Traduction Bernard Brajzblat sous le contrôle du Rav A.Sénior de Créteil
Chabbath Metsora
5765
16 Avril 2005
Volume III – Lettre 28
7 Nissan 5765
Hil'hoth Chabbath
Peut-on demander à un non juif de mettre en marche l'air conditionné le Chabbath ?
Comme mentionné dans la Lettre précédente, il est préférable de ne pas charger un non juif d'allumer ou d'éteindre des lumières, même si certains poskim (décisionnaires) accordent un heter (autorisation) sur ce sujet. L'idéal est de brancher le climatiseur sur une minuterie qui le mettra en marche et l'arrêtera. Toutefois, la question se pose en l'absence de minuterie ou en cas d'erreur de programmation qui empêchera le climatiseur de se mettre en marche.
Selon le Me'haber,1 dans les pays froids, il est permis de demander à un non juif d'allumer le chauffage pour des enfants et en cas de très grand froid, il pourra même le faire pour des adultes.
La raison de ce heter est que le froid peut rendre les gens malades et lorsqu'il y a risque de maladie, on peut même demander à un non juif de violer un issourdeoraitha. 2
Peut-on comparer grands froids et grosses chaleurs ?
Dans la mesure où une canicule peut rendre les gens malades, on pourra assimiler la chaleur au froid. Par contre, si la chaleur ne cause qu'un malaise, on ne les mettra pas au même niveau.
En d'autres termes, si la chaleur rend une personne malade au point qu'elle soit obligée de rester au lit ou qu'elle encourt un risque de déshydratation, ou que ce soit pour une personne âgée ou une femme enceinte, on pourra demander à un non juif de mettre un ventilateur ou le climatiseur en marche.
Par contre, on ne le fera pas si cette chaleur ne cause que malaise et fatigue.
Quelle est la raison de cette restriction?
Morénou (notre Maître) le 'HazonIchzatsal a jugé que la mise sous tension d'un circuit électrique est assimilable au issourdeoraitha (interdit de la Torah) de Bonéh (construire) et par conséquent, la mise en route d'un climatiseur ou d'un ventilateur transgresse un issourdeoraitha. Or d'après la hala'ha3, on ne peut demander à un non juif d'enfreindre un issourdeoraitha que dans un cas de maladie. 4
Y a-t-il une différence si c'est pour un usage personnel ou pour la schul ?
Quand le problème concerne le public en général, comme dans une schul ou dans une salle à manger, il serait possible d'être moins strict et dans un tel cas, il convient d'interroger une autorité hala'hique compétente quant à la conduite à tenir. 5
Un non juif a par erreur retiré le vendredi soir le cholent du feu et l'a éteint. Quand il a réalisé que c'était le repas du lendemain, il l'a rallumé et remis le plat. Peut-on le manger ?
Le problème est ici que le non juif a violé un issourdeoraitha pour le juif, en plus du problème de 'hazara (retour d'un aliment sur le feu) (voir à ce sujet les 2 premières Lettres du Volume I).
Le Elya Raba6 décrit le cas d’un non juif qui, en essayant d'augmenter la lumière émanant d'une lampe (ce qui dans certains cas est permis) l’éteignit par inadvertance. Il la ralluma par la suite et la question se posa de savoir si dans ces conditions un juif pouvait profiter de cette lumière. Selon le ElyaRaba, un juif peut en profiter parce qu’il est possible de considérer que le non juif l'a rallumée pour lui, pour réparer son erreur. Nous savons que, d'après la hala'ha, quand un non juif allume une lumière pour sa commodité personnelle, un juif peut aussi en profiter
En conséquence, puisque le non juif a commis l'erreur de retirer l'aliment du feu alors qu'il n'avait pas à le faire, nous pouvons considérer qu'en rallumant le feu et en y reposant le plat, il agit dans son propre intérêt pour réparer son erreur et on permet alors de consommer ce plat.
Nous pouvons également ajouter que dans ce cas, le juif n'aurait pas eu besoin qu'un non juif transgresse le issour pour lui, s'il n'y avait pas d'abord eu cette erreur. 7
[1] Siman 276:5
[2] Transgressions d'après la Torah [3] Siman 328:17
[4] Le Rav Itzhak Yaacov Weiss zatsal se réfère à cette question dans ח קחצי תחנמ"יס ג 'גכ-דכ mais il ne tient pas compte de l'opinion du 'Hazon Ich
[5] Ceci est en partie basé sur le רוטיעה לעב rapporté par le Rama dans Siman 276:2. Toutefois, selon le Michna Beroura 24, on ne doit pas s'appuyer sur cette opinion sauf si on a besoin du non juif pour réparer un érouv afin d'éviter que de nombreux juifs ne transgressent la hala'ha
[6] Cité dans le Biour Hala'ha dans siman 276:1 ד"וכרצל ה
[7] Cela nous mène au problème posé par un non juif qui effectue une mela'ha pour lui, et dans certains cas on interdit au juif d'en profiter si il y a une raison de croire que voyant le juif en profiter, le non juif le'hat'hila (a priori) risque de le faire pour le juif le Chabbath suivant. Voir Siman 325:11-12
Sujets de réflexion
Peut-on inviter un non juif à manger le Chabbath ?
Que se passe-t-il si le non juif arrive "par surprise" ?
Réponses la semaine prochaine
Un mot sur la paracha Metsore
Le passouk (Lévitique 14:44) rapporte que : "Hachem fera en sorte que la lèpre grandisse sur les murs des maisons" et le Midrach ajoute que la destruction des murs qui en résultera fera apparaître les trésors cachés par les précédents occupants non juifs.
Les commentateurs se demandent pourquoi une personne devrait-elle être récompensée par un trésor, pour avoir colporté du Lachon harah (de la médisance) , ce qui a provoqué la lèpre sur ses murs ?
L'Arou'h HaChoul'han (a dapté du הובג ןחלשמ ) répond que l'on montre ainsi au juif que Hachem ne punit pas par cruauté ou par dureté, mais qu'au contraire, Son but est de nous inciter à améliorer nos comportements. Une partie de la maison de celui qui a pêché devra être détruite, mais il doit malgré tout savoir que Hachem l'aime et que s'il améliore son comportement, il sera récompensé.
A l'occasion de la naissance de Betsalel Messod Méïr Ben Chalom ZAOUI (22 Adar II 5765)
Vous pouvez recevoir et diffuser cette lettre en contactant: Association Déborah-Guitel, 4, rue des Archives 94000 – CRETEIL 01.43.99.03.07 e-mail: