Le Souvenir (Yzkor) Print E-mail
Written by Moshe Feiglin   

En fin de compte, le débat sur le ‘’souvenir’’ est un débat traitant d’un rapport de force. Katznelson qui a écrit le texte à les droits originaux et le texte qui doit perdurer et être entendu est ‘’Souvient toi peuple d’Israël’. Cependant Katznelson lui-même n’en est pas l’auteur absolu. Le texte du ‘souvenir’ de base, celui qui est récité lors des fêtes de rite ashkénaze, comprend la même phrase à la différence que le terme Eternel (et non Peuple d’Israël ) est mentionné.  Ainsi le camp religieux aussi  peut prétendre avoir le texte original.

La vérité est que sans l’Eternel, il n’y a pas de souvenir. En peu de temps, l’Etat d’Israël a oublié les raisons de son existence, et déjà le Monde se demande pourquoi cet Etat existe, et nous n’avons pas de réponse. Des juifs sans Eternel oublient leur histoire, leur identité et disparaissent tout simplement.  Sur une base empirique, il est recommandable même pour les familles les plus athéistes  de faire reposer le souvenir sur l’Eternel, que l’on y croit ou pas, car sans lui, il n’y a pas de souvenir, pas de juifs.., Il ne reste pas de souvenir car il n’y a plus personne pour se souvenir.

Katznelson était parfaitement conscient des mots choisis. Le changement effectué coïncide parfaitement aux principes sionistes plaçant la religion en dehors de la cause. Le sionisme est un mouvement de libération nationale, areligieuse, et il est normal d’utiliser un ethos national pour commémorer  les fils tombés.

Mais ce n’est pas l’argument évoqué par les partisans de la religion ‘’non religieuse’’. Ceux-ci  évoquent un combat contre la contrainte. ‘’Nous n’avons rien contre la tradition, mais nous ne pouvons accepter que dans nos moments les plus pénibles, nous devions invoquer un texte auquel nous ne souscrivons pas’’. Le même argument peut-être utilisé par les proches des fils tombés qui eux croient en l’Eternel. ‘’Pourquoi nous forcez vous à utiliser un texte renégat ?’’. En passant, le nombre des croyants est bien supérieur à celui des athéistes. Près de cinquante pourcent de la population se définit comme traditionnaliste et la majorité croit en l’existence de l’Eternel. Et comment justifier que les familles des fils tombés druzes (par exemple) puissent accepter l’intitulé ‘souvient toi peuple d’Israël’’ ?

Nous avons donc un débat traitant d’un rapport de force. Quoique l’on décide, nous imposons quelque chose à quelqu’un. La source du problème, n’est pas de savoir si nous avons un Eternel ou non, mais qui à le droit de faire usage du souvenir des fils tombés pour façonner un éthos national/sioniste.  La croyance de la majorité ou le droit des précurseurs (la minorité).

Ce débat fait partie  d’un combat plus vaste et général qui se matérialise  dans presque tous les secteurs de la nation. En fin de compte il ne sera pas réglé par une commission quelconque, mais par la réalité du terrain. Nous nous trouvons dans une phase de mutation du sionisme, qui à ces débuts était rebelle à la tradition, idéologie qui l’a servi, mais qui s’est essoufflé au fil du temps, à une phase intégrant la foi, remplissant le corps créé d’une signification et redonnant un essor en  apportant des énergies nouvelles et vigoureuses.

La foi qui s’accroit dans toutes les couches de la population, la proportion élevée de soldats religieux dans les unités combattantes, auront raison de cette divergence en fin de compte. Débat qui pour l’instant est superflu. Quand on y inclut aussi des nuances religieuses supplémentaires sur les attributs divins, tout devient ridicule.

Nous pouvons parfaitement comprendre la douleur de ceux qui (avec une grande part de vérité) voient dans la laïcité les fondements grâce auxquels l’État à été créé. C’est pourquoi, il n’y a pas de raison de s’obstiner plus que nécessaire. Personnellement, je peux fort bien vivre, encore trente ans, avec le ‘’souvient toi peuple d’Israël’’.  Ceci jusqu’à la fusion, en fin de compte, du contenu de foi avec la base créée par le sionisme laïque dans tous les secteurs de la société, y compris celui du souvenir des fils tombés.

 

 
 
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