Le Centre culturel Romain Gary et le culte des sacrifices humains Print E-mail
Written by Meir Ben-Hayoun   

Mardi 8 février dans la soirée, une vingtaine d’Israéliens francophones de Jérusalem se sont rendus à la Cinémathèque de Jérusalem et ont pris à partie le Centre culturel français Romain Gary. (Voir notre article  http://www.israel7.com/2011/02/soiree-francophone-anti-israelienne-a-jerusalem/)

Le Centre culturel français Romain Gary s’est associé à la Cinémathèque de Jérusalem pour l’organisation d’une projection-débat. Ce qui caractérise les trois intervenants invités à ce débat, c’est qu’ils œuvrent tous à ce que la souveraineté juive sur Jérusalem soit éradiquée et remplacée par une occupation arabe sur la capitale éternelle et sur tout le pays du peuple juif. En effet, le premier intervenant, un prêtre, David Neuhaus, est le vicaire du patriarcat latin à Jérusalem. C’est un Juif d’origine australienne converti au christianisme et souteneur de Betselem, une des ONG israéliennes antisionistes attelées à criminaliser l’Etat d’Israël sous des dehors de pseudo-humanitarisme

Le second intervenant est Hudi Al Imam, directrice du Center for Jerusalem Studies, institut financé par des organisations terroristes comme le Fatah dont le but est de falsifier l’histoire et de répandre le mensonge que Jérusalem n’a jamais été la capitale des royaumes d’Israël, mais une ville arabe.

Le troisième mousquetaire est Michel Warschavsky, monté en Israël en 1967, membre du groupe radical Matzpen, une section d’assaut de marxisants israéliens prônant la disparition d’Israël comme Etat juif. Warschavsky a été arrêté en 1988 et condamné à 30 mois de prison pour collusion avec l’organisation terroriste du FDPLP. Aujourd’hui, Warschavsky est l’âme motrice et le maillon essentiel des milieux antisionistes européens et français qu’il sollicite au boycott des marchandises israéliennes. Auteur de plusieurs livres connus pour leur radicalité anti-israélienne sans concession. Warschavsky nie le droit d’Israël à exister comme Etat juif et s’emploie à cette tâche sinistre. Même la perspective de l’extrême gauche israélienne, à savoir le retrait de toutes les régions de la Terre d’Israël libérées en 1967, est irrecevable pour lui. Il qualifie avec mépris ses partisans de « colons de la gauche israélienne ». Il comprend, quand il ne justifie pas le terrorisme, même celui du Hamas qu’il parvient à expliquer et à faire soutenir par ses complices européens antisionistes.

Voici donc le panel du débat que la Cinémathèque et le Centre culturel Romain Gary ont choisi. Le prétexte invoqué étant « l’ouverture et le débat » et la volonté de « compréhension mutuelle».

Les vingt personnes venues protester n’ont pas été autorisées à pénétrer dans la salle du débat. Une des protestataires, Michelle, a exhorté les protestataires à ce que la protestation ne déborde pas sur des insultes ou des injures, ce à quoi tous se sont conformés.

Interpelé par M. Jacques Kupfer du Likoud mondial, Olivier Debray, le directeur du Centre Romain Gary a tenté d’amadouer par un discours de flatterie : « l’honneur du judaïsme, c’est cette Tradition d’échange, de débat et de confrontation des idées ». N’ayant réussi, Olivier Debray est passé à la tactique de la langue de bois.

Philippe du site www.parolevolée.com a demandé ce qui se serait passé à l’époque des attentats d’Action directe, ou lors des actions des Brigades rouges, si des centres culturels israéliens en France ou en Italie avaient été coorganisateurs de débats publics avec pour intervenants des personnalités liées à ces groupes et à leurs méthodes. Olivier Debray a choisi d’ignorer la question.

Elle lui a été répétée sous d’autres formes : « si le Centre culturel français à New-York avait invité des intervenants proches de milieux d’Al Qaeda, est-ce que l’Administration américaine aurait permis cela ? » Là aussi, le directeur du Centre Romain Gary a préféré faire sourde oreille à l’interrogation.

Un dentiste, Nissim, a fait alors remarquer : « Si dans un pays arabe, même le plus libéral, un centre culturel français aurait fait le dixième, ne serait-ce que d’inviter à un débat public une personne pro-israélienne, le Centre en question et ses employés ne seraient plus de ce monde! » L’expression sur le visage jusque-là impassible de Monsieur Debray a changé et a acquiescé silencieusement à cette assertion, sans la reconnaitre verbalement.

« En effet, au Quai d’Orsay, on sait jusqu’où on peut aller » a fait remarquer M. Jacques Kupfer. « On sait qu’en Israël, on peut profiter jusqu’à en abuser de façon éhontée de la liberté d’expression illimitée. Et on peut déroger de la réserve à laquelle sont tenues des institutions étrangères comme votre Centre culturel. »

C’est alors qu’André a parlé « d’Alzheimer diplomatique » chronique du Quai d’Orsay et de ses employés. M. Debray agacé, a alors réagi par une question : « Depuis quand vivez-vous en Israël Monsieur. » Question à laquelle, il préfèrera ne pas répondre quand elle lui sera posée à son tour.

Monsieur Jacques Kupfer a accusé le directeur Olivier Debray de collaborer avec son Centre à des activités anti-israéliennes, de soutenir des tendances identifiées au terrorisme en invitant de tels intervenants, de bafouer l’Etat d’Israël et son peuple dont il est l’hôte, et ainsi, de favoriser le déni au peuple juif du droit à sa terre et à son Etat, donc d’atteinte au peuple juif en tant que peuple et nation, et par conséquent, d’antisémitisme.

Monsieur Debray ne la menait plus large. Une dame, Danielle, a alors accusé le directeur Debray se s’ingérer de façon grossière dans le débat israélien en ne donnant la parole qu’à une frange subversive identifiée aux ennemis existentiels de l’Etat juif. Olivier Debray a répondu que personne ne l’a remercié pour la participation à la venue en Israël de théâtres de marionnettes et pour les cours de français dispensés au Centre Romain Gary.

A l’intérieur de la salle de projection du documentaire, la plupart des spectateurs ne connaissaient pas l’identité des intervenants du panel, ni le fait que Warschavsky a collaboré avec une organisation terroriste radicale et la justification qu’il a exprimée maintes fois au terrorisme du Hamas. Il s’est bien gardé d’en informer le public, ni qu’il est un repris de justice, ni ce pourquoi il a fait de la prison. Le public n’a pas non plus été informé de ce à quoi « œuvrent » les autres intervenants se présentant comme des personnes de « dialogue et de modération ».

Le débat s’est orienté sur le thème du fondamentalisme, et le parallèle a été établi entre les « extrémistes juifs » et les extrémistes musulmans, évidement sans que l’intervenante Hudi Al Imam qui désire effacer Jérusalem comme capitale du peuple juif, et celui qui a collaboré avec des assassins du FDPLP, ne se présentent comme tels.

Certaines personnes du public ont rejeté avec vigueur cette symétrie insidieuse, comme si les Juifs s’étaient faits explosés pour tuer délibérément des femmes et des enfants arabes, ou comme si les Juifs cherchaient à judaïser de force tous les infidèles comme le font les fondamentalistes islamistes.

Jacky qui se trouvait dans la salle nous a fait part de la teneur du débat. Il a vivement réagi. Avec lui, quatre couples ont fait de même.  Des personnes indignées sont même sorties. Jacky ne savait pas qui était Warschavsky, ni les autres intervenants, avant de venir. Il croyait  avoir en face de lui des partisans de la paix qui font les habituels raccourcis sommaires et infantiles. Jacky affirme que s’il avait su qui étaient ces personnes, il aurait vivement protesté et accusé les organisateurs de tromper le public. Jacky ajoute que la plupart des personnes ne savaient pas comme lui de qui et de quoi il s’agissait, et qu’il a l’impression d’avoir été manipulé.

