement, comme s'il faisait l'unanimité et que le ou les suivants sont introduits par des expressions telles que : "il y a ceux qui disent …" ou "selon une opinion …" alors la hala'ha entérine le premier avis qui, dans ce cas, permet d'être indulgent.

De plus, le Choul'han Arou'h , dans Hil'hoth Roch Hachana 6, ne cite pas l'opinion la plus contraignante, ce qui prouve qu'il tranche selon l'opinion du Rambam .

Pouvez-vous présenter quelques exemples ?

Si le Sefer Torah a été oublié dans la maison du gabaï (responsable de la synagogue) , on peut demander à un non juif d'apporter le Sefer Torah à la schul , à condition qu'il puisse le faire en ne traversant qu'un carmelith (domaine semi-public d'ordre rabbinique) mais pas un réchouth harabim (domaine public interdit par la Torah ) . Autrement dit, si le non juif est obligé de traverser un domaine public dans lequel tout transport est interdit par la Torah , on ne pourra pas lui demander d'aller chercher le Sefer Torah. Par contre, on pourra le lui demander s'il existe un chemin par lequel il ne transgresserait qu'un issour derabanan (interdit d'ordre rabbinique) .

Peut-on allumer les lumières pour permettre de prendre le repas du Chabbath ?

L'allumage d'une lumière transgresse un issour deoraitha , ce qui selon le Me'haber est rigoureusement interdit.7 Cependant, le Rama 8 cite un avis opposé, mais nous avons déjà mentionné que le Michna Beroura 9 n'est pas d'accord et interdit de demander à un non juif de violer un issour deoraitha pour l'accomplissement d'une mitsvah.

Peut-on laisser un non juif allumer la lumière de la schul avant l'office ?

La hala'ha précédente s'applique aussi à l'allumage des lumières avant la prière car on transgresse là aussi un issour deoraitha . Cependant, certaines schuls ont encore de nos jours l'habitude de faire allumer les lumières avant l'office par un non juif et ils s'appuient pour cela sur deux opinions. La première est celle du Rama qui, comme nous l'avons vu, permet de demander à un non juif de violer même un issour deoraitha pour favoriser l’accomplissement d’une mitsvah et puisque cela concerne beaucoup de monde certains poskim le permettent. La deuxième est de considérer que, comme il y a déjà un peu de lumière dans la pièce, le non juif se contente d'en ajouter un peu. Ce dernier heter a beaucoup plus de poids que le premier, mais n'est pas non plus accepté par tous, comme le Magen Avraham 10 selon lequel, il faut protester quand on voit un non juif sur le point de transgresser un issour dans l'intérêt d'un juif.

Avez-vous une solution qui contenterait toutes les opinions ?

De nos jours, il est facile d'installer une minuterie de Chabbath qui permet d'allumer et d'éteindre les lumières, ce qui est bien mieux que d'avoir recours à un non juif. C'est aussi une question de 'hinou'h (éducation) , car de nombreuses personnes (particulièrement des enfants) ne savent pas qu'une schul peut bénéficier d'un heter (permission) spécial, comme indiqué plus haut et ils pourraient penser que l'on peut toujours laisser un non juif allumer la lumière.

[1] Interdit d'ordre rabbinique

[2] Siman 331:6
[3] Rambam Chabbath 6:9-10

[4] Tossefoth Guittin 8b ד"עא ה"ג, Baba Kama 80b ד"רמוא ה, et cité dans le Smag .

[5] Siman 307:5

[6] Siman 586:21

[7] Il ne l'a autorisé que pour un issour de rabanan (interdit d'ordre rabbinique)

[8] Voir Siman 276:2

[9] Simon 276:24 au nom du Chlah et le ר"ש. Le Rama lui-même écrit qu'il ne faut pas être indulgent sauf en cas de nécessité car de nombreux poskim s'opposent à cet avis.

[10] Voir Siman 276:14

Sujets de réflexion

Peut-on demander à un non juif d'allumer l'air conditionné le Chabbath ?

Un non juif a par erreur retiré le vendredi soir la dafina (ou le cholent) du feu qu'il a éteint. Quand il a compris que c'était le repas du lendemain, il a rallumé le feu et y a remis le plat. Peut-on manger ce plat ?

Réponses la semaine prochaine

Un mot sur la paracha Tazria

"Il demeurera seul" (Lévitique 13:26).

Quelqu'un qui provoque la zizanie entre un mari et sa femme, entre un homme et son ami, causant ainsi la solitude et la tristesse sera amené lui aussi à vivre seul, solitaire et déprimé (Rachi et Baal HaTourim).

La Midath HaDin (Attribut de Justice) de D. est stupéfiante dans sa justesse allant jusqu'à punir "mesure pour mesure". En effet, c'est cet aspect par-dessus tous les autres qui frappa Yitro (le beau-père de Moché) et l'incita à se convertir au judaïsme.

Pour la réfouah chelema (guérison complète) de Guy SIBONY (Chlomo Ben Rina)

Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant:

Association Déborah-Guitel, 4,rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07
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