Les vingt personnes venues protester ont prévenu M. Debray que les autorités françaises et israéliennes seront mises au courant de ce à quoi se permet le Centre culturel français à Jérusalem. Selon eux, aucun CCF ne se permettrait cela dans aucune autre capitale dans le monde. Sur ce, un terme fut mis à la protestation. Les protestataires, pour la plupart, des gens de plus de 50 ans, se sont dispersés sans incident.

Lorsqu’on sort de la Cinémathèque, s’offre à nous un paysage de Jérusalem époustouflant au flanc de la Vallée de la Géhenne, le Gail Ben-Hinam en hébreu, qui est aussi l’appellation de l’enfer dans notre langue. Pour cause, c’est ici qu’à une époque antique de dévoiement moral relaté dans la Bible, on y pratiquait un culte païen de sacrifices humains. Cela consistait à projeter du haut de cette vallée des enfants dans le vide, ainsi offerts en offrande. Aujourd’hui, plusieurs millénaires plus tard, une réunion culturelle a lieu dans cet endroit. Les initiateurs et intervenants, des « personnes civilisées » se targuent d’être des garde-fous au fondamentalisme.

Un peu plus loin de ce site, près du Jardin du Paamon, au début de la Rue Emek Refaïm, face à la station d’essence, je m’arrête près d’une plaque commémorative en marbre  dont plus personne ne fait attention. Il y en a comme celle-ci, un peu partout à Jérusalem. Sur cette plaque, une inscription est gravée : « Le 30 du mois de Shevat de l’année 5764, le 22/02/2004, un autobus de la ligne 14A a explosé par un attentat suicide », puis, la liste des huit victimes déchiquetées par la déflagration : « Lior Azoulay, 18 ans – Benaya Tsoukerman, 18 ans – Netanel Havshoush, 20 ans, Youval Ouzana, 31 ans – Rahamim Douga, 36 ans – Yehouda Hayev, 47 ans – Yafa Ben-Shimol, 57 ans – Ilan Abousdaris, 40 ans »

Sept ans déjà dans quelques jours et je me souviens de ce dimanche particulièrement pluvieux et froid du 22 février 2004. Me trouvant au centre-ville, j’avais entendu l’explosion et je m’étais rendu sur les lieux quelques instants après. La presse locale et internationale, avec son armada de journalistes affairés et de caméras de télévisions du monde entier, était venue couvrir ce carnage. Les préposés au dernier devoir ramassaient minutieusement avec des cutters les restes de chair humaine dispersés sur un rayon de dizaines de mètres. Les cris des blessés évacués ne pouvaient plus être entendus par personne, si ce n’est par les équipes médicales mobilisées d’urgence dans tous les hôpitaux de la ville. Les familles inquiètes de leurs proches susceptibles de se trouver dans la ligne 14 cherchaient à les contacter par téléphone portable. Les réseaux de communication cellulaire étant surchargés, entrer en contact était impossible, ce qui ne faisait qu’accentuer l’angoisse. Et finalement, une famille cherchant un fils, une mère ou un mari découvre avec déchirement que le proche a été assassiné par un terroriste du Hamas.

Le récit biblique du culte des sacrifices humains du haut de la Vallée de la Géhenne, là où se trouve aujourd’hui la Cinémathèque,  est un chapitre de la Bible incompréhensible et inconcevable aujourd’hui. Quelle motivation interne pouvait bien pousser des personnes à sacrifier des enfants? Est-ce vraiment invraisemblable comme réalité, lorsque sept ans après un attentat-suicide au nom d’Allah qui s’est passé à proximité, Michel Warschavsky, le Juif et Israélien collaborateur avec les terroristes du FDPLP, diffuse des diatribes justifiant les assassins du Hamas ? De plus, c’est lui qui vient nous « mettre en garde » contre le fondamentalisme juif ?  Et de surcroit, lorsqu’un directeur de Centre culturel français à Jérusalem, employé du Quai d’Orsay, invite de tels intervenants en soutenant qu’il y a là contribution à la culture, au dialogue et à la compréhension mutuelle – Des propos, et surtout des attitudes, qui font le lit au culte des sacrifices humains.

Article paru dan Israel7  http://www.israel7.com/2011/02/le-centre-romain-gary-pris-a-partie/

 
 
